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LA RÉFORME RELIGIEUSE

Cette assemblée porte dans l'histoire le nom de Stoglavnyï- \^ sohor, ou concile aux cent chapitres, qu'elle doit à la division arbitrairement imposée au procès-verbal de ses délibérations. On voudra bien se rappeler, à ce propos, les cent et un griefs de la Diète de Worms. C'était l'esprit du temps. Comme à l'ordinaire, le concile réunissait le Métropolite, les archevêques de Novgorod et de Rostov, un grand nombre d'évéques, d'archimandrites et d'ihoumênes. L'élément ^laïque y était représenté par les hauts dignitaires de la cour et la boïarskaïa douma au grand complet. Ivan ne manqua

pas d V discourir. Acte de contrition, appel aux prières et aux conseils de tous les assistants, il multiplia les effets de rhétorique. C'était toujours affaire de mise en scène. Le nouveau code fut ensuite examiné et approuvé. Ce n'était qu'une question de forme. Au sujet de cette œuvre législative ie débat avait été vidé antérieurement entre le souverain et ses conseillers laïques, qu'il intéressait seuls. De l'assemblée composite maintenant réunie et représentant la plus haute autorité morale du pays, Ivan attendait seulement une consécration des réformes accomplies ou annoncées. Ce fut le procédé habituel et le trait constant du parlementarisme local dans ses avatars successifs. Accessoirement toutefois, le souverain jug^ea à propos de réclamer la collaboration du concile à certains projets de loi nouveaux, pour lesquels il sollicitait non plus son adhésion, mais ses lumières : suppression du viiéstnitchesivo en temps de campag^ne; revision des domaines octroyés par la couronne, de façon à proportionner les allocations aux services effectifs et réciproquement; moven de fixer l'assiette des impôts en remédiant à l'instabilité des populations imposées; suppression des cabarets; attribution d'un domaine aux veuves des boïars et aux orphelines de même rang; établissement d'un cadastre général...

Pas plus que de la clarté, il ne faut demander de la méthode aux législateurs de cette époque. Ils procédaient par énigmes et par à-coups. L'assemblée fit quelque effort pour remplir la tâche qu'on lui imposait. Le remède à l'instabilité des populations n'était pas facile à trouver et elle n'en indiqua aucun. Inspiré par des influences religieuses, le projet de supprimer les cabarets allait contre les intérêts du fisc ; il resta à létat <le vœu. Mais on décida qu'en temps de guerre les places ne compteraient pas; le cadastre et la revision des domaines furent entrepris; enfin, pour les veuves et les orphelines, on adopta un système d'allocations viagères, que les intéressées •devaient abandonner en se mariant ou en prenant le voile. Tout cela n'était cependant qu'un hors-d'œuvre, si bien que les « cent chapitres » du concile ne portent aucune trace du

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