‹ Ivan le TerribleChapitre 124 sur 228 · MAG^'US · texte numérisé non relu

MAG^'US

Derpt et s'y concertaient avec les Polonais pour une tentative, qui faillit réussir, contre la garnison russe!

La carrière des deux coquins est instructive : après avoir multiplié les intrigues, les désertions et les trahisons, ils devaient un jour trouver grâce auprès de Batliorv lui-même. Introduit d'autorité dans le Landtag livonien qui le repoussait, Taube mourut tranquillement dans ses terres, et Kruse allait accomplir, de la part du roi, une mission en Prusse quand la mort le surprit, G était la moralité du temps.

Au siège de Pœval, Magnus avait attendu en vain un secours danois. C était, on s'en souvient (V. p. 269), le moment où se préparait le traité de Stettin. Après l'échange des signatures, Sigismond-Auguste réclama le concours du Danemark contre la Moscovie, et, publiant, le 17 septembre 1571, un manifeste par lequel il se chargeait, à son tour, de couper le commerce de ^arva, déclarant le blocus de la ville et donnant plus de champ que par le passé et plus de movens d'action à ses corsaires, il parut à la veille de réaliser ce grand effort qu'on attendait de lui depuis si longtemps. Taube et Kruse en avaient sans doute escompté l'effet. Un événement imprévu trompa pour quelque temps leur calcul. Le 7 juillet 1572, le dernier des Jagellons expirait à la suite d'un refroidissement. La fin d'une dynastie et 1 inauguration, en Pologne, du régime de la monarchie élective allaient de nouveau, dans cette longue lutte, changer les conditions du combat et la situation des combattants.

LA CANDIDATURE d'ivaN AU TRONE DE POLOGNE

En Livonie comme en Pologne, Sigismond-Auguste laissait un héritage difficile à recueillir. Avec Kettler, avec les puissances Scandinaves, avec le khan, sa diplomatie faisait merveille ; sa mollesse naturelle avait, hélas! conspiré avec 1 humeur indolente et anarchique de ses sujets pour rendre ces succès illusoires, faute d'un déploiement suffisant de force

matérielle qui les fit valoir. Contre Moscou, l'union avec la Lithuanie était aussi un triomphe : mais la lutte, oimultanément engagée, au sein de la Pologne catholique, contre le protestantisme et, accessoirement, contre toutes les confessions dissidente*, déterminait, parmi les populations orthodoxes des provinces annexées, un mouvement de résistance qui les rejetait vers le giron moscovite. Le prosélytisme ardent des jésuites, déjà installés dans lévéché de ^Yilna, ne faisait que précipiter le courant, en même temps quétendant son rayon daction jusqu'en Livonie il v introduisait un nouvel élément de complication. En l'absence dune flotte, le blocus de Narva risquait de n'être qu'une fiction, tout en suscitant des difficultés avec les puissances maritimes voisines, voire même avec Dantzig, et, à défaut d'une armée régulière, les chances de mettre en échec sur terre les forces plus nombreuses d'Ivan demeuraient problématiques. Aussi à peine Sigismond-Auguste eut-il fermé les yeux quen Lithuanie, et même et surtout en Polop^ne, un mouvement d'opinion se dessina en faveur dune solution propre à assurer au royaume en déshérence mieux que le bénéfice de la paix la plus avantageuse. Chargé d'annoncer à Ivan la vacance du trône, 1 envoyé polono-lithuanien, F. Yoropaï, fit part au tsar du désir qu'on avait de le voir briguer, pour son fils Féodor, la succession du roi défunt. Il s'en fallait que ce désir fût unanime, ou même entièrement sincère chez ceux qui l'exprimaient. Le choix de Féodor n'était aussi qu un compromis que la masse des électeurs influents avait accepté, faute de pouvoir s'entendre sur la candidature d'Ivan, très goûtée en certains milieux, mais non moins énergiquement repoussée ailleurs. En Pologne com.me en Lithuanie, la haute aristocratie y répugnait absolument, dans la persuasion assurément justifiée que l'avènement d'un tel maître était incom})atible avec le maintien de loligarchie. Les Radziwill auraient même comploté lempoisonnement de l'ambassadeur du tsar envové à la diète de Stezyça; mais à lappui de cette accusation, l'historien nisse qui se l'est appropriée ('OuM.\MÉTS, la Pologne dégénérée, 1872, p. 71) n'a produit

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