A CHARLES EDMOND
48, rue de Douai.
Vendredi, 22 novembre 1872.
Cher Monsieur,
Je plonge immédiatement in médias res et vous demande à brùle-pourpoint si vous connaissez Nubar-Pacha et s'il est vrai qu'il est à la recherche d'une institutrice à emmener en Egypte. Le cas échéant, je pourrais vous recommander une compatriote a moi, jeune, bien élevée, distinguée, parlant parfaitement trois langues.
Je serais allé vous voir moi-même, n'était un abominable accès de goutte qui me tient depuis des mois et m'empêche de quitter ma chambre.
Si vous désirez des renseignements plus détaillés sur la personne en question, faites-le moi savoir, et je me mettrai à votre disposition.
J'espère que vous allez bien et que vous n'avez pas la goutte, maladie des plus insupportables et des moins intéressantes. En attendant, je vous serre cordialement la main et vous prie de croire à mes sentiments affectueux.
Iv. TOURGUÉNEFF.
174 IVAN TOURGtJÉNEFF
48, rue de Douai.
Samedi, 30 novembre 1872.
Cher Monsieur Charles Edmond,
Hetzel, qui veut publier mes machines, me demande, vous savez, ce petit récit qui a paru dans le Temps. Je ne Tai pas; j'ai écrit à Ilébrard en le priant de me l'envoyer; mais il a d'autres chats h fouetter par le temps qui court — et je n'ai rien reçu. Seriez-vous assez bon pour venir à mon aide ? S'il le fallait, je ferais copier ces trois feuilletons, mais encore faudrait-il avoir l'imprimé. (Cela a paru dans le commencement de cette année ^ .)
Je vous demande mille pardons de vous ennuyer, mais vous seriez très gentil de me rendre ce petit service.
En attendant, je vous serre cordialement la main.
Votre tout dévoué
Iv. TOURGUÉNEFF.
1. Impossible de dire de quel récit il est question. Aucune œuvre de Tourguénefl' n'a paru dans le Temps de 1871 ni de 1872. Ou bien cette lettre est mal datée, ou bien il y a confusion et il s'agit peut-être du récit de Tourguéneff : Le roi Lear de la steppe, publié dans là Revue des Deux Mondes du 15 mars 1872. Jilnfin, si la lettre est de novembre I87'i, comme tout porte à le croire, il doit y être question de Reliques vivaiites, publiées dans le Teinps du 8 avril 1874.
d'après sa cobrespoxdaxce 175
50, rue de Douai.
Jeudi, 15 janvier 1880.
Je vous écris vu la difficulté de recevoir une réponse de M. Hébrard.
Voici de quoi il s'agit : Vous vous rappelez peutêtre une nouvelle russe (intitulée, si je ne me trompe, Souçenirs de la Niania) qui a été remise à la direction du Temps par mon intermédiaire, il y a de cela bientôt trois mois? L'auteur voudrait bien saA oir si cette nouvelle est acceptée ou non.
Je quitte Paris dans cinq ou six jours pour un assez long voyage. Voudrez-vous avoir la complaisance de faire envoyer cette nouvelle h l'auteur si le Temps n'en a pas besoin ; ou, si le Temps l'accepte, de lui faire envoyer les épreuves? L'auteur et moi, nous vous en serons bien reconnaissant.
Voici son adresse : Mme Adélaïde Loukanine, rue Thénard, 6, à la librairie Swedenborgienne.
Recevez l'assurance de mes meilleurs sentiments.
Votre tout dévoué
Iv. TOURGVÉXEFF.