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LE COMMERCE

Parmi les contrées les plus productives, à ce point de vue, on comptait au nord de Moscou la province de laroslavl et au sud-est le littoral de l'Oka, de Riazan à 2vijni-!Sovporod A en croire Herberstein, les rives de lOka donnaient vingt à trente grains pour un. Au nord encore, les bords de la Dvina septentrionale, fertilisés par les inondations du printemps, fournissaient des terres à grand i-endement, en dépit de la sévérité du climat. On ne récoltait pourtant que très peu de froment. Le seigle, 1 avoine et le sarrasin étaient les produits les plus communs. Ils servaient, pour la plus grande part, à la consommation intérieure. Une certain courant d exportation se dirigeait à 1 Occident par le port de Narva, plus tard par Arkhangelsk et par les voies de terre du côté de la Pologne. Ce commerce, toutefois, ne pouvait prendre une grande extension. L'Europe n'avait pas alors les mêmes besoins qu aujourd hui ; l'État paralysait ce trafic comme les autres en le monopolisant, et enfin les sorties de blé en grande quantité passaient pour nuisibles, propres à appauvrir le pays. Les prix étaient d ailleurs tellement influencés par limportance de la récolte, le plus ou moins grand éloignement des centres de production, la guerre et les autres crises traversées parle pavs, qu'ils variaient d un à dix, et l'accessibilité aux marchés de 1 Occident s'en ressentait. Ils restaient cependant généralement très bas. Je dois ici ouvrir une parenthèse pour expliquer le système monétaire du lieu. L unité était, comme aujourd hui. le rouble fde roubit : couper), comprenant cent kopecks. Mais ce rouble pesait, en principe, 16 zolotniki d argent, c est-àdire qu il contenait en matière précieuse près de sept fois le poids du rouble actuel, et était aussi compté par les marchands anglais pour 16 shillings et 8 pences. A partir du quinzième siècle, toutefois, cette valeur eut à svd)ir des dépréciations successives, du fait de la politique moscovite qui alors déjà inaugurait un système dont nous apercevons aujourd hui les conséquences dans la même unité ramenée à l'équivalence de 2 shillings et quelques pences. Les kopiéïki s'appelaient primitivement diéngi du mot tatar ding argent),

le nom actuel n'ayant été adopté que vers le milieu du seizième siècle, quand sur cette monnaie divisionnaire parut 1 imagée d un guerrier armé d'une lance (kopié). Or, déjà sous le père du Terrible, on s avisa de tirer 250 diéngi du rouble et, pendant la minorité d Ivan, sous la pression des nécessités financières, on arriva à 300. Il y eut alors deux espèces de roubles, celui de Novg^orod conservant son ancien poids d arg^ent et valant deux fois le rouble de Moscou. D où une grande difficulté pour le calcul du prix réel des objets de consommation d après les documents de l'époque.

La monnaie divisionnaire comprenait encore des altùiy, (du mot tatar alt-six) , pièces de 6 kopecks ; des grivny (20 kopccksi , des poltiny ou demi-roubles fpolovina : moitié) et, en pièces de cuivre, àes poloudiéngi ou poiili (demi-kopecks). De forme irrégulière, empruntée aux Tatars comme son nom, légèrement ovale, la diénga, pièce d argent, avait des dimensions si petites qu'elle s'égarait facilement. Les marchands, en réglant leurs comptes, en prenaient habituellement jusqu à cinquante dans leur bouche.

D après le témoignage des voyageurs étrangers, Herberstein Fletcher, et des chroniques du temps, et suivant les évaluations de M. Roj ko V (^/oc. cit., p. 202 et suiv.), le prix moven de la tcheiviért de seigle (mesure actuelle : 839 lit. 68 ; la /c^evî'eW d'alors étant deux fois moindre) variait, au commencement du seizième siècle, de 10 kopecks, prix faible, à 69 kopecks, prix fort, les autres produits subissant les mêmes fluctuations. D où un rapport moyen de 93,9 avec le prix actuel, et la conclusion que le rouble de cette époque avait une puissance d'achat quatre-vingt-quatorze fois plus grande et valait conséquemment quatre-vingt-quatorze fois plus que le rouble de nos jours. Mais à la fin du siècle, cette proportion tombe déjà à 20-24 environ, et elle ne saurait être fixée avec exactitude.

Le prix du travail dépendant nécessairement du prix du blé. en 1598, nous trouvons des paysans qui se chargent d nue fourniture de bois à couper, à tailler et à transporter

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