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LE MARIAGE

nom qui correspondait à des fonctions importantes sous le régime des apanages et des viétchié, sorte de chiliarque préposé à la foule des garçons et des filles de noces; l'autre était le iassiélnih (écuyer) , chargé de protéger la cérémonie et ceux qui y participaient contre les maléfices de toute espèce. Car l'occasion passait pour particulièrement favorable à l'industrie des mauvais esprits et des sorciers.

Dès la veille, on se réunissait dans la maison du futur qui recevait les félicitations, offrait un banquet et envoyait à son tour à la future, toujours absente, des présents plus ou moins magnifiques : coffret avec des bagues et des fards, friandises, — et un fouet symbolique. En même temps, la marieuse (svakhaj % occwT^-Axi de préparer la couche nuptiale. Elle commençait par faire le tour de la maison, une branche de sorbier à la main, pour écarter les sortilèges. La chambre nuptiale était communément disposée dans un grenier, pour que, éloignée autant que possible de la terre, elle évoquât moins l'idée de la tombe. On la garnissait de tapis et de peaux de martre, signe essentiel de la richesse et du confort; on y plaçait aux quatre coins des pots d étain remplis d'hvdromel; enfin on y introduisait processionnellement les objets du coucher, précédés par les images du Christ et de la Vierge. Le lit était communément dressé sur des bancs en bois juxtaposés. On y étendait d'abord des gerbes de blé, en quantité variable, selon le rang des époux, et toujours symbolique; on les recouvrait avec des tapis et des édredons superposés et on mettait à proximité des tonneaux découverts, avec du froment, du seigle, de 1 orge et de l'avoine.

Le lendemain, dans la même maison, deuxième banquet, pour lequel on faisait cuire le liorovni (gâteau de noces; et où, cette fois, l'épouse avait sa place marquée à côté de l'époux, au haut bout de la table, devant trois nappes superposées portant une salière, un petit pain blanc (kalatchj et un fromage. Le futur allait chercher la future, en grand cortège. avec les porteurs du koi-ovaï et les porteurs de cierges, qui se mettaient parfois à deux tant les cierges étaient lourds, pesant

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jusqu'à 48 kilo<jrammes ! Un garçon d honneur suivait avec Voss)palo, grand plat contenant du houblon, signe d abondance et de joie, ainsi que des peaux de martre, des mouchoirs brodés d or et des pièces de monnaie à distribuer à 1 assistance. Une procession semblable se formait derrière la mariée, qui restait invisible sous un voile épais. Deux tilles d honneur portaient deux plats, sur lesquels on apercevait la coiffure de la mariée, un gobelet rempli d'un mélange de miel et de vin. dont on verra tout à Iheure lemploi, et des mouchoirs destinés également aux invités.

Les deux cortèges prenaient le chemin du logis conjugal, et le banquet commençait par des prières que le pope récitait longuement. L usage voulait aussi que les convives fissent seulement mine de toucher au premier service, jusqu'au moment où, se levant, la marieuse demandait aux parents de la mariée la permission de la coiffer. On allumait les cierges, on étendait entre les époux une bande de taffetas où une grande croix était brodée des deux côtés. La marieuse retirait le voile nuptial et. trempant un peigne dans le gobelet svmbolique, elle le passait dans les cheveux de la mariée avant que de les couvrir du filet et de la ki/,o. A ce moment et pendant que les filles de noces éventaient le couple avec des peaux de martre, dans la classe moyenne lusage était que les futurs approchassent leurs joues du taffetas qui les séparait. On plaçait un miroir devant, et alors, pour la première fois, ils pouvaient apercevoir leurs traits. A ce moment aussi un des Invités s approchait d'eux, A'étu d un touloupe avec la fourrure en dehors et leur souhaitait autant d'enfants qu'il y avait de poils dans cette fourrure.

Suivait la distribution des mouchoirs et des autres objets les accompagnant sur Vossypalo, l'échange des bagues devant le pope et la remise par le père de la mariée au marié de l'emblème de la puissance paternelle. On a deviné le fouet « J'espère n'en avoir jamais besoin " , disait galamment l'époux. Mais il passait le fouet dans sa ceinture. Ici le banquet était interrompu. On se rendait à 1 église. En route on

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