‹ Ivan Tourguéneff d'après sa correspondance avec ses amis françaisChapitre 86 sur 91 · Michel Katkofif · texte numérisé non relu

Michel Katkofif

328 IVAN TOURGTIÉNEFF

P. -S. — Je voudrais surtout que vous adoptassiez la manière dont j'ai traduit le passage dillicile en russe à la page 4G de l'origiTial, dernière ligue qui commence ainsi : Toiipoié Nedoouniénic, etc.

Bade, Schillorstrasse, 7.

Samedi, ce 17 août 1867.

Monsieur,

J'envoie aujourd'hui même le dernier placard de Fumée (que j'ai reçu hier) à limprimerie, avec toutes les corrections, et je me hâte de vous prévenir que j'ai réintégré dans le texte la biographie du général Ratmiroff, que mon éditeur (1) avait cru devoir raccourcir et affaiblir dans le texte original. Je crois que vous ne trouverez pas mauvais que je l'aie fait.

Mille compliments.

Iv. ToiR(;rÉNEi F.

Bade, SchiUerslrassc, 7.

Ce 11 septembre 1867,

Monsieur,

Je renvoie dès demain le premier placard des épreuves de Fumée ; les autres suivront dès après-

1. Michel Katkoff, le directeur de la Revue Russe, où paraissait l'original.

d'après sa correspondance 329

demain. Vous n'ignorez pas qu'il y a une lacune s'étendant sur deux chapitres (le 16™^ et le 17""^); c'est là que se trouvent les passages les plus dilficiles. Je voudrais pourtant revoir ces deux chapitres avant l'impression, c'est même ahsolument nécessaire, et je vous promets que je tiendrai compte de vos scrupules.

Je regrette. Monsieur, que vous n'attendiez pas le retour de mes épreuves pour les soumettre à M. Mérimée : cela fait double emploi et double travail. Le nombre des passages que j'ai dû corriger est très grand, et je vois, d'après les lettres de M. Mérimée, qu'il se débat souvent contre des difficultés qui ne proviennent que d'une interprétation inexacte. Je crois qu'il vaudrait infiniment mieux ne lui soumettre qu'un texte rectifié.

Je me suis permis de faire quelques légères additions, comme pour le second fragment. J'espère Monsieur, que mes corrections seront acceptées et j'attends avec impatience les deux chapitres suspendus.

Je vous prie d'accepter l'expression de mes sentiments distingués.

Iv. TOURGLÉNEFF.

Bade, Schillerstrasse, 7 .

Ce 15 septembre 1867.

Mon prince,

Nous voici au 15, et je n'ai pas encore reçu les deux chapitres retenus ; veuillez bien donner vos ordres pour qu'ils me soient transmis le plus vite possible.

J'ai traduit « Samorodok » par « Diamant brut », le terme ironique rend assez bien l'idée, et ce n'est pas de Jidhlerie que Poutoughine accuse ses compatriotes, mais bien de cette horreur du travail, de cette confiance dans les dons de la nature qui caractérisent les « Samorodok « russes. J'espère que vous adopterez cette version.

llecevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

Iv. TOURGUÉXEFF.

P. -S. — Les épreuves viennent d'arricer; ']e les lirai avec soin et je les renverrai immédiatement. Je réitère ma prière de ne pas les soumettre à M. Mérimée a^'ant mes corrections.

d'après sa correspondance 331

Bade,Schillerstrasse, 7.

Samedi, 19 octobre 1867.

Monsieur,

J'ai reçu les trois premières feuilles de Fumée, mais je ne sais pas si vous êtes décidé â continuer la publication de votre traduction dans le Correspondant, malgré les obstacles qui paraissent surgir. Je me permets seulement de vous rappeler que je n'ai pas eu toutes les épreuves : les placards de la fin ne m'ont pas été envoyés, et que si la publication doit continuer ou s'achever dans le n** du 25 octobre, je vous serais bien obligé de ne rien faire paraître que je n'eusse parcouru.

Agréez, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.

Iv. TOURGUÉXEFF.

Bade, Schillerstrasse, 7.

Ce 14 novembre 1867.

Monsieur,

Je viens d'envoyer les deux derniers placards de Fumée à l'imprimerie S. Raçon. — Une absence de plusieurs jours a été cause que je n'ai pu le faire plus tôt. Il y a des corrections importantes, que j'ose recommander à votre attention. Je ne sais

332 IVAN TOURCLÉNEFF

si M. Mérimée est encore à Paris; s'il ne l'a pas quitté, j'espère qu'il portera sa complaisance jusqu'au bout.

J'ai reçu les feuilles impiimées ipp. !-!)(), de Fumée et je vous en remercie.

Je vous remercie aussi de votre proposition de m'envoyer les Troustcliohy^ . Je possède ce roman, auquel je reproche de trop copier les Mystères de

Acceptez, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.

Iv. Toi H(;ri';xEFF.

Bade, Schillerstrasse, 7.

Ce 28 novembre 1867,

Monsieur,

Je vous serais bien reconnaissant, si vous vouliez bien donner l'ordre à l'imprimerie du Co/rcspondant de m'envoyer les quelques exemplaires de l'impression séparée de Guinée qui m'ont été promis. Je n'en ai reçu qu'un qui renferme les 4 premières feuilles.

Je vous remercie beaucoup de la bienveillance avec laquelle vous avez admis mes corrections. Quant il la publication que Iletzel a l'intention de faire, votre désir sera rempli.

1. Le vrai litre de ce roman est Les Bouges de Péle''sbourg dont l'auteur est Krestovsky. Tourguénefl le rite par un seul mot russe, celui de Bouges.

d'après sa correspondance 333

J'espère avoir le plaisir de vous voir à Paris, et en attendant je vous prie de recevoir l'expression de mes sentiments distingués.

Iv. TOURGUÉNEFF.

Bade, Schillerstrasse, 7.

Ce 3 décembre 1867.

Monsieur,

Je viens de recevoir les feuilles qui manquaient à l'exemplaire séparé de Fiunée, et tout en vous remerciant de l'obligeance avec laquelle vous avez rempli ma demande, je me permettrai de vous en ■faire une autre : Ayez la bonté de l'aire parvenir un exemplaire à J. Iletzel (rue Jacob, 18) et de m'en envover deux autres. Cela ferait en tout quatre exemplaires que je voudrais retenir pour moi.

Je vous serais bien reconnaissant, Monsieur, de ce petit service, et vous prie de recevair l'expression de mes sentiments distingués.

Iv. TOLRGUÉXEFF.

Bade, Thiergartenstrasse. 3.

Ce 24 avril 1868.

Une absence de quelques jours m'a empêché de vous répondre immédiatement et je m'empresse

de le faire tout en vous priant de recevoir mes excuses.

Si je ne vous ai pas envoyc'- le Bn'gaclir\ c'est qu'au dernier moment de mon séjour à Paris, on m'a demandé de le traduire pour le mettre dans le feuilleton d'un journal ; je l'ai promis, et n'ayant qu'un seul exemplaire à ma disposition, je n'ai pu remplir ma promesse envers vous ; mais je voUs l'enverrai dès qu'il sera disponible.

J'écrirai aujourd'hui même à Hetzel, et je lui parlerai du roman du comte A. Tolstoï- , comme il convient de parler de cette a-uvre consciencieuse et remarquable. Je serais très heureux que votre idée se réalisât, mais il faut avouer qu'en général les éditeurs ne doivent pas mettre beaucoup d'ardeur à la publication d'œuvrcs étrangères ; aucune d'elle n'a encore dépassé Za seconde édition et ceci ^ ' e est un cas exceptionnel, tandis que Monsieur, Madame et Bébé en est à la quarantième. Du reste Hetzel n'est pas un éditeur comme les autres.

Agréez, mon prince, l'expression de mes meilleurs sentiments.

Iv. ToURGUÉNEFF.

p. s. — Je vous enverrai les vingt pages du /?r;gadir détachées, par la poste ; vous aurez la bonté de me les renvoyer plus tard.

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