IVAN ET BATHORY
cavaliers asiatiques, qui eurent mission d y recevoir le premier choc de 1 ennemi et qui, ne rencontrant aucune résistance, renouvelèrent seulement les exploits de Schah-Ali, tandis que, abandonnant la malheureuse province à sa destinée et se bornant à quelques mesures de précaution pour couvrir son armée de ce côté, Bathory marchait sur Polotsk. Lorsqu'on sut dans le camp moscovite à quoi s'en tenir, il était trop tard pour mettre la ville en état de défense. Quant à barrer le chemin aux Polonais. Ivan n'y song^ea pas. Résolument, dispersant ses forces, envoyant un corps d'armée sous Fellin contre les Suédois, un autre sous Ostrov ; chargeant les princes Lykov et Paletski de secourir Polotsk, mais prévovant qu'ils devraient se borner à harceler l'ennemi et à intercepter ses transports d approvisionnements, le Terrible se résig^na à un syf.tème de molle défensive, entrecoupée de tentatives diplomatiques. Et il devait s'y tenir. Il comptait sans doute user les Polonais par une guerre de sièges, où l'artillerie et la ténacité moscovites se feraient valoir avantageusement.
Et ce fut une guerre de sièges, en effet, que Bathorv eut à soutenir, comme il le prévoyait; mais son génie et sa fortune allaient y mettre en défaut et la stratégie et la diplomatie du tsar.