III
élfiU fiercée d'une porte tout près. de celle qui lui avait livré passage. Gomnw il y partait; ses ifegavds ,.U vit cette autre porte s'ourrir, Bt il on sortit un jeune aâqlescent qui pourait ayoir qpiioze ou. seize ans, la tête courertc d'oa ban, net léger , vêtu d un 'kabit de couleur blette. Ses , lèvres vermeilles, ses clents édatantes de blanehem' , ses yeux brillants et ses sourcils bieaa dessinés , lui donnaient; l'air dune fille charmante ; on eût pu dire avec vérité :
Sa robe printanière est formée des fenille» da saule et des tantes Est, ce uA être mortel , on une àumtè ?
Qui* oserait porter envie à cette intelligence ^rmée de l'essence des ' fleurs ?
Pourrait-on ne pas s'attacher à cette ame émanée de U. loue ?
A sa jeunesse et ses graces , 09 devrait mourir d'amour.
Mais MS doucNBS premeBses ealmmnt Fardenr qae ses attraits ont
fait naître. ^ Est-ce seulement un jenne garçon qui vient rire et folâtrer, Oaj^lqae parfom qnî ^exhale de l'appartement intérieur ?
Sse Yeoupe fut frappé en l'apercevant , et dàm sa surprise mêlée de joie: « Se peut-il qu'il y ait sous le ciel un aussi charmant jeune homme ! s*écria-t>-il, Tel deinait être ce Paogan , si vanté dans l'amiquité ! » •
Comme il était oçcupé de ces sentisients 9 il vit l'adolescent s'approcher de lui d'un air vif
et ^émilbitf ^ et lui Caire la vévéreMe en disant : A Qud : le beasi jeime boqame qui s'amuse ici à p^pdiguer les Heurs Ae son talent, qui compose des Y^ns adéûrables y sans daigner même s'informer s'il y a quelqaoïii qui ie regarde par* ilessus 】d muraiîUi^ ? .»
. &%e Yeoup^ lepowSn arec empreasment à cet abord riant, «t âevMPtia min : « Tout entier au souYiesiir du iiraâce des kttres, dit-a, )e jo'imagipais jouer de la. guitare sans être entendu, et je ne son^ab jpas que dans le voisinage du.^léde Vories t , Soung, . factorisé pàr la neige, s'occupait à épier les gens. Maintenant que jai rencontré ïor et le jaspe , peut-il encore, ditasmoi, être question de ce griffonnage ? »
一 « Jai toujours entendu dire , repicilt le nouveau venu, .que le plaisir n'appelait pas seul le ptai^ir, et que le talent aussi a de la sympathie pour le talent. A juger par votre mérke et par votre figure , tous devez être un homme accompli. Je voudrais que pous fussions comme le jonc et le roseao; On dit toujours qu'ils se prêtent un mutuel appui. Seriez- vous , mon cher monsieur, dans la même disposition? v
一 Je vois ea vous les grâces du temps jadis et la démarche dun génie. Quand Foronge et la
vanille (i) sont à portîée , comment n'en vou*drah-on pas approcher? mais tout ce que je crains , c'est de ne pas être en harmonie avec vous, et de faire tort à la liaison que vous avez la bonté de me proposer. ,
一 « Si TOUS ne me dédaignez pas, asseyonsnous un peu sur cette pierre , pour nous entretenir des sentiments qui oecupent nos cœurs. »
Ils altèrent tous deux s'asseoir sur une grosse pierre qui se trou'vait<auprès de la porte du jardin , et ils prirent place à côté l'un de ïalitre.
― « Permeltex-moi , dit Padolescent , de vous demander votre nom de famille, votre pays, quel àg€ vous avez, et quelles circonstances TOUS ont fait venir ici? »
(i) Je ne donne pas ces deux noms pour des équivalenlft Unnéeiis des termes chinois qu'ils remplacent. La vanilte proprement dite est une production étrangère à l'ancien continent ; et pourtant, comme il s'agit d'une espèce du genre épldendrum , j*ai cru pouvoir hasarder, un tenne qui donne une idée approximative de la plante eaqnettion. On ne doit pas s'attendre à trouver ici des explications bcf^aniques rigoureusement exactes. Je n'ai pas cru |>ouyoiT 'suivre l'exemple d'na auteur qui, traduisant ur poème chinois , fait dire galamment à un jeune homme dans une déclaration d'amour : « Vos joues vermeille» comme les pétales du Pœonia arboreseens ont ctiflammé un lettré qui a cueilli le rameau de COUa fragrans, ».CeU est très-exact , mais j,ai pensé que ce genre de précision pouvait être réserré pour d'autres circonstances.
•—«Je suis.Sse YeoUpe de Kinling-, surnommé Lianstar^ J'ai à présent «vingt Ati9. le voulais aHer troiiver à la 'cour un Certain personnage de distinction. Mais y sa été attaquée à rimproviste et déysiué iur la route. Seul, dépourvu de to^t^ne pouvsuat plus avancer ni reqiler,' j,ai fait , p^r hasard ,1a connaissance de ce vieux li , qiîi m*a demandé de composer pour lui quatre pièces de V0r^, en me promettant de me fournir ce qui metait nécessaire pour contipuer mon YOjage. Les' vers ont bien été faits hier, mais Fargeat qu'il doit me prêter comme salaire n'a pas encore paru. C'est ce qui m'obl" g^ait d'attendre , lorsque j*ai fait inopinément la rencontre de votre seigneurie. C'est un bonheur pour une «triple existence. Mais jHgBore encore le nom de votre seigneurie. »
一 Mon: nom de Êimille est La; ma mère, lorsqu'elle me mit au mpnde ^ avait vu en songe un poirier en fleurs, et de là est venu le surnom de Mengli (i) , qu'elle m,a fait porter. J'ai maintenaat seize ans. Ma' sœur cadette était
- (i) Songer à un poirier. Les sarnoVos des Chinois des deux sexes n'ont soaTent d*autre origine que des parti* cularités de ce genre. Oa a vu plus haut qu'un aatrë Fève avait fait donner à la £lle'de Pe le nom de ias/ft rouge.
hier dan$ l«' ^aviUon^ EHef i%ifs a ftirtivement a|^eFfu; elle a cfté frappée dé ^btré ihérifcé , de votre Extérieur acabits, de fhabilét^ eittrêmé av«o laquelle vous msmiet li^ pinceàu. EH« Vous a pris pour Lilatpe (i) luvfliièitie réténtt à la rie. Slle mg' raconté taifàl»» c^à cil^èônstàticés, et c'est oe qui m'a ingpirié la çttrtée daToir avee vow une entreTticf. Jé lié |Mnévoyaii pds que l,e£hli snîyrah le désir àe si près , et que je vidndiaîs'à raieoiitrer yoîtt seîglneuriè. Si tous mailqiiez àe {faaàcpîé chose qui . voi» sort né* eosiftire , il est tMt simplé que j'y supplée. Que potmriez^^oiis afttetidre du vi^tix li? c'est tm homme du eoliiitittii, c[tà Ae soiige qu,à se' pré* valoir de gon e^taiion. Coitiiliefit saufdiNil apprécier te toleâ9P*' €éft parolêà^ it'ëtâient prononcées , ({b'dti vitacd^rif Siaohiqtii venait annoncer à son maître qu'on apportait le déjeûner dam Fintétieur , et qtri rengageait à s'y rendre : <* Lé »€figpn6ur Li est sur le pôint de sot tir ^ » ajomarit.
Sse Veoti|»e tttirsiit bien vatilu continuer là conversation, et il ne se souciait pas de quitter sa pkce; ma» en entendant cette nouvelle , Lo
(i) Poète célèbre du VIII* siècle.
(i50 , Mtei»gli se lev» préeiphttiniiient en disant : « Puisque rotre b&te tools inTÎt» à déjeftner, je Tais vous quitter. Tantôt, quand il a'y aura pfais ^rsofline^ nous nous retrouT6ron* icK Maïs ne éites pas un seul mot de moi au yieux li; noms ae sommes pas très-bien ensemble, lui et moL »
— » Eh bien ! dit Sse Yeoupd, je tais reatper «n instant; mais wnrcout, 'ne manquez pas an rendez-vous ! »
― c Puisque nos emm se aoQt'déjà tenébn- /trés , il y » encors quelques point» sur krçqmls .noas avons à nous entendre. Ne araiffMZ pas -ijpe f y manqué* a Et e»'parhf|ii^ ainsi Lo Meng>- U rentra dans lie janKfi et dtôpamt. GoHime Yeoupe revenait à la galerie, le conseiller Li sor^ûÉ^pour ki rejokidra. Après les compliments , le concilier prit U parole : « Je sids bien eM«pable de ne pas i^sté arec tous, dii> -^; 一 j,auraU dA vous aceompdgner aujourd'hui dp boBné heuve à votre , départ» Maift^ le ^teux Tsian m'avait bien instamment tecomïna&âë de YOU5 gârdeirpour le repas veut tous ofFrtr, et c'est ce qui m'a inspiré la iétnérhé de 寧 ou6 fetsenir ici. Les bagatelles quil vous faut sùàt toutes prêtes , et demain, sans feu 缺 * ^èus pîMurez tou» inéttre en route. »
"― «. Glest^ répondit Sse Yeoupe , une grande tiKirqijie dWeèlion que je recois de tous : ma reconnaissance naupa pas de bornes» »
'y Uo ihstani après,, on servit ; et quand ils eurent déjeûné , le conâeiller s'adressa à son hôte : « Lfi spusVpçéfet m'a fait hier une visite ici, ditil^ il faut quie J'aiJb la lut rendre: Maié ce qui me £àche, c'es*: d'être eoçore ioblige de vous quitter : comment faire ?» 、
îYeoiipe, qui songeait en lui-mÂme à rejoinji}^! Lo Meiigli , avait craint c{ueson hôte ne le quitftâjt.pas.. Il se hâta donc , de répondre-: ^t^Faiteï))^ je yôus; pyie , tout à ¥Otre aise : je resterai ici , et j'acheyerai de me. reposer de ma faitigue. w \
. -t— . «.Eh bien ! rèprtt le» cohseiUeir , je vais me i^ndre coupable de cette; nouvieUc incivilité ^ et quand je reviendrai de ma visite, il sera temps que nous nous rendions ensemble au diner du yieux Tsian. » Et tout e» parlant ainsi , il fit un sàlut de la niam à Sse Yeoûpe el: pHt.'congé de lui* Celui-ci, /leyena libre da ses actions , $e bâta de courir à la porte derrière le Jardin , jdans ïq^poii: d'y trouver Lo Mengli.. Mais cette iQPtFevue, où il-dut être question, de choses relatives à lappartem^nt intérieur, mérite. d-êlre
racontée séparément. Qui eût pu prévoir ce qu'elle ferait naînre de S'eïitîments mutuels, pénétrant jusqu'à la moelle des os ! Ainsi Fon voit au clair de devanl: un bosquet, apparaître un objet nouveau, intéressant par ses graces et Vélégancè de son Tangà^eî.
Leur* ttniidiieiits Hiatit comme denx courants (i'eftu rire qtte rien ne
saurait tarir ; Lèun ctmme un mur percé à jour.
L*ho— e toosTinlhience de ramonr se toame yers les plus digues
objets ;
Mab'^oorqiMil cet aittnit 9^éloigne4-H de celle qni a sa tendresse ?
On apprendra dans le chapitre qui suit , si Sse Yeoupe put parvenir à retrouver Lo MengU;