‹ Ivan le TerribleChapitre 87 sur 228 · LA POLITIQUE D'IVAN · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE D'IVAN

et, plutôt que de détruire l'un et lautre de ces deux éléments sans savoir comment il les remplacerait, opposer l'un à l'autre, affaiblir le plus fort et le seul menaçant en fortifiant le plus faible et le seul inoffensif; puis, ce premier résultat obtenu, 'trancher dans le vif en supprimant la menace ; en maintenant l'édifice intact, carder les colonnes utiles et éliminer les piliers encombrants; consommer l'évolution historique qui, depuis un siècle déjà, à l'ancienne Russie des princes apanages et des vottchiny substituait lentement, mais irrésistiblement, la Russie du tsar autocrate et des pomiéstia — Ivan devait un jour s'arrêter à ce prog^ramme, le seul qui fut en harmonie et avec la tradition et avec les nécessités présentes de son empire.

C'est Ihistoire si mal comprise jusqu'à présent, et toute l'histoire de \ opriichnina.

Ivan n'y est pas venu tout d'un coup. Au moment auquel nous sommes arrivés, il se laissait très probablement ég^arer, lui aussi, entre ces courants d'idées, dont la nouveauté et la hardiesse séduisaient son esprit ouvert et entreprenant. Il tendait l'oreille aux niéstiajaiiéli et encourageait probablement Ivachka Peresviétov. Il cherchait sa voie et il allait débuter par des tâtonnements, des essais et des compromis. C'est l'histoire des années 1550-1551 et des événements qui les ont remplies : rédaction d'un nouveau code et convocation d'une assemblée ecclésiastique, qui, avec l'habitude que nous savons d y introduire des représentants de l'élément laïque et d'y discuter des questions profanes, a fait époque jusque dans la vie politique du pays.

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