‹ Ivan Tourguéneff d'après sa correspondance avec ses amis françaisChapitre 85 sur 91 · AU PRINCE A. GALITZIN · texte numérisé non relu

AU PRINCE A. GALITZIN

Bade, Schillerstrasse, 7.

Lundi, 7 juillet 1867.

Monsieur,

La demande que vous voulez bien me faire est très flatteuse pour moi, et je serais enchanté de me voir imprimé dans votre estimable revue '. Pourtant je vous demanderai un délai de deux ou trois jours avant de vous donner une réponse définitive. Mon ami ]NL Mérimée a eu un instant l'idée de traduire mon roman- et m'en a parlé; je crois qu'il a abandonné ce projet ; mais je ne voudrais pourtant pas donner le consentement que vous désirez, avant desavoir au juste ses intentions. Je lui écris aujourd'hui même et vous communiquerai sa réponse le jour même où je l'aurai reçue.

Agréez, Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus distingués.

Iv.. T0UR(;UÉNEFF.

Bade, Schillerstrasse, 7.

Vendredi, 9 juillet 1807.

Monsieur,

Je viens de recevoir une lettre de M. P. Mérimée.

1 Le CorrespoiiJanl de Paris. 2. Fumée.

d'après sa correspondance 325

Ses occupations ne lui permettent pas de traduire mon roman, mais il veut bien me proposer d'en relire les épreuves. Vous comprendrez aisément. Monsieur, qu'on profite d'une pareille bonne fortane, et si vous persévérez dans votre projet, je vous prierais de faire parvenir à M. Mérimée les épreuves que j'aurais corrigées — ici à Bade — avant de les imprimer. Il va sans dire que j'accepte d'avance toutes ses corrections. M. Mérimée reste à Paris tout le mois de juillet, et sa complaisance m'est assez connue pour que je puisse vous assurer que la publication n'en souffrira aucun retard. 11 demeure rue de Lille, 52.

Vous serez bien aimable, Monsieur, de me faire savoir votre résolution, et je vous prie, en attendant, d'accepter l'expression de mes sentiments les plus distingués.

Iv. TOURGUÉNEFF.

Bade, Schillerstrasse, 7.

Ce 10 juillet 1867.

Monsieur,

.l'attendais pour répondre à votre lettre du 5 que vous m'eussiez fait connaître votre décision à l'endroit des propositions que je vous avais faites, et je vous prie de me faire savoir si elles vous conviennent.

Je n'ai jamais touché de droits d'auteur en France ;

326 IVAN TOLRGUÉNEFF

l'honneur d'y être lu me suffit. Je me permettrais tout au plus de demander un abonnement au Correspondant de cette année et une dizaine d'exemplaires du « tiré à part ». Je conviens que le titre de /^///née est impossible en français; mais celui que vous proposez: La Société russe contemporaine, conviendrait plutôt à un article de revue qu'à une œuvre d'imagination. Que diriez-vous iV Incertitude'^ ou bien encore Entre le Passé et IW^'cnir? ou Sans Riifage-'ou peut-être Z)ans le Broui/lard?^[.^léri' mée, si vous vous mettez en rapport avec lui, pourrait peut-être trouver quelque chose de graphique.

En attendant yotre réponse, Monsieur, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments les plus distingués.

Iv. TOURGUÉXEFF.

Bade, Schillerslrasse, 7 .

Samedi, 7 août 1867.

Je vous demande pardon, cher Monsieur, d'avoir tardé jus([u'à ce jour à vous répondre. J'ai reçu le n° du Correspondant, et cette i'ois-ci la traduction ne laisse plus rien à désirer. Je vous promets de ne pas retenir un jour dé plus qu'il ne faut les épreuves que vous allez sans doute m'envoyer bientôt.

Vous seriez bien aimable de m'envover en même

d'après sa correspondance 327

temps un exemplaire rectifié du premier fragment, de celui qui a paru dans le n" du 21 juillet.

Acceptez, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.

Iv. TOURGUÉNEFF.

Bade,Schillerstrasse, 7.

Mercredi, 14 août 1867.

Monsieur,

Mon domestique ayant oublié de me remettre la continuation des épreuves de Dym ' je i^e les ai ([ue depuis ce matin; mais je travaille aux corrections et je les enverrai demain au plus tard à l'imprimerie Raçon. .f 'espère que ce retard involontaire n'a rien de grave. Vous serez bien bon de n'envoyer à M. Mérimée les épreuves qu'après les avoir fait corriger, cela lui évitera un double emploi. Je me suis permis de rétablir quelques phrases, que l'éditeur de la Revue Russe- avait cru devoir supprimer, pour ne pas trop faire crier. Mais maintenant la chose est faite et on ne saurait crier davantage. Après tout, je crois encore être meilleur patriote que ceux qui me reprochent de manquer damour pour la patrie.

Je vous prie, Monsieur, d'agréer l'expression de mes sentiments les plus distingués.

Iv. ToURGUÉNEFF.

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