Eaux prinlauières
d'après sa correspondance 305
bonté de la vôtre, je me borne avons prévenir de ce fait, en vons laissant toute liberté à cet égard. Je vous considère comme mon traducteur.
En attendant, je vous prie de vouloir bien m'envoyer le commencement de votre travail et d'accepter l'expression de mes meilleurs sentiments'.
Iv. TorRGlÉNEFF.
Paris, 48, rue de Douai, Samedi, 6 avril/25 mars 1872.
Votre lettre du 26 mars a été suivie de près par celle du 20, et hier j'ai reçu le manuscrit que vous m annonciez. M. de Coutouly m'a lait savoir depuis plus dune semaine que, dans les circonstances présentes, il renonçait à sa traduction, ou du moins il ne songeait plus h la publier ; il l'a fait en fort bons termes et en galant homme, en se refusant d'avance h croire à une infériorité de votre version. Ainsi, de ce côté, tout est arrangé, j'ai à peine eu Te temps de jeter un regard sur votre manuscrit,
1. Depuis l'apparition, en 1897, de cetto lettre et des suivantes dans la Ttixue Cosmopolis, M. C. de Coutouly, rédacteur au Temps en 1882, aujourd'hui ministre plénipotentiaire de France, m'a écrit pour confirmer ces renseignements sur la raison qui lui fit renoncer à la publication de sa traduction des Eaux pi'intanières ■. u Mais, dit-il, il me sera permis d'ajouter que TonrguénefT voulut bien m'oiTrir ensuite de traduire sa nouvelle intitulée : i'ne infortunée, ce que j'acceptai : co roman parut en feuilleton dans le Temps, puis en librairie, sous le titre de l'Abandonnée, sans le nom du traducteur. "
C'est encore un point fixé au sujet de la traduction des œuvres de Tourguénefif.
30G IVAN TOURGUÉNEIF
mais j'en ai lu assez pour voir que M. de Coutouly avait raison.
J'espère avoir tout le manuscrit clans mes mains avant de quitter Paris — et je compte aussi vous trouver à Pétersbourg et y faire votre connaissance. J'ai l'intention de faire un petit changement dans la fin de VescJmia Vody : de l'adoucir un peu en introduisant une nouvelle scène. Ce ne sera pas long et nous arrangerons cela facilement en une heure de temps '.
Mon arrivée à Pétersbourg aura lieu (nuint la fin d'avril vieux style, et mon retour i» Paris, au mois de juin. J'espère que ces dates ne dérangent pas vos calculs.
Je vous écrirai encore dès que j'aurai reçu la fin de votre traduction, et j irai vous voir dès le lendemain de mon arrivée à Pétersbourg. l*]n attendant je vous prie d'accepter l'assurance de mes meilleurs sentiments.
Iv. ToURGUÉ.XEFK.
Saint-Valerv-sur-Somme,
Maison Ruhaut, Dimanche, 21 juillet 1872.
INIonsieur
Je suis arrivé à Paris le 8 de ce mois et j'y suis resté une semaine; malheureusement le concierge