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LE COMMERCE

sommation de ce produit était assez restreinte, car les f^ens riches ne se servaient que de bougfies en cire et le peuple s'éclairait avec des copeaux de bois résineux. Le miel, abondamment fourni par les provinces de Riazan et de Mourom, plus tard par le pays de Kazan, servait principalement à préparer la boisson favorite du pavs, mais allait cependant aussi au dehors, Pskov et ^sovgorod, laroslavl et Volog^da en exportant jusqu'à 10,000 pouds annuellement. Les peaux d élan, très vantées par Fletcher. étaient ég^alement demandées à l'étrang^er. Les plus grands élans se trouvaient dans les forêts des environs de Rostov, Vytchegda, NovxTorod, Mourom et Perm. Les bœufs, trop petits, ne fournissaient pas une marchandise suffisamment appréciée. Les environs d'Arkhangelsk livraient à la consommation extérieure de 1 huile de phoque, et les pêcheries organisées à laroslavl, à Bielooziéro, à ]Sijni-Novgorod, à Astrakhan, après la conquête du pays, donnaient en abondance des poissons et des œufs de poissons, déjà fort recherchés par les marchands hollandais, français et anglais. On en vendait jusqu en Italie et en Espagne, Mathieu Miechowski, dans son Traité sur les Sa7— maties, édition de 1521, parle de la pèche des baleines dans la mer Blanche. Il serait singulier cependant que les essais vainement renouvelés, depuis, pour développer cette industrie aient abouti alors à un résultat appréciable. Ils se sont bornés sans doute à l'utilisation de quelques cétacés échoués, comme le pense M. Zamyslovski. (V. son étude dans la Revue du min. de rinstr. puhL, mai 1882, p. 67.) Certaines variétés, d'oiseaux étaient l'objet d'une demande constante à l'étranger; les gerfauts, en particulier, obtenaient des prix très élevés. Le lin de Pskov et le chanvre de Smolensk, de Dorokhobouje et de Viasma trouvaient des amateurs sur les marchés extérieurs, ainsi que le sel provenant des salines de Staraia- Koussa, le goudron de Smolensk et de Dvinsk. La Perse prenait les dents de morse, destinées à des emplois industriels et aussi à la préparation de remèdes très vantés, d antidotes contre les poisons. Obtenu en grande quantité sur les liords

de la Dvina et en Cai-elie. le mica remplaçait le verre à lintérieur du pavs et sexportait aussi avec d autres produits minéraux : le salpêtre préparé à Ouglitch, à laroslavl et à Oustioup^, le soufre tiré des lacs de Samara, le fer fourni par les mines de Garelie et des environs de Karg^opol et d'Oustioujna.

Réservés en vénérai à la consommation intérieure, quelques produits ouvra.fjés trouvaient cependant preneurs au dehors, en Tatarie, où Ton achetait des selles, des brides, des toiles, des draps, des vêtements, envoyant en retour des chevaux d'Asie. Les marchands dEurope apportaient de l'argent en lin/Tots. de lor filé, du cuivre, des draps, des miroirs, des dentelles, de la coutellerie, des aig^uilles, des bourses, des vins et des fruits ; ceux d Asie vendaient des étoffes de soie, des draps d'or, des tapis, des perles et des pierreries. Les uns et les autres avaient d abord à conduire leurs marchandises à Moscou, où le souverain, ayant fait son choix, accordait la permission de livrer le reste au public. La fille de Pierre le Grand devait se prévaloir encore de ce privilège vis-à-vis des marchandes de modes françaises.

Les uns et les autres prenaient rendez-vous au confluent de la ^lologa et du Yolga ; là existait autrefois une petite ville appelée la ville des esclaves. Kholopiï gorodok, dont il ne reste qu une église. D après la légende, la ville aurait été fondée par des esclaves de Novgorod, fuyant la colère de leurs maîtres — gravement outragés par eux pendant une absence qui se serait montrée trop longue pour la vertu des épouses abandonnées. Là se tenait une foire, la plus célèbre de toute la Russie. Elle durait quatre mois et remplissait le vaste estuaire de la Mologa d une telle quantité de bateaux serrés les uns contre les autres qu on allait à pied sec d une rive à l'autre. Marchands allemands, polonais, lithuaniens, grecs, italiens, persans se pressaient sur la rive, étalant leurs marchandises à travers une vaste prairie entourée d auberges improvisées, de cabarets. On comptait jusqu à soixante-dix de ces derniers établissements, et les échanges étaient si considé-

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