Avec mes vœux de bonne année (russe
2. Invitation à la matinée littéraire et musicale annuelle donnée chez M. et .Mme Viaidnl au bénéfice des étudiants russes. Tourguéneff y lisait toujours une de ses nouvelles.
•"î. Jlot intraduisible, caractérisant le peuple russe et pouvant se rendre par ; .\d\icnne f|ne pourra ! Cela réussira peut-être !
50, rue de Douai, Paris, Jeudi, 22 mars, (1877.)
jNIon cher monsieur Durand,
Mon ami M. ^'iardot, auquel je donne à lire les épreuves de Terres Vierges, a proposé d'ajouter à l'endroit où l'on parle du mariage de ^Marianne avec Solominc, la note suivante :
« Si le roman de M. I. T. n'avait pas été écrit et « même publié avant le procès politique qui se « déroule en ce moment devant le Sénat à Saint- « Pétersbourg, on pourrait croire qu'il en a été le « copiste : il en était le prophète. On retrouve en (( eflet, dans ce procès, les mêmes illusions géné- (( reuses et les mêmes complètes déceptions ; on y « retrouve jusqu'à des mariages impromptus et « même des mariaoes fictifs. Le roman des Terres « Vierges es\ devenu subitement de l'histoire. (Note « du traducteur '.)
M. Yiardot a cru qu'on ferait bien d'ajouter cette note pour parer à un certain ahurissement du lecteur ; mais comme cette note est faite en votre nom, j'ai cru devoir vous l'envoyer. J'espère que vous n'y trouverez rien h redire ; cependant si vous y voyez
1. Celte note a paru telle qu'elle au bas du feuilleton en cours de publication dans le Temps, mais n'a pas été réproduite dans l'édition Hetzel.
318 IVAN TOURGUÉXEFF
le moindre inconvénient, faites-le moi savoir aujourd'hui même et j'y aviserai.
Je compte bien avoir le plaisir de vous voir avant votre départ pour la Russie, et en attendant je vous serre cordialement la main et suis Votre tout dévoué
Iv. ToCnGUÉNEFF,
P. S. — J'ai à remercier Mme Durand de l'envoi de son livre : .1 travers cliamps, que je me ferai un vrai plaisir de lire ; mais dans la trop ilatteuse dédicace qu'elle y a inscrite, il est un mot qui n est plus de mise : on n'est plus disciple quand on est, comme elle, passé maître.
50, rue de Douai, Paris Dimanche, 4 h. 1/2 (1878).
Mon cher monsieur Durand,
Je vous apporte, comme on dit en russe : ma tête coupable ; j'espère que vous ne la frapperez pas. Il s'y produit depuis quelque temps une telle confusion que je finirai par oublier mon propre nom. Voici ma prière : ne venez pas demain, mais bien mardi, à 5 heures. J'aurai été daps la matinée chez Mme Adam et votre affaire sera arrangée. Cette fois-ci pour sûr.
d'après sa correspondance 319
En attendant, recevez mes excuses et croyez-moi Votre bien dévoué,
Iv. TOURGUÉXEFF.
50, rue de Douai, Paris.
Mercredi matin (1878).
Cher monsieur Durand,
Je ne me rappelle plus bien si c'est aujourd'hui ou demain que je devais venir vous voir ; ce sera demain vers 3 heures que je viendrai, si cela vous convient. En attendant je vous envoie un billet d'entrée pour notre exposition, en vous recommandant surtout les petits tableaux tout à fait remarquables de Pokitonof ' ,
Mille amitiés et à demain.
Iv. TOURGUÉNEFF.
Bougival, Seine-et-Oise.
Dimanche, 10 août 1879.
Cher monsieur Durand,
Je commence par vous demander pardon de répondre si tard à votre lettre, mais il n'y a pas de ma faute ; par une méprise inconcevable je ne l'ai
1. Exposition des artistes russes faite dans le salon du Cercle artistique russe de Paris.
320 IVAN TOURGLÉNEFF
reçue (juhier. .le me hâte de vous faire savoir que j'accepte votre proposition avec euipressement, et que je vous renverrai le manuscrit des Cosaques aussitôt après l'avoir parcouru et fait les corrections nécessaires, s'il y a lieu d'en faire. J'y ajouterai aussi une petite préface biographique. Vous pouvez compter sur mon exactitude.
Je reste ici jusqu'il la fin de septembre, d'où j'irai faire un voyage d'une quinzaine de jours en Angleterre.
Mes meilleures amitiés ii INIme Gréville, et un cordial sItakciKtnd à vous do votre tout dévoué.
Iv. TOURGVKNEFF.
[M. Durand-Gréville, dans ses notes qu'il m'a obligeamment communiquées, dit qu'en 1874 il avait écrit à Tolstoï pour lui demander lautorisation de traduire les Cosaques sous la direction de TourguénefT, mais (pi'il n'obtint pas de réponse. Plus tard, eu 1879, un de ses amis de Saint-Pétersbouru' lui adressa une traduction des Cosaques, « mais dans un français un peu exotique ». II l'a proposé ii l'éditeur Pion en lui promettant d obtenir une préface de Tourguénell".
En etfet, nous lisons à propos de ce roman dans une lettre de Tourguéneffà Tolstoï du 9 janvier 1879 :
« 11 se irouve ici un éditeur qui désirerait publier en volume la traduclion parue dans le Journal de Saint- Pétersbourg. Mais comme il sait que cette traduction est failde, il voudrait que Técrivain français Durand (qui
d'après sa correspondance 321
possède parfaitement la langue russe) et moi, nous révisions soigneusement cette traduction, ce que nous ferons volontiers (j'écrirai une petite préface). Cet éditeur demande aussi votre autorisation, qui serait par exemple formulée ainsi : « Je soussigné déclare, tant en mon nom « qu'au nom de la personne qui a traduit et publié dans « le Journal de Saint-Pétersbourg ma nouvelle Les Co- « saques, que je donne à MM. Iv. Tourguéneff el Emile (( Durand 1 autorisation de publier cette nouvelle en « France, après avoir introduit dans le texte de la tra- C duction les corrections nécessaires. »
« J'espère, ajoute Tourguéneff plus loin, que vous n y verrez aucun inconvénient, et je puis vous assurer que nous ferons tous deux de notre mieux pour présenter au public français Les Cosaques dans la forme dont ils sont dignes, et mieux en tout cas que ne la fait le traducteur américain. »
Cette traduction, revisée par Tourgaéneff et Duraiid-Gréville, devait paraître chez Pion, mais à l'essai, M. Durand, ayant trouvé le travail de revision plus long qu'une traduction nouvelle, se découragea, et M. Pion ne donna pas suite h ce projet.
On sait que, quelques années plus tard, parut chez Hachette une autre traduction de cette œuvre.
50, rue de Douai, Paris, Mercredi, 28 décembre 1881.
Mon cher monsieur Durand, Voici la petite étude, qui fait suite aux Vieux
322 IVAX TOURGUÉNEFF
Porlniils et que j'ai promise à la Réunie politique et liltcrdirc. Voudriez-vous vous charger de la tra- ■ duire comme l'autre?' Il y a quelques passages difliciles, mais je serai toujours à vos ordres. La Revue voudrait insérer cette étude dans le n" du 14 ou du 21 janvier. Le 14 me paraît impossible. Mille amitiés (et félicitations de nouvelle année) à Mme D.-G. et h vous.
Iv. TouncuÉxEFF.
Bougival (Seine-et-Oise), Les Frênes.
Jeudi, 12 août 1882.
Mon cher monsieur Durand,
Je vous envoie par la poste d'aujourd'hui un petit volume intitulé: Razskazi V. Grirc/iina'-.
M. Eug. Yung m'a chargé de vous prier de traduire un de ces petits récits. [Nolch ■', p. 100) pour la Revue politique et littéraire. Garchine est de tous les jeunes écrivains russes celui dont le talent fait naître le plus d'espérances. Si vous jugez nécessaire de me montrer la traduction avant de la remettre à M. Yung, je me mets entièrement h votre disposition''.
1. Un Désespéré, nouvelle que Tourguéneff avait écrite au temps des [{écils d'un Chasseur et laissé dormir, parce que le modèle vivait encore.