‹ Ivan le TerribleChapitre 50 sur 228 · LA LITTÉRATURE · texte numérisé non relu

LA LITTÉRATURE

Les écrivains du quatorzième et du quinzième siècle se sont généralement bornés à des compilations mécaniques. Œuvres mort-nées ! Pas un trait vivant de mœurs, même dans les vies de saints indip^ènes. Des chroniques réduites au style et au contenu d un journal officiel. Le plus remarquable de ces recueils, la Stiépiénnaïa-Kniga , ou livre des degrés, du métropolite Macaire, ne ressort un peu du niveau commun que par la concordance que 1 auteur a cherché à y établir entre les faits et la généalogie des souverains. Œuvre de tendance politique, mais par cela même se distinguant de la banalité générale. G est là que le Terrible prendra 1 idée dune filiation le faisant descendre de Gésar-Auguste ! Œuvre d édification religieuse aussi, s appliquante indiquer 1 intervention divine dans tous les événements. L homme d église, qui Ta composée, nétait d'ailleurs, lui aussi, comme nous le verrons tout à l'heure, qu un compilateur de plus large envergure

Gomme forme et comme fond, la littérature de cette période se montre inférieure à celle de Kiev. Avec la poésie, le naturel et la simplicité, la fraîcheur et le charme ont disparu. Plus rien de spontané. Le calcul remplace linspiratiou. et la recherche du beau, quand elle se rencontre, ce qui est rare, incapable d'atteindre l'art, n'arrive qu'à l'artifice. Pas une ligne où quelque émotion se laisse deviner et où la profondeur du sentiment rachète la superficialité de la pensée. Pas un poème, et c'est 1 époque de Ghaucer et de Villon, de Pétrarque et de Boccace. Pas un essai de recherche scientifique ou philosophique, et Galilée en Italie, Bacon en Angleterre, Montaigne en France vont naitre ; et ce sera tout à l'heure, en Occident, l'époque de Shakespeare et de Gervantès, de Giordano Bruno et de Descartes, de Robert Estienne et de Du Gange. Dans

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