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LES CAUSES DE FAIBLESSE

Les Mongols envahisseurs de la Russie au treizième siècle passent très généralement pour coupables d'un crime de lèsecivilisation. Rupture entre ce pays et lEurope occidentale, arrêt brusque dans le développement de sa culture, ils auraient causé tout cela. J ai longtemps partagé Terreur commune, et je m'en confesse sans embarras : les apparences y sont et rhistoire de cette invasion demeure si obscure ! Un témoignage en sens contraire m'a d'abord frappé, d'autant plus concluant qu'il vient d un des princes de l'Eglise nationale; et l'on sait que, jusqu au dix-huitième siècle tout au moins, la vie intellectuelle du pays s'est presque entièrement concentrée dans ce foyer.

de la vie populaire, 1884. et les ouvrages universellement connus de Haxthauscn, Maurer. Fustel de Coulantes, Lerov-Beaulieu, etc. — Pour 1 organisation judiciaire, les œuvres déjà citées de Dmitriév et de Scrguiciévitch. — l'our la vie économique : Kap.amzine, flist. russe, vol. VII, chap. iv; vol. X, chap. iv; KhlikrsiKOv, I)e l'influence de la société..., 1869; Soloviov, Hist. russe, \o\. VII; RoJKOv, l'Agriculture russe au sei:.ième siècle, 1899. — Sources : HerbeH-nTEIN, Rcrum Mosc. comme nlarii, 1571 (comparez étude sur Herherslein, de Zamvslovski, dans la Revue du ministère de l'iiistr. puhl., 1882, niai^ ; Voyage de Jcnkinson, dans la collection Hakluvt; Documents de la commission archéographique, I, etc.

« A en juger par l'état de linstruction et les progrès de son développement au cours des deux siècles et demi qui ont précédé rinvasion des Mongols, écrit Mgr Macaire dans son Histoire de lÈglise russe (V, 258j, nous ne pensons pas que ces progrès eussent été beaucoup plus rapides au cours des deux siècles suivants, même si les Mongols ne nous avaient pas visités... Ces Asiatiques n'empêchèrent nullement le clergé, surtout dans les monastères, de s'occuper de science. Mais il semble que les Russes n'aient aucunement éprouvé encore, à ce moment, le besoin d'une culture supérieure. Suivant la trace de leurs ancêtres, ils bornaient leurs désirs à la possibilité de lire librement et de comprendre les Saintes Ecritures. .. »

Des recherches récentes ont détruit, d'autre part, l'illusion d un flot de barbarie asiatique se superposant, du fait de l'in-^ vasion. à des éléments de culture européenne. Pas si barbares que cela, les compagnons de Batou et du grand chef d étatmajor, Soubotaï, comme la excellemment montré M. Léon Cahun dans un livre qui est une révélation (Introduction à l'histoire de l'Asie, 1896, p. 343 et suiv.). Des stratèges de premier ordre et des organisateurs merveilleux, dignes représentants d une civilisation qui, moins d'un siècle plus tard, devait émerveiller à Samarkand les ambassadeurs de Henri de Castille (1405), et répandre dans l'Europe entière l'emploi des tables astronomiques composées par Ouloug- Beg. ISullement destructeurs de parti pris non plus, en dehors des nécessités militaires, ni oppresseurs en dehors de leurs exigences fiscales; incapables d'ailleurs, eu égard même à leur nombre, de produire un effet de submersion, La légende du flot submergeant est une invention mélodramatique : Soubotaï a vaincu partout avec de très petits effectifs, très mobiles, bien outillés et supérieurement commandés.

La vérité semble être que partout aussi il n'a plus trouvé que des ruines, un empire en décomposition et un pays déjà séparé de l'Europe, jeté, au point de vue politique comme

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