‹ Iu-kiao-li, ou, Les deux cousines; roman chinoisChapitre 13 sur 19 · IV · texte numérisé non relu

IV

seconde réflexion : « Il pourrait en être ainsi 4^ Finscriptiop , dit-il , mais le nom du lieu de sa i^aissance ne pouvait se changeir* fl &ut; que ce soit cpiielqu'un qui porte Us mêi&e&nQin&.» Et il cessa de s,en occuper.

L'année suivante , à l'époque du printemps , de nouvelles pensées vinrent s'offrir à hii : < Voilà bien des années , se dit-il à lui-<néine , que je suis arrêté par le choix d'vÊh gendre. Le seul me cofiTÎDt était ce Sse Yeoupe, mais retiipjreinte de sea pa& a dispara sur la sav£ice defifiotStJene sais plus -où je pourraislaller cher*chcfi*. Ma filLe a maintenant dix-lmit ans, c'est le mom^Bt de l'établir ; je n*aî pas un instant à perdre* Jai ouï dire que WouUn, sur le lac d'occideoit, était le rei^dez-vous ordinaire ée tQtlt ce qu'il y a de plus distingué parmi les poètes célèbres et ks beaux esprits de l'empire. Je nmx profiter d«s beaux jours du pi^intenif» ppur aUei* moi-même, y £aire un petit voyage. Çetle cQjurse siersi une récréation pour ma TÎeillesse> et(4'une mamère ou d'une autre , je forai choix dim. gendre de mérite, pour achever enfin Yé^iàisaement de ma fiUe Houtigiu. Je suis seulement f&ché de la laisser ainsi seule à. la maison. »

Cet embarras le retenait depuis quelques jours 1 qûana *-à-coup on yint annoncer que madame Lo, de la pro ,一 Chantoung, avec sa fille et son jeune fils, suivie cw、 ^^^^ 狄 maison, venait d'arriver, et attendait en dehotau « Clgniment cela? » "cria Pe dans le plus grand étonnement : et sur-le-champ il ordonna qu'on fît entrer dans la cour intérieur^ la chaise de madame Lo et celle de sa fille, et qu'on reçftt les domestiques et les gens de sa suite dans les appartement^ du devant '

Cette dame Lo était la propre sœur du 9eîgoeuF Pe. Les chaises ayant été introduites im* médiatement dans la cous intérieure, Pe ef sa fille' Houngiq. vinrent recevoir madame Lo. Le seigneur Pe et la dame Lo commencèrent; les pMmiera à faire la salutation qui convient entre un frère âîné et une soeur cadette. Ensuite mademoiselle Lo et lejeun# garçon rendiriMut à Pe les devoirs qui appartiennent à ijp onclev maternel. « Mon neveu et ma, nièce, \em dit Pe , il y a bien dés années que je ne vous ai tua: youa voilà bien grandis tous les deux. »

Ces coipplimenu terminas , mademoiselU Pe s'aocpîlta à son tour de cè quelle devait à m l^nte Lo ; ensuite les dew demoiselles et U

jeune garçon se saluèrent réciprocn»*****"'" Après toutes ces cérémonî-- P"^ P^ce sur des sièges, et P; - adressant à sa sœur : * L'éj^j^^^-^ijt des lieux nous a depuis long-iemp» privés de nouvelles. Quelle circonstance tous a décidée à vous rendre ici avec toute votre maison ? »

一 « Du temps que votre beau-frère servait daps la praTince de Kiangsi , répondit madame Lo, il y avait à Kinkou un sous-préfet qui exerçait sa charge avec beaucoup d avarice et de dureté. Votre beau «frère le dénonça et obtint qu'il flit mis en jugement et destitué. Je ne saù coiftment il a .trouvé moyen par la suite de rentrer dans une autre sous-préfecture, et même d'être choisi, mauitenant, pour une charge dmspecteurrgénéral. En apprenant que votre beau frère avaU. quitté ce^nonde , ses anciens ressentiments se sooc rcTeillés dan« son cœur f et comme il vient encoife to)it nouvdlement d'être nommé juge de la province de Cfaantoung , il n'aurait pas manqué d'y exercer sa vengeance. Une pauvre veu¥e comme mo" votre nièce qui est encore si jéane , comment aurions-nous pu lui tenir tête dans une province où nous narans pas d'stmii? Nous' ayoïii

tenu t^ohseily ma fille et moi, et avant qu'il néût mis le pied sur les limites de la province, nous avons prétexte un pèlerinage sur les bords de la mer du midi ^ et pour éviter ses persécutions, nous venons, mon frère , vous demander à^sser quelque temps chez vous. »

― « Puisqu'il en est ainsi , vous ayez parfaitement bien fait , dit Pe. C'est une puissance dun moment, et il suffit de se dérober à des méchants de cette espèce ; vous êtes d'ailleurs iHTiTee très-à-propos^ ma sœun Je voulais précisément aller faire -une course à Woulin ; et j étais seulemeiû embam^së ée laisser votre fiièce^ seule à la maison , sans avoir personne pour TeiUer sur elle. Maintenant qtie vous voilà arrivée , ma sœur, vous pourrez lui donner des leçons , et de son côté ma nièce lui tiendra oarapagnie. Jetais, en faisant ce voyage, avoir l'esprit en repos. »

― « Puisque me voici chez vous et que je puis fkire société avec ma irièce, il n'y a pas d'obstacle à votre d<^pàrt, mon frère, dit madame Lo; m^is notre voyage n'a pas eu seulelèment pour objet de fiiir un persécuteur^ il y a encore、une"dtioSe dont je veux vous donner reoibarras. »

一 《 Quelle autre chose ? » demanda Pe' 一 《 Depuis que votre beau«-frère a quitté ce inonda , notre maison est tombée dans le délais^ sèment* Votre nièce a maintenant dix*sept ans^ et n est pas encore fiancée. Gen^st pas que bien des gens ne l'aient demandée; mais Teuv« «omme je le suis, \e n'avais pas de fadlités pour voir dtt monde , et jeprouvais quelque peine à fixer mes résolutions. }e suis donc venue avec 、 eUe pour vous prier, comme son oncle , de lui choiflir un bon parti et de terminer l,afiEaii*e qui intéresse sa vie entière. » '

A ce (discours , Pe fit un soupir : « C'est une chose bien difficile qne ie choix d'un gendre ! s'écria— t"âl. 'Que de peines j'ai eues pour le ma» ïiage de H^ngiu ! et jusqu'ici pourtant, je n'ai pu trouver la personne qu'il me fallait. Pour une femme comme tous êtes , ce choix était bien autrement embarrassant encore. Puisque tous placez votre confiance en moi , je mettrai mes soins à y répondre. Mais je vois que ma nièce a une très-jolie figure, beaucoup de graces et delégance dans le maintien. Sans doute elle excelle dans tous les ouvrages de femme. ),

一 ft Elle s'entend assez bien à tout ce qui tient à la broderie , à la tapisserie et aux autrea

trayant de l'aiguille et des doigts. Mais ce m'est pas là ce qui est de son goût. Elle n'aime rëellediéDt que la littérature. Tous les jour^ la maison ,> qoanS elle rt^crivait pas, elle composait ded yers. Jamais, diepuis son ènfance jtwtju'à présent , les livres ne sont sortis de ses mains. De son vivant, son pèr^ disait qu'elle avait de r^sprit, et il se plaisait à la faire composer. Je ne '- dab trop si ce qu^elle ëcrit fest bon ou mauvais ; mais, mon frère, quand -tous aurez quelques instants , vous pourrez l'examiner. »

Pe apprit ce détail avec autant de surprise que de satisfaction : « Ah ! elle aime la littér^r^ ture! dit>il. En ce icâs, ^le sera hitn dans la compagnie de Houngiu. » En tenant ce langâgfe, P« n'en pensait pas moins qu'elle pcmvâdt avoir qu^lqhe connaissance des lettres , sans y être extrêmement versée.

Après cette conyersation, Pe dotina «es ordres pour que les doméstiques préparassent , dans la cour intérieure, trois grands pavillons destinés à madame Lo, à sa fille et à son fils. On, y fit 'porter tout leur bagage, et lès gens de leur suite fureiit logés dans plusieurs pièces sur le deTant de la maison. On s'occupa ensuite des

apprêts d'un repas pour célébrer 】a réunion de la Ëmiille.

de temps après , le festin fut servi : il y avait deux tables. A l'une , dressée du côté gau* che, la dame Lo s'assit avec sa fille et son fils qui furent placés en travers 5 à l'autre, dressée •du côté droit , Pe sasaît avec sa fille , également placée transversalement. Le frère et la sœur , tout en buvant , seatretiprent de leurs affaires de famille. Âu bout .d un certain temps, ma dame Lo s'adressant à mademoisellje Pe : « Ma nièce, vous avez, je crois, dix-sept ans cette 9nnéç?^ lui demanda-t-elle.

一 « J'en ai dix-hu;t , » répondit mademoi* selle Pe.

― «Vous avez donc un an de plus que Meng^ li? r^rit madame Lo. Vous êtes réellenynt une demoiselle. »

一 « J'ai eu toute ma vie du goût pour le vin et la poésie, dit Pe ; et privé de L'avantage da- TOÎr un fils, tout mon. plaisir a été de faiçe venir chaque soir votre nièce , pour Vpbliger à composer avec moi. C'était mon divertissement fsL\ofi à la fin de la journée. Je suis fort agréa* b|ement surpris dappreiidre que ma nièce a

aussi du goût pour la littérature. » Alors s,adressant à mademoiselle Mengli : « Si vous avez quelque chose, tui dit-il, soit en Vers, 'sait en prose , voulez- vous me procurer le plaisir de vous en entendre réciter tin morceau? » ' , ― « J'ai quelques pièces que j'ai composées autrefois, répcmdit MengU , mais ce . sont des vers qùi se rapportent à des circonstances passéès> ils ne Talent pas la peine d'être récités. Si TOUS Tonlez m 'accorder vos instructions, IBM oncle ) indiqœz-moi , je'vous prie y quelque svfdt; Votre nièce Mengli vous souniéttra ses faibles essais , afin que' vous et mademoiselle • TOUS lui enseigniez à les rectifier. »

' Cette proposition fit plaisir à Pe « Cela vaudra beaucoup mieux ainsi, dit-il, mais il ne faut pas que vous composiez seule. Je veux que Hoongiû voifs tienne compagnie. » 、

« Si mademoiselle me fait la grace de composer avec raoi, dit . mademoiselle Lo, j'aurai devant les. yeux le modèle sur lequel je devrai me régler, ie* m'efforcerai d'en profiter. ».

Pe conservait encpre intérieurement quçK qiiea doutes sur rhabilèté de mademoiselle Lo : il :songea donc en Ijui-inême que s'il leur ^onnait un même sujet à traiter à toutes deux , la diffë»

reftce des talents «erait t|*opBiarqu^} et que le résultat de la cofnparaison deyiendrait désobligeant. « Il vaut mieux I pensa*t-il, que chacune ait un sujet séparé. Alors, quelque inégalité qu'il y ait, elle ne sçra pas trop senoUe. 一 Un ami i'ai rencontre ces jours derniers k. Kinlûig, continua -t*il 9 ma Têmis deux sujets qui peu» TWt ; servi? clW est les soupirs delà lUeille JiUe, l'autre , la chanson du bâtiment 4 & mains fi). |1 Qà,a ditquil A^c^t aucun des poètes lea plus râBomméa de Kinling qui ne les eût traités.

Que, ne les pra»4ri^wus, mesdemoiselics, pour Goniposer chacune un morceau ? »

一 « Volontiers , dit mademoiselle Lo, laais, mon onc^, je rous prierai de bou» ks dktrib^tr, »

一 ^Cek nwt pA9 cU{B<âe, reprite Pc » Et aussitôt ajsait deiaaandé à Yansou des pm-»

omWj récrîtoiire et d^UH feuilles de papier à

(I) Littéralement , le coup de poing: voilà sans doute im: étrange snjtt de romance à composer pour une ^moi- Mlle; mais le coup de poûig dont il est queatidn «st celui qu'on donne sur une table quand on éprouve un ttkonvemeDt de surprise et de satisfaction. Nous avons un ipeooeil de logogiyphes chinoU qui pom cf dtre , patce qu'en devinant le mot d'une énigme, on se laisse sou» Tent entraîner à frapper sur la table en disant : Je toi

(35) • fleurs , il écrivît sur une des deuxf lessùiipir^ de la vieille fille ; sur Vautfe , chansôtï du battement de mains'y marquant au-dessôus que les pièces devaient âvoir quatre strophes, et la chanson éire formée deTersréguKérs. Quand il eut fini d'écrire, il tourna en dedans le côté ùh le sujet ëlait indiqué , de manière à ce qu'on ne pût Ife voir en dehors ; et les ayant remuis uc moment, il posa les deux feuilles de pdpiqpr sur la table, et) disant : « Mesdemoiselks , prenez chaeune mi hasard une de ces feuilles. »

Les dëux jeunes filles se lerèrent avec empressefrietit, prirent une feuille chacune , et la développèrent pour voir ce qui leur était échu, n se trouva que mademoiselle Pe avait en par- 、 tage les soupirs de la vieille fM'e, et mademoiselle Lo, la chanson du battement de mains.

Comme Pe s*amusait très-habituellement à compose^ des vers avec inademoîselle Pe , lei femiiiés qui la suivaient étaient toutes accoùtuinées à ces façons d'agir. En voyant les deux jeunes filles se partager les sujets de composition , efes ^ipportère^t devant elks deftpîaceauK et A&ax ëcrîtdired. Tbtites d«ix à)ors, jalouse)» de iàire briller leur talent, s'étudièr^nt^'l'un e à pcfhidre bi blaluslieur de la neige i ftmtf^e à Te-

f chauffer son , style de toate l'ardeur du prin, temps. On eût vu l encre ; sous la forme de fleur-, tomber p.éle-mêle sur les deux feuilles disposées pour la recevoir^. et le pinceau volti*

; ger en long et en large. Dans l'espacé duQ in^ tant Vune et l'autre eurent ternmé les qviau*« strophes.

La ra{Mdfté de leur pinceau âeraoce le vent.

Les vers qu'elles acbeyeq^ feraient rougir, les .génies. Ce talent, qui pourrait immortaliser des poètes, , Se trouve , un matin , appartenir à deux belles.

Les deux jeunes filles achevèrent leurs vers sans que ni lune ni l'autre fàt en avance ou demeurât en arrière , et touj:es deux les pré** semé 移 m à Pe dans le même momeint. Celui-çî avait été un peu surpris, en voyant que mademoiselle Lo écrivait sans être s^rrêté^ par aucun obstacle 5j et qu'elle avait fini tout aussitôt que mademoiselle Pe. Il ouvrit donc dabord le pa, piier quelle lui avait remis, et il y lut ..ce qui suit : . ,

£i BATCSHeST bs UAtits , cHAirsoir.

An naiN^ d'une plaie dé' fleurs ,' h jalonsie reste baissée, JEt le dépit d*nne belle se trahit «n melùremenp de »«& soqrcUa. te chardonneret et le papillon tardent à fwre briller leiirs lichea

La succession de ces teintes ■purpurines amuse on c«rar simple: n se plait à contempler ces tapis de verdure que la saison te*

L'amant jouit da pririlége commencer en badinant la ptrtie

d'échecs ,

Et la belle au peigne d'or en témoigne son impatience en frappant

la table avec sa main.

Mais Vimpatience et les mouvements qu'elle inspire altèrent k

paix de l'ame.

J'aime mieux par des gestes plus doux laisser connattre mes mb* ' timents,

Ce aem Vombrc d*un nuage , passant sur «un tusa d'une teidtt

nniforme.

On les traces que le bambou da printemps laisse à la surfitce du jaspe.

débats , les attaques mataeUes doreront éternellement ; Mais' je ne redoute pas les attaques les plus violentes. Pnissé^e imir mes jonn dans le bonheur qne j'épronre I Xa fleur du poirier , dans cet asile , prendra congé de Farbrc qui • Va protégée,

Pe acheva de lire ces vers avec la plus grande attention ; et quand il vit que tous les termes en étaient délicats , élégants et bien choisis , il éprouva dans le fond du cceur. autant d'étonnément que de satis&ction. Sadressant donc à madame Lo : « J'imaginais, dit-il , qu'une jeune beauté pouvait racheter par ses connaissances les frivolités de la toilette (ï),inais je ne savais pas . ma nièce douée d'un si beau talent. Il est impossible dé traiter plus ingénieusement un

(I) Jdot à mot : /àfn/t la honte de la pommade et du farà.

sujet difficile. , Et en même temps, U présenta ces ver3 à mademoiselle Pe : « Vois, mon enfant, lui dit-il, la grace et l'élégance de c^tte composition* C'est un son harmonieux qtri s*é* chappe dune boîte de parfums. Tu as trouvé aujourd'hui une adversaire digne de toi. »

, A la vue de ces vers, mademoiselle Pe exptima son «dmiration pat* des éloges tion interrompus. Mademoiselle Lo ne les reçut pa$ saw sexcuser avec modestie : « C'est rœtivrô médiocre et vulgaire d'une pauvre orpheline, éle» vée dans le fond de Fappartement des femmes.

Je crains bien de m'être perdue d'ém la région des fantômes ; mais j'espère, mon oncle, que TOUS et ma sœiirvousvoudrezbîenmerfedresser. »

Lorsquelle eut fini de parler, Pe prît les Ters de mademoiselle Pe, et ayant ouvert le papier, il y trouva ce qui suit :

us SÛUPIES OK LA Ynil.1.1 FII4.K.

Le {Mtto&ips Tient orner nos cbemins de flean attt teinMs purpurines ,

Et le plaisir de les contempler y attire en fonle les jeunes filles.

Chaque année voit k« fleura éclore et se flétrir.

M^is il est une Bile qtil se tait «a re{(<und90t les dean i

Son silence vient d'une réflexion que les fleurs lui tfnt snggérfe.

La réflexion qui trouble son cœur reste ignorée de too& :

Elle se rappelle que la fauvette est envieuse de la nouvelle lune.

Déjà les chereox de ses tempes rivalisent avec l'éclat def fleurs.

Mis elle se plaignit dds r^ton prtin«f«ré« dn rmt d'â««

tomne ;

Mais iaaiDteiumt«e n'est plus cette taille l%ère.

Héla», ce jupon d'im rouge 4uMi vif qv« la greoad*

N'égale plus la fraîcheur de la fleur du pêcber.

Lm mèfs et les «imimb se passent à gémir dans le délaissement :

Que dç ibis elle revient k ton miroir cberebor Haatge qu'elle y

voyait autrefois!

Les jeunes femmes du roisSnag« Mtent son entretien : Seule, livrée à elle-même , elle nous offre le plus digne sujet de

pitié.

A la lecture de ces vers , Pe s'écria : « Vague ingénieux et spirituelle retenue! rien n'est exprime et tout s'entend à merveille, CTest absolument la manière du bon temps de ia dynastie des Thang(i). Ma nièce et toi, vous méritez les mêmes éloges , et l'on ne peut dire quelle est la main qui a frappé le cerf a mort, »

Il ordonna à Yansou de' remettre les vers à mademoiselle Lo : celle-ci , les ayant considérés avec attention , se mit à exprimer son admiration : « Ah! ma sœur, dit-elle, la belle composition! Et le fond et la forme en sont excellents. C|est yéritablemetit un feu sans fumée. Près d'une pareille pièce , la mienne semble un papier frappé à coup de hache et de rabot. »

一 《 Avec un tel talent, continua-t-elle en

(I) Toufou et Litaïpe , les deux pins célèbres poètes de la Chine , ont vécu sons cette dynastie.

elle-même, il n'y a pas lieu de s étonner qu'elle ait inspiré une passion si vive au jeune Sse. »

Ces deux pièces de vers inrspirèrent aux deux jeunes filles une estime et une affection qui rendirent pkis vif •encore rattachement qu'elles se devaient comme parentes.

Quand le talent se trouve joint an talent , I/amitié ne tarde pas à nattre.

Tout profond tpie soit rattachement 4es parents , 二 Ce n'est an fond que de la parenté.

On verra dans le chapitre suivant quelle fut la conduite des deux c^ousines.

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