‹ Ivan Tourguéneff d'après sa correspondance avec ses amis françaisChapitre 38 sur 91 · Flaubert · texte numérisé non relu

Flaubert

En attendant votre réponse, je vous serre cordialement la main.

Votre bien dévoué

Iv. TOURGUÉNEI-F.

Mme Taine croit qu'il s'agit dans cette lettre d'entrevues de Tourguéneff et de Taine, tous deux grands amis de Flaubert, pour rechercher le moyen de lui faire renoncer à son roman de Bouvard et Pécuchet. Taine, comme TourguénelF, voyait dans Mme Bovary le rhef-d œuvre de la littérature de ce siècle, et les difficultés qu'éprouvait Flaubert dans son (tuvre nouvelle lui faisaientcraindre qu'elle ne fût par trop au-dessous de ses ainées.

Paris, 50, rue de Douai.

Vendredi, 9 mars.

Mon cher Monsieur Taine,

Après une rage de dents, suivie de douleurs névralgiques à la tôte qui ont manqué me rendre lou, il m'est survenu une fluxion tellement énorme que je suis devenu absolument inregardable [sic). Je doute que cela puisse se dissiper jusqu'à demain, et je crois devoir vous en avertir. Si je ne suis pas chez vous à l'heure précise, c'est qu'il m'aura été impossible de montrer ma face. Je n'ai pas besoin de vous dire, combien j'en aurai du chagrin.

Je n'ose pas vous dire: à demain, mais je ferai

d'après sa correspondance 179

tout mon possible, et, ea attendant, je vous serre cordialement la main.

Votre tout dévoué

Iv. TOURGUÉXEFF.

50, rue de Douai.

Jeudi, 20 janvier.

Mon cher Taiue (vous me permettez, n'est-ce pas, de supprimer le Monsieur ?), j'ai profité des loisirs forcés que vient de me faire une attaque de goutte pour lire votre livre ^, et je vous prie de recevoir mes plus sincères félicitations. C'est une œuvre de maitre, et où ceux-là même qui l'attaquèrent auront h puiser à pleines mains. Vous avez fait là quelque chose qui restera et qui sera utile, — deux choses qui ne vont pas toujours ensemble.

Si je puis sortir mardi, j'irai vous serrer la main et causer à fond.

En attendant, je vous prie de croire à tous mes meilleurs sentiments.

Iv. TOURGUÉNEFF,

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