CHAPITRE XIIL
LB JÈUVE BACHELIER TIRE PÀBTI D 鴦 SOR TÀIKXT DÀVS
LES EMB1RRA.S DS SOH TOTAGX;
Qa*on- ne dise pa& que la littératore est on faible garant «outre
la faim ; 、 .
Il irient an temps où Fon pent tirer parti de son habileté à manier le pinceau :
Qnelqae riche seigneur saura payer lejrix dù an talent. Une chère somptueuse dans nn brillant salon lai sera offerte. Les reseources d'un lettré sont plus abondantes qu'on ne croit ; Un frêle instrnmçnt est entre ses mains le garant du profit. Touchée d'amour, une autre belle ra s'intéresser à ses succès dam
les concours d'automne , £t jusqu'à la mort elle aura , ponr le poète , les sentiments qu*aiit
seule pièce de vers lui avait inspirés. -
Sse Yeoupe, ainsi dépou^lé au milieu d,un pays désert , n ayant ni cheval , ni bagage, seul ^et dépourvu de tout ainsi que son valet , dans un moment où le ciel se couvrait de^plus en pUis, se mit à consulter avec Siaohi. « Le terme de notre route est encore bien éloigné , dit-il. Nous aurons de la peine à atteindre un gîte , inQine en faisant diligence. Nous voilà dévalisés , Fun et l'autre , sans argent pour continuer notre route; dans quelle maison voudra- Uon nous recevoir? Le mieux e&t de retourner
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à notre dernière hôtellerie, et dy faire quelque séjour. »
― « Dans letat où sont nos affaires , il n'y a que ce parti à suivre , » dit Siaohi ; et présentant son bras à Sse Yeoupe , il l'aida à reprendre la route par où ils étaient venus. Enî partant , Sse' Yeoupe était plein d'ardeur* et d'impatience; au retour, il n'avait plus ni forces, ni courage. Privé de cheval et pouvant à peine marcher, il ne put atteindre l'auberge que fort tard , et lorsqu'on venait d'allumer les lanternes. En l'apercevant, l'aubergiste tout étonné : « Eh bien ! Monsieur , lui dit»il , qu'est-ce qui TOUS ramène ? Auriez-vous reçu quelques injures ? »
Aussitôt , Sse Yecmpe lui raconta comment il avait été dévalisé. L'hôte frappa du pied : K Monsieur , je vous avais bien dit de ne pas vous en aller. Vous n'avez pas voulu mecouter, et voilà votre cheval et tout votre bagage perdus. Quel déplorable événement ! »
一 « Pour mon bagage, répondit Sse Yeoupe, j'en avais fort peu , et il n'y a pas de quoi se désoler. Mais après le malheur qui vient de ra'amver en route , dépourvu de tout , je ne sais plus comment continuer mon yoyage. »
一 « Monsieur , dit l'aubergiste , entrez là dedans , je tous prie , et venez souper. Je vais vous préparer votre ancien lit; vous passerez la mât ici , et demain tous pourrez tous pourvoir ailleurs. »
Sse Yeoupe accepta cette proposition : il passa la nuit daiM Vauberge , et setant levé le lendemain de bonne heure , il était dans la salle à consulter a,ec le maître de rhôtellerie, quand M> vit arriver devant la porte un vieillard à barbe blanche y qui s'approcha d'eux: « Il me semble , dit-il , que ce jeune seigneur est celui qui a rendu hier l'argent au courrier. Il était parti : qui l a ôbligë de revenir ? »
~ « De si grands désordres devraient-ils se commettre dans l'empire? dit en soupirant l'aubergiste. Ce jéune seigneur avait trouvé hier cent vingt onces d'argent : sa probité la engagé à les rendre au possesseur. Qui eût pu croire que le ciel fermerait les yeux sur sa conduite, et qu'en se mettant en route il se verrait enlever par nn brigand son cheval et tout son bagage? Le voilà maintenant dépourvu de tout , aussi einbaiTa$sé de reculer que d'aller en avant. » -
~ « S'il en est ainsi , dit le vieillard , voilà fine bonne action bien mal récompéosée. Per-
mettez-moi, monsieur, de vous demander votre nom (U famille , le lieu de votre naissance , et celui où vous vous rendez? »
― A Mon nom de famille est Sse , répondit Sse Yeoupe. Ma famille est de Kiuling , et je voulais aller à la capitale pour y voir quelqu'un de ma connaissance. Je ne m'attendais guère à la mésaventure que je viens deprouver* L'argent pour mon voyage est tout-à-fait perdu.
Quel conseil, monsieur , auriez «vous à me donner ? »
fr- « Seigneur Sse, puisque tel est votre nom, dit le vieillard , il n'y a que huit ou neuf jours de route d'ici à la capitale , et la dépense d'un tel voyage ne saurait être fort considérable. Mais il en faudrait davantage pour le bagage et pouF le séjour que vous feriez à la cour, »
― « Pourquoi me faudrait-il tant de dépenses ? reprit Sse Yeoupe. Je n ai besoin que de peu de choses pour ma route, quelques bagatelles pour-«non bagage. Si je possédais une dixaine d'onces, j'en aurais assez pour arriver à la capitale, et une fois que j'y serais parvenu Je trouverais ailleurs dautres ressources. »
一 《 Monsieur ma rendu un service important, reprit raubergi8te.^e deTrais lui prêter
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ces dix onces d'argent. Mais je suis un pauyre homme , et je ne pourrais les amasser en si peu de témps. Si tous les aviez , seigneur Tchatig , et que vous voulussiez les prêter à M. Sse pour son voyage , je tâcherais de les mettre de côté petit à petit , et je vous les rendrais , sans tous faire tort de la moindre chose. »
一 « Je vois , dit le vieux Tchang , que le seigneur Sse est un homme de mérite et de probité. C'est d'ailleurs un natif de Nanking : sans doute il doit posséder des talents distmgaës en littérature. Si par hasard il excellait dans la poésie , j'aurais le moyen de trouver ce qu'il lui faut, v
― » Je nai pas de talenfs distingués dans la littérature , repondit Sse YeoUpe. Mais quant à la poésie , c'est mon amusement de tous les* soirs. Si cela pouvait être bon à quelque chose , je vous plierais de me ren<lre ce service. »
― « Gela est excellent , répartit le vieux Tchang. J ai un parent, du nom de Li, homme riche et qui vient tout récemment d'être élevé à la dignité de conseiller ( î). Il ^s'attache Surtout;^
(i) Vice président d'un petit triVunal de judicature dans les provinces'. Le mot de conseilier convient d'autant mieux pour rendre le titre chitiôis , que ce dernier est