A HIPPOLYTE TAINE
Paris, 50, rue de Douai.
Jeudi matin.
Cher Monsieur Taine,
Je viens faire appel h votre complaisance et vous présenter mes excuses. Voici de quoi il s'agit :
On vient de nous envoyer une loge pour ce soir (/es Misérables), et comme je suis pour le moment le seul homme à la maison qui sorte le soir, c'est à moi de conduire ces dames. Voudriez-vous avoir la bonté de remettre notre entretien à un autre jour? — je vous en laisse absolument le choix, ainsi que de l'heure.
Si je vous cause quelque dérangement, je vous en demande bien pardon.
A bientôt, je l'espère, et recevez l'expression des meilleurs sentiments
De votre tout dévoué
Iv. ToURGUÉNEFF.
50, rue de Douai.
Lundi matin.
Cher Monsieur Taine, J'accepte avec le plus grand plaisir votre propo-
d'après sa correspondance 177
sition ; je viendrai chez vous jeudi à 7 h. et nous causerons.
Je vous serre cordialement la main.
Tout à vous
Iv. TOURGUÉNUFF.
Paris, 50, ruade Douai.
Vendredi, 22 mars 1878.
Cher Monsieur Taine,
Je commence par vous remercier pour la Ré\>olution que je viens de recevoir et que je vais me mettre à lire immédiatement.
Quant à l'autre objet de votre lettre (que j'ai détruite, comme vous le désirez), vous m'avez mis, comme on dit, martel en tèle ! ! Sans être complètement de votre avis, je sens qu'au fond, vous avez raison, que vous n'avez fait qu'évoquer au dehors des idées qui étaient chez moi h l'état latent, et que l'amitié même que nous portons à F.* nous impose des devoirs, peut-être pénibles.
Je voudrais bien pouvoir en causer avec vous à fond avant de prendre une décision. Indiquez-moi le jour et l'heure où je pourrai venir vous voir à partir de mercredi. Je me mets à votre disposition, et peut-être arriverons-nous à quelque résultat.