A LA COMTESSE DE GUBERNATIS
Sain t-Valery-sur- Somme, Maison Riihaut.
Ce 12 septembre 1872.
Madame,
Je viens bien tard vous remercier pour les deux numéros de la Rivista Europti que vous avez eu la bonté de menvoyer, qui contenaient les premiers chapitres des Eaux printanières ; mais ces deux numéros ne me sont parvenus que tout récemment.
Autant que je puis en juger, votre traduction est excellente, et ce ne sera pas votre faute si ma nouvelle ne reçoit pas un accueil bienveillant du public italien.
J'ai parcouru les autres articles contenus dans les deux numéros, et j'ai pu me convaincre que la Rivista est une publication très distinguée où je me trouve honoré de prendre place, sous les auspices d'interprète tel que vous.
Agréez, Madame, l'expression de ma parfaite considération.
Votre tout dévoué,
Iv. TOURGUÉNEFF.
p. s. — Mon adresse permanente est : Paris, 48, rue de Douai.
d'apuès sa correspondance 337
TI
Paris, 48, rue de Douai.
Ce 18 mars 1873.
^ladame,
.Je viens de recevoir les deux exemplaires de votre excellente traduction des Veschnia Vodij * , que vous avez eu la bonté de m'envoyer et je vous en remercie cordialement.
En réponse à la question que vous voulez bien ma poser, je crois que la figure de Liza dans le Di>orianskoïé Gnezdo^ serait de nature à donner
au public italien une idée plus avantageuse de la femme russe que la M. N. ^ des Eaux printaniè- /'es. Si le roman auquel je fais allusion ne se trouve pas dans votre bibliothèque, je serais heureux de vous l'offrir, ainsi que le reste de mes ouvrages.
Je ne sais pas quand il me sera donné de visiter de nouveau l'Italie, ce pays qui m'a laissé de si profonds souvenirs et que je n'ai pas encore vu en jouissance de la liberté ; mais si jamais je viens à Florence, j'irai immédiatement frapper à votre porte afin de iaire votre connaissance et celle de M. de Gubernatis, ce savant si distingué et si sympathique.
Je m'empresse de vous envoyer ma photographie,