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L'AUTONOMIE ADMINISTRATIVE

admis le principe d'une certaine participation des justiciables à l'exercice de la justice par l'organe de leurs représentants élus, starostes, centeniers, prud'hommes. La résistance de quelques traditions locales encore vivaces le voulait ainsi. Le rôle de ces assesseurs était borné toutefois à un droit de contrôle et demeurait facultatif. Débris d'anciennes institutions détruites, il se trouvait également limité dans son action et dans son application. On n'avait pas partout des starostes, des centeniers et des prud'hommes et on ne se souciait pas partout d'en avoir. Le nouveau code annonça l'intention de généraliser le principe et d'en rendre Ta misé ërrâctiôn^ôhlT-^ gâtoire. Les assesseurs élus et assermentés devaient être éta- y' fclis dans tous les bailliages. Plus encore. Pendant la minorité d'Ivan, au milieu du désordre où l'incohérence du gouvernement central précipitait les provinces, à côté des magistrats officiels oublieux de leurs devoirs essentiels, d'autres autorités judiciaires avaient surgi par la force des choses. Il fallait bien que quelqu'un se chargeât d'arrêter, de juger et de punir les brigands et les malfaiteurs de toute espèce qui pullulaient. Sur divers points du territoire, des communesl/' rurales et des communes urbaines avaient donc sollicité et obtenu, par voie de chartes spéciales, la licence de pourvoir à cette nécessité par l'organe de mandataires spéciaux de leur choix. Ces magistrats de nouveau type s'appelèrent com-v/^ munément gouhnyié starosty. La çjouha était, dans certaines contrées, le nom générique de l'arrondissement. On divisait en gouhy les districts de Pskov et de Novotorjok. Mais ces circonscriptions n'avaient originairement rien de commun avec la juridiction criminelle. Le fait étant acquis, le code de 15501/ voulut lui donner une consécration officielle. D'un trait de [x plume, il mit toute cette partie de la juridiction à la charge des communes. Et ce n'était qu'un premier pas. La guerre entraînant bientôt une mobilisation générale des « hommes de service » , il allait paraître expédient de faire appel aux nouvelles magistratures pour tous les services administratifs laissés en souffrance par les ^/oiyV/^îe absents, maintenus sous

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les armes. Par une série de cliartes, multipliées depuis 1555, Forgranisation financière elle-même, avec la répartition et la perception des impôts, devait se trouver rattachée au même système.

C'était ni plus ni moins que la mise en action du programme d'Ivachka Peresviétov, la suppression du kormlénie par la base, par l'élimination des kormlenchtchiki. A un moment, et dès 1552, Ivan ne cacha pas son dessein de réorg^aniser l'administration en dehors de ces fonctionnaires, qui auraient perdu de cette manière, sinon tous leurs titres, car ils restaient soldats, du moins les plus essentiels de leurs droits à la possession de la terre. Et, trait remarquable, les intéressés ne protestaient pas, ne laissaient entendre aucune plainte. De cette possession privilégiée du sol, ils auraient volontiers fait le sacrifice, pour obtenir une compensation pécuniaire, même médiocre, mais plus assurée que le revenu ^ àe leurs domaines en ruine ! Seulement, ainsi amenée au point où elle paraissait à la veille de réaliser l'autonomie complète des communes en même temps qu'une modification profonde dans la constitution sociale, économique et politique du pays, la réforme devait tourner court. Comme cela

tx était à prévoir, les hommes firent défaut aux idées. Offert à des populations insuffisamment préparées aux devoirs qu'elles avaient à assumer, le bienfait de l'autonomie dépassait en beaucoup d'endroits leurs aptitudes à s'en prévaloir. Le droit

t/de juridiction comportait de lourdes responsabilités. L'espacement des habitations créait à l'org^anisation des g^roupements communaux un obstacle parfois infranchissable en maintenant, au milieu d'éléments d'ailleurs naturellement disposés à toutes les formes de sociabilité, une cause de dis-

1/ sociation agissant en sens contraire. Enfin, ce bienfait, dont on ne savait déjà pas comment user et dont on redoutait les chargées, l'État ne 1 accordait pas g^ratuitement. Il s'ag^issait d'un privilégie, et dans ce pays, comme ailleurs, la tradition voulait que tout privilège fût payé. Les chartes constitutives d autonomie furent donc un objet de rachat, c'est-à-dire que

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