LES COALITIONS
Sig^smond-Aug^uste chercha à y entramer jusqu'aux Pavs- Bas, mais n arriva qu'à mécontenter les Etats par les mesures prises pour couper le commerce de Narva. En 1565, tandis qu en Livonie les succès et les revers se balançaient, les Polonais prenant Pernau et les Suédois ravageant Oesel. la Suéde eut coup sur coup à subir deux désastres : en janvier, pour l'isoler de 1 Europe, Frédéric II ferma le Sund, et. en novembre, cédant aux représentations d Auguste de Saxe. le véritable Agamemnon de cette guerre des peuples, 1 empereur Maximilien publia un manifeste qui tnettait au ban les Suédois violateurs de la paix et alliés d un souverain barbare. Les progrès d Erik en Livonie en furent paralvsés et le parti de son frère releva la tète. Pourtant Maximilien était travaillé simultanément en sens contraire par les représentants de certaines maisons de commerce allemandes avant des attaches à Moscou. Leurs agents s emplovaient activement à retourner lopinion. L'un d eux, Veit Zenge, chargé d affaires commercial du duc de Bavière à Lubeck, renchérissait sur les autres. Ivan ne se faisait-il pas gloire de son origine allemande ! G était en effet une des lubies du fils de Vassili. Veit Zenge croyait savoir même que le tsar avait du sang bavarois dans les veines ! Pour l'honneur de contracter des relations plus intimes avec lempereur et de recevoir un de ses ordres, le souverain moscovite lui donnerait 30,000 de ses meilleurs cavaliers contre le Turc, ainsi qu'une grosse somme d argent; il renoncerait à la Livonie et soumettrait son Église à 1 autorité du pape ! Des combinaisons matrimoniales pourraient même sceller avantageusement ce rapprochement, si désirable dans 1 intérêt général de la chrétienté : Ivan avait un fils et une fille en âge d'être mariés, et les terems de Moscou recelaient des beautés propres à faire rêver tous les princes d'Allemagne ! Discutées aux divers Tagen allemands, ces ima-
xrinations ne laissaient pas d'influer sur les résolutions de rempire et de son chef", déjà naturellement disposés à une indolente et prudente neutralité.
En 1566, serré de près par les Suédois, Magnus essaya de se rapprocher de la Pologne. Ses prétentions étaient grandes : il demandait la main de la seconde sœur de Sigismond- Auguste avec la Livonie pour dot. Le dernier des Jagellons ne prit pas ces ouvertures au sérieux et voulut, en 1567, frapper un grand coup en conduisant personnellement une campagne en Livonie. On s'émut à Dantzig. Assez faiblement rattachée à la domination polonaise, et mécontente de son lot, cette ville maritime avait, dès le début, manifesté ses préférences pour le camp adverse. Les agents qu'elle entretenait à Varsovie eurent vite fait de la rassurer : » Le roi avait la goutte dans le bras droit et dans la jambe gauche ; c était le plus clair de son armement. » En effet, la campagne fut un piteux avortement. L'armée royale, dans laquelle on comptait par avance 200,000 Polonais et 170,000 Lithuaniens, n'arriva pas à réunir le dixième de cet effectif. Pourtant, à la suite d'une rencontre malheureuse avec une partie de ses troupes, à Runnafer, les Moscovites manifestèrent le désir de traiter. Ivan avait ses embarras intérieurs sur les bras : V Opritchnina commençait. En Pologne, l'union avec la Lithuanie consommée en principe mais attendant encore un règlement définitif, la revision des lois abordée au même moment, des relations difficiles avec les villes de Prusse, des querelles intimes faisaient ardemment désirer la paix. Mais Ivan réclamait Reval et Riga et entamait avec les seigneurs lithuaniens une polémique épistolaire qui n'était pas pour préparer le terrain aux accommodements pacifiques.
Après avoir combattu vaillamment en Livonie dans les armées du tsar et remporté d'éclatants succès, Kourbski s'était laissé surprendre en 1562 sous Nevel, non sans que l'événement parût préparé par des relations équivoques antérieurement entretenues en Pologne. Maintenu depuis dans une demi-disgràce et d'autant plus porté à s'insurger contre les