‹ Ivan le TerribleChapitre 144 sur 228 · LA TERREUR · texte numérisé non relu

LA TERREUR

Ivan s'était réservé le droit de châtier quelques-uns de ses boïars. On ne pouvait imag^iner qu'il y renonçât. jS ayant pas Kourbski sous la main, le tsar s'en prit aux complices, vrais ou supposés, du fugitif. Furent suppliciés sous cette imputation : le prince Alexandre Borissovitch Cliouïski, avec son jeune fils, Pierre, et plusieurs de ses parents, dont deux Khovrvne, le prince Ivan Souklioï Kacliine, le prince Dmitri Ghe^virev, etc. .. D autres infortunés, le prince Ivan Kourakine, le prince Dmitri Niémogo, payèrent de leur tête des fautes au sujet desquelles nous manquons d indications. Des ordres d exil et des confiscations suivirent, et c'est seulement après avoir donné ainsi satisfaction à sa colère et entamé sa redoutable besogne, que le Terrible consentit à rentrer dans sa capitale. Au témoignage d'un chroniqueur, on y eut peine à reconnaître le souverain : sa figure paraissait décomposée et il avait perdu tous ses cheveux. Le trait est à noter comme un premier indice de tout ce que limagination en travail a pu ajouter à la réalité suffisamment lugubre du drame. Le tsar ayant Ihabitude de se raser la tète, comme tous les hommes de son temps, sa calvitie subite n'a guère pu frapper les observateurs, et il allait d'ailleurs, avant peu, donner des preuves trop certaines de santé et de vigueur.

On se rappelle lépisode des lettres de Pologne interceptées par Ivan. Compromis et rendus suspects de ce chef, quelquesuns des destinataires, le vieux Ivan Petrovitch Tcheliadnine, avec sa femme, le prince Ivan Kourakine-Boulkgakov, trois princes Rostovski, d'autres encore furent enveloppés dans la tourmente, livrés au bourreau, torturés atrocement et mis à mort. L'Église elle-même eut son tour. En dehors de la solidarité d'intérêts qui l'unissait aux victimes du nouveau régime, elle y rencontrait plus que jamais l'occasion de reven-

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