‹ Ivan le TerribleChapitre 13 sur 228 · LES SERFS · texte numérisé non relu

LES SERFS

monde paye de quelque façon, partout et sur tout, et le& bob Y li ne font pas exception, payant des taxes ou des impots sur les maisons quils habitent ou sur les industries qu'ils exercent. Ils ne doivent rien pour les terres qu'ils cultivent, parce qu'ils les cultivent pour le compte d'autrui, et cela seul les différencie de la classe des agriculteurs du type commun.

Qu'elle leur ait été d'ailleurs imposée par quelque disgrâce ou qu'ils l'aient volontairement acceptée, rien ne les attache à cette condition relativement humiliée. Ils peuvent toujours la quitter, pour peu qu'ils en trouvent les moyens, et rentrer dans le droit commun. Au seizième siècle, la proportion des établissements boby Liens varie, dans les campagnes, de 2,4 à 41,6 pour 100, le chiffre le plus faible correspondant aux domaines monastiques. Au siècle suivant, ce rapport se trouvera renversé sous 1 influence de la tourmente où 1 héritage disputé du Terrible aura jeté le pays. Au milieu d'une population devenue alors encore plus flottante, les monastères seuls, ou a peu près, conservent une main-d œuvre assurée, en arrivant à fixer dans les villages et les hameaux leur appartenant, le plus grand nombre de ces bobyli, ainsi qu'une autre catégorie d'ouvriers agricoles non censitaires : les enfants de monastère fmonastyrshùé diéiiénychyj, comme on les appellera. Paysans de condition inférieure aussi, libres pourtant eux-mêmes, et point serfs.

N existait-il donc pas de serfs dans ce pays qui, jusque vers le milieu du dernier siècle, a été le dernier repaire du servage en Europe? Si fait; mais au seizième siècle, ils constituaient, dans la masse de la population, un élément à peine perceptible.

Page 1