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LES DEL'X ADMINISTRATIONS

de V Opritchnina ne portait que sur certaines portions du territoire, les bailliages, villes et quartiers de son ressort se mêlaient avec les dépendances de la Ziémchtchina dans un désordre aussi difficile à imag^iner qu à expliquer. En fait de villes importantes, Fancien régime ne gardait cependant que Tver, Vladimir et Kalouga, et, d'une manière générale, il se trouvait en quelque sorte relégué aux extrémités de l'empire. C était au rebours 1 histoire de Rome prenant sous son autorité immédiate les provinces excentriques pour tenir le centre avec le cercle de fer de ses légions.

Vers 1572, Y Oprùchnina perdit son nom primitif. Elle s'appela lâT COUT fdvorj . A ce moment, elle avait déjà tous les caractères d'une organisation d État régulièrement constituée, et, d ailleurs, dans son fonctionnement, elle conservait toutes les formes administratives de lancien régime, si bien qu en examinant un document de l'époque, on a peine à deviner de laquelle des deux administrations conjuguées il émane. \j' Opritchnina ne supprimait même pas en principe le miésinitchesivo; elle en excluait seulement 1 application dans son sein. Son action et celle de la ziémchtchina étaient parallèles et ^ncertées, Tune et l'autre avant un centre commun dans le bureau des finances et dans le bureau de la guerre. Des diafis attachés' à 1 une ou à 1 autre administration y opéraient le départ des affaires ressortant à chacune d elles. Du moins est-il probable que les choses se passaient ainsi, la coexistence et le travail en commun de ces deux catégories de fonctionnaires accouplés étant certains et suffisant à détruire la légende d une Opritchnina qui aurait été réduite à un rôle de police politique. En 1570, des documents authentiques nous xnonireniY Opritchnina et la Ziémchtchina conviées à déhbérer, par 1 organe de leurs représentants respectifs, boïars d un côté et boïars de l'autre, sur des questions concernant la frontière lithuanienne. On discute séparément, mais on tombe d accord. Nulle trace d inimitié et de conflit. Gette même année et l'année suivante, des détachements relevant de l'une et de l'autre organisation font campagne de con-

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serve et en parfaite harmonie apparente contre les Tatars.

Yt Opritchnina n'a certes pas fourni une solution entièrement satisfaisante au problème qui se posait devant Ivan. Il eût fallu résoudre la double contradiction où son empire se trouvait eng^agé : contradiction politique résultant du fait d'un souverain rendu par la marche historique des événements détenteur d un pouvoir absolu à base démocratique et obligé, en même temps, à exercer ce pouvoir par l' organe d'une aristocratie; contradiction sociale résultant du fait de ce même souverain quêtant des ressources nouvelles pour lambitieuse exubérance de son empire, et, pour en obtenir, ne trouvant d'autre expédient que de livrer la classe productive du pays, pieds et poings liés, à l'arbitraire des non producteurs, les « hommes de service » , ses soldats et ses collecteurs d impôts.

A détruire l'élément aristocratique V Oprùc/mùia s est montrée impuissante; elle l'a fortement entamé, le dessein d Ivan n'allant probablement pas au delà du résultat ainsi obtenu. En dehors des hauts et puissants seigneurs enrégimentés par elle et par là même désarmés, elle n'a épargné, dans cette classe, que de rares élus : un prince Ivan Fedorovitch Mstislavski ou un prince Ivan Dmitriévitch Biélski, placés 1 un et lautre à la tête de la Ziémchtchina : deux utilités inoffensives. De l'importance politique de cette classe, elle n'a laissé jien subsister, et 1 effet devait s en faire sentir, même après la mort d Ivan, dans le rôle prépondérant acquis aux parvenus de sa création, les Zakharine et les Godounov. Recrutés toujours en plus grand nombre pour remjilir les vides créés par les confiscations et les exécutions en masse s ajoutant aux transplantations , d'autres sujets plus humbles encore, paysans cosaques, tatars, arrivèrent à former un contingent relativement considérable en, même temps qu un instrument puissant de nivellement démocratique. « Les boïars de mon père et ' les miens ont appris à nous trahir, écrivait Ivan à Vassiouchka Griaznoi; nous avons donc pris le parti de faire appel à vous autres, vils manants, attendant de vous fidélité et vérité. » Et

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