‹ Ivan Tourguéneff d'après sa correspondance avec ses amis françaisChapitre 8 sur 91 · Lii iii.jil (lu (ili'brc pi-iiilre .\irv Schi'QVr · texte numérisé non relu

Lii iii.jil (lu (ili'brc pi-iiilre .\irv Schi'QVr

d'après sa correspondance 29

mes pressentiments; je m'efForçais de me persuader à moi-même que tout pouvait encore bien finir, — et voilà qu'il n'est plus! Je le regrette beaucoup pour lui-même; je regrette tout ce qu'il a emporté avec lui ; je ressens profondément la cruelle douleui- que cette perte vous a causée, et le vide que vous ne remplirez que bien difficilement. Il vous aimait bien ! Viardot et Louise' doivent être bien tristes aussi tous les deux. Quand la mort frappe dans nos rangs, les amis qui restent doivent se resserrerencore plus étroitement; ce n'est pas une consolation que je vous ofl're, c'est une main amie que je vous tends, c'est un cœur bien dévoué qui vous dit de compter sur lui comme sur celui qui vient de cesser de battre.

Je ne peux m'empêcher de penser à la dernière fois que j'ai vu Scheffer; il avait si bon air que l'idée d'une dernière entrevue ne pouvait pas même se présenter à mon esprit. Il était en train de peindre un Christ avec la Samaritaine ; je m'assis derrière lui et nous causâmes longuement. Je lui racontai mon voyage en Italie (c'était dans les premiers jours du mois de mai). Jamais je ne l'ai vu plus affable et de meilleure humeur. Quel coup terrible pour sa fille !

Je suis trop sous l'impression de cette funèbre nouvelle pour vous parler beaucoup de moi. Je vous dirai en deux mots que j'ai passé trois jour-

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