Le Nabab
d'après sa cokrespoxdaxce 255
Paris, 50, rue de Douai.
Lundi matin, (26 janvier 1880).
Mon cher ami,
Daudet ne m'a pas encore répondu, mais Concourt m'écrit qu'il accepte. Seulement il craint de ne pouvoir venir, car il est grippé. Comme je tiens beaucoup à l'avoir à ce dîner d'adieu que je donne, je propose de remettre ce dîner jusqu'à \>endredi (la veille de mon départ). Ce sera au café Riche, à 7 h. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je télégraphierai immédiatement à Concourt, et je le ferai savoir à Maupassant et à Daudet. Un mot de réponse.
Je vous serre la main.
Tout à vous,
Iv. TOURGUÉXEFF.
50, rue de Douai, Paris Mercredi, (28 Janvier 1880)
Mon cher ami,
Je viens de recevoir un mot de Daudet qui me supplie de remettre le dîner à Samedi, vu que vendredi c'est la première du Nabab, ce qui par paranthèse vous ferait aussi préférer un autre jour. Va
25G IVAN TOURGUÉNEKF
donc pour Samedi^ puisque vous m'avez dit ([ue tous 1<'S jours vous sont égaux.
J'écrirai aussi iiMaupassant et à Concourt. Espérons que celte fois-ci ce sera délinitil.
Mille amités.
Iv. Tornci ÉxEKF.
Spasskoïé |^^'ille di.' Mlsensk^.
Dimanche, 11/23 mai 1880.
Mon cher Zola,
Je vous remercie d'avoir pensé à moi. Ça a été comme un serrement de main d'ami. J'ai reçu le coup de la façon la plus brutale, ici, il y a trois jours, en lisant un feuilleton du Goloss '. Je n'ai pas besoin de vous parler de mon chagrin : Flaubert a été l'un des hommes que j'ai le plus aimés au monde. Ce n'est pas seulement un grand talent qui s'en va, c'est un être d'élite, et un centre pour nous tous.
J'arrive à Paris dans trois semainesau plus tard. Je vous y verrai, et nous parlerons de la publication de son roman, qu'il n'a pu achever et qui doit paraître". En attendant, je vous serre bien cordialement la main et suis
Votre bien dévoué,
Iv. ToinCl K.NEl F.