RUINE DE T/ORDRE
La journée de Grùnwald régla ces comptes pour un temps. Oblip^és Tannée suivante d accepter à ïhorn une paix qui réduisait leur domaine prussien, les chevaliers se sentirent menacés en Livonie par cette entente polono-lithuanienne qu'ils essayaient en vain de rompre, et 1 alliance moscovite n'était encore qu'un rêve d avenir lointain. En attendant, c'est au reflux de l'expansion moscovite qu'en Livonie même il fallait faire face. En 1483, une trêve s'imposa aux bellifj^érants, et, avant son expiration, à l'embouchure de la Narova, sur la rive orientale du fleuve, les Russes bâtissaient Ivang^orod, leur Narva à eux, menaçant la Narva teutonne de l'autre rive.
En même temps, l'ordre subissait une décomposition intérieure, précipitée bientôt par l'apparition de la Réforme, par la conversion d'Albert de Brandebourgs, g^rand maître depuis 1510. En 1525, tandis qu'après une g^uerre malheureuse Albert acceptait la suzeraineté polonaise sur ses États sécula- 'risés, la Livonie parut, au Landtag de Wolmar, disposée à une évolution semblable. Le chef de la partie livonienne de l'ordre, Walter de Plettenberg, manqua d'audace; mais du sein des villes le protestantisme s'étendait avec une force irrésistible, ébranlant les forteresses de la confrérie, pénétrant jusque dans les cours épiscopales, ne laissant subsister que l'appareil extérieur de l'établissement catholique et mettant le pays dans un état d'anarchie qui, d'où qu'elle vint, rendait une catastrophe inévitable. En 1554, le successeur de Plettenberg, FCirstenberg, traita avec Moscou; mais en 1557, ayant fait mine de braver la Pologne, il dut paraître à Pozwol devant le roi Sigfismond-Auguste et accepter une alliance défensive et offensive contre la Moscovie. Il fut clair alors que la Livonie deviendrait un champ clos, où ses destinées futures seraient débattues entre ses voisins et à leur profit. Elle n'avait plus rien à y sauver, et pas même l'honneur.
i'»0 IVAiN LE TERRIBLE