Grain par grain, la poule arrive à se rassasier
Spasskoïé, (Gouvr*^ d'Orel, ville de Misensk).
Dimanche 20 juin 2 juillet 1876.
Cher monsieur Durand,
Spasskoïé est le nom du village au fin fond de la Russie où je me trouve depuis quinze jours et où l'on m'a envoyé votre lettre adressée ii liougival. Les nouvelles que vous me donnez me font le plus grand plaisir, et je suis enchanté de voir qu'après tant d'essais infructueux, vous voilà enfin sur le o-rand chemin. Faites mes meilleurs amitiés à
Mme Durand. Je ne doute pas ([u'on apprécie son talent, d'autant plus qu'on l'aura plus longtemps tenu à l'ombre.
Je ne reçois pas ici la Reçue des Deux-Mondes ; mais je savais déjii ([ue l'article sur Chevtchenko ' avait paru. Je travaille avec acharneuient et j'espère bien emporter d'ici un roman achevé. Je ne quitterai la campagne que dans une quinzaine de jours et je compte être de retour à Paris vers le !<"■ du mois d'août.
La mort de Mme Sand m'a profondément affligé ; elle restera comme une des grandes figures de la littérature moderne. Elle voulait bien avoir de l'affection pour moi ; quant à moi, je puis dire que