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L'AGRICULTURE

pour la construction d un pont, moyennant le prix convenu dune diénga et demi. Une ohja, étendue de terre qu'un homme pouvait cultiver avec 1 aide d un cheval, se vendait en 1573 pour 8 à 10 roubles. Une maison valait 3 roubles. On avait quatre vaches et vingt moutons pour 4 roubles et 16 altines. un cheval pour un à 3 roubles.

La culture se faisait par assolement triennal : seigfle. avoine et jachère. Établi sur une ohja, le paysan semait de deux et demi à trois et demi tchetviérii àe seig^le, autant d avoine, et. avec de bonnes récoltes arrivait à un revenu de 3 roubles par an. Sa nourriture prélevée sur ce produit, il devait s habiller. Or. un vêtement complet lui coûtait un demi-rouble, sans compter la ceinture et les géants indispensables par les grands froids. Ci : 24 et 9 kopecks. Il devait aussi paver les impôts : 75 kopecks à un rouble, d après un calcul établi pour l'année 1555.

Ceci se rapporte aux terres noires, demeure des pavsans libres. Sur les terres blanches, les avances accordées par les propriétaires pour frais de premier établissement, les secours distribués par eux en cas de famine ou d épizootie rendaient la condition des cultivateurs plus supportable, mais compromettaieut leur liberté. Sur les terres communales, les pavsans obtenaient encore généralement, en s y établissant, une franchise de taxes étendue à quatre ou même huit années, mais ne pouvaient compter sur autre chose. Les domaines des monastères passaient pour un Eldorado, et j en ai déjà indiqué la raison. Pourtant si, moins lourdement chargés eux-mêmes, les moines pouvaient se montrer aussi moins exigeants, le nom de sirada fshadat : souffrir; appliqué communément à la corvée réclamée par ces propriétaires semble prouver que lEldorado n était pas un paradis..

J ai mentionné déjà une des raisons ({ui faisaient obstacle au développement de lindustrie. Le fameux ménagier, composé sous le règne du Terrible, le Domostroï du pope Silvestre, sur lequel je reviendrai, la met curieusement en lumière. L activité industrielle y apparaît essentiellement domesticpiée.

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8ous le toit d un boïar de l'époque, nous avons la vision d un groupe d'ateliers pourvovant à tous les besoins de la consommation intérieure et ne laissant pas de place à un développement indépendant des mêmes métiers.

Lart du charpentier, la menuiserie, la construction des bateaux, le façonnement des petits ustensiles et objets en bois qui a pris une si grande extension aujourd'hui dans cette forme particulière de l'activité industrielle qu'on appelle Koiisiar, étaient cependant connus et répandus dans le pays depuis un temps très ancien. A Kozmodiémiansk, dans les environs de Nijni-}?ovgorod, existaient des fabriques célèbres de coffres, et d'autres à Kholmogory, très appréciées pour les garnitures en cuir rouge ou en peau de phoque de leurs produits. Les traîneaux de Viazma et les cuillers en bois de Kalouga jouissaient d une grande renommée ; mais ce n étaient pas des objets d'un grand rapport. Les coffres de Kholmogory servaient au transport des marchandises dirigées sur Moscou et se vendaient ensuite à vil prix. Un cent de cuillers de Kalouga valait 20 aliines, et on avait un traîneau de Viazma pour une poltina.

Le commerce, relativement plus développé, manquait d aliments. Dans le domaine de l'exportation, il était borné presque exclusivement aux matières premières et aux produits bruts. Les fourrures y tenaient la première place, et on en vendait en Europe et en Asie pour 500,000 roubles par an. Les plus belles zibelines venaient de la terre d Obdorsk gouvernement actuel de Tobolsk) : les peaux d ours blancs des rives de la Piétchora et les loutres, de la presqu'île de Kola. Une belle peau de zibeline se pavait jusqu'à 30 florins d or ; la garniture d un bonnet de boïar en renard noir en valait 15 ; mais les peaux d hermine étaient alors peu recherchées : on en avait une pour 3 ou 4 diéngi. La cire tenait le second rang dans le trafic extérieur, avec un mouvement de 50,000 pouds par an. Le suif venait ensuite, tiré en assez grande quantité, 30 <à 40,000 pouds, des provinces de Smolensk, laroslavl, Ou;;Htch, Novgorod, Vologda et Tver. A lintérieur, la con-

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