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L'A^'GLETERRE ET LA HOLLANDE

D'après Horsey, Chtchelkalov et les autres ennemis de l'ambassadeur auraient même comploté sa mort et seule 1 intervention de son compatriote aurait prévenu cette catastrophe. Mais Horsey s'est probablement vanté. Boris Godounov était le véritable maitre à ce moment et nous savons que, s'en cachant à la vérité, il fit tenir de sa part un présent à Bowes et y ajouta l'assurance de son dévouement. Mais déjà en dépit des rodomontades de Bowes, sur la rive droite de la Dvina, dans le voisinage d'un antique monastère, s'élevait une ville et se creusait un port dont les Hollandais avaient indiqué l'emplacement, où ils promettaient de rendre à la Russie une autre Narva, et où avec leur concours, d'abord exclusif, allait se centraliser le commerce maritime de l'empire, définitivement arraché au monopole britannique. C'était Arkhang^elsk. Les Anglais n'y devaient arriver que plus tard et en seconde ligne. La victoire dans cette lutte, en apparence inégale, restait à la Hollande et l'histoire de Pierre le Grand s'en est ressentie.

En 1838, se trouvant en Italie et s'y occupant à rechercher des antiquités pour un musée russe en formation, le comte Wielhorski crut découvrir un portrait d'Ivan, bien fait et bien conservé, qui aurait été envoyé à Londres en 1570. (Archive russe, 1888,1, 123.) Spécimen unique de l'art russe du seizième siècle, cette toile se trouvait en possession du consul russe à Gènes, M. Smirnov, qui lavait acheté à un antiquaire de Londres. Je n ai pu savoir, à mon grand regret, ce qu est devenu ce document qui, à le supposer authentique, serait sans prix et pour 1 histoire du développement artistique en Eussie et pour celle du singulier épisode diplomatique dont je viens d entretenir mes lecteurs. ]Si les sources russes ni les sources anglaises ne font aucune mention d'un portrait du tsar envoyé en Angleterre.

Ainsi qu'on l'a vu, Ivan fut poussé à rechercher l'alliance anglaise et à la désirer passionnément, sous le coup d'abord de la crise intérieure et ensuite de la crise extérieure où sa politique et sa fortune se trouvèrent engagées et mises en

péril. Je passe au récit de cette dernière phase de son règne (1).

(1) Pour les voyages de Chancellor et de ses émules, les sources principales se trouvent dans la collection de Hakluyt, Voyages, Londres, 1809. Voir aussi Fons'j'ER, Geschichte der Etitdeckungen ini Nordeii, Francfort, 1784; Barrow, A chrouological History of voyaqes, Londres, 1818. — Pour les négociations entre les cours de Moscou et de Londres, l'ouvrage capital est Tolstoï, les Relations entre la Russie et i Angleterre de 1553 a 1573, Pétersb., 1875. Celui de Hamel, publié en 1847 à Petersbourg, sous le titre bizarre : Tradescant der aeltere 1618 in Riissland et traduit en anglais par Leigh sous le titre de Enqland and Russia, Londres, 1854, est aujourd hui à peu près sans valeur, et on peut en dire autant du second ouvrage du même auteur : Aperçu des relations commerciales et politiques entre l Angleterre et la Russie aux seizième et dix-septiemc siècles, l'étersb., 1865. — Les documents à consulter se trouvent dans le Recueil de la Société Impériale d'Hist. russe, vol. XXXVIII, dans la collection Hakluyt et dans l'Archive du Nord, 1882, I. Voir aussi : relation de Horsey et livre de Fletcher^ Russia at the close of the XVI Century, Londres, 1856. — Pour les relations commerciales avec les Pays-Bas, outre l'étude mentionnée de Kordt, voir Wassenaer, Historisch vcrhal aller gedencwaerdigen Geschiedenissen, VIIL — Pour l'histoire de la Compagnie moscovite, Cawston et Keane, The early chartered Companies, Londres, 1896; Hewins, Englich trade and finance, Londres, 1892. — Pour Jenkinson, voir Delmar-Morgan, Ealy voyages... te Russia, Londres, 1886.

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