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chambre de riin de mes jeunes maîtrt s . ou bien à retourner au service de Milovidine, mon ancien protecteur, dont les bontés s'étaient pour toujours ii^ravéos dans mon cœur comme dans ma mvmoire. Le destin en ordonna autrement.
Un joui j j'attendais dans un magasin de mode que l'on eût achevé une toque de velours ponceau pour madame Scotinko , lorsqu'il entra une dame, mai;nifiquement vêtue. Celte dame , tout en se faisant présenter divers cliififons élégans, jeta par hasard un coup-d'œil sur moi ; elle me regarda d'abord avec attention , puis avec intérêt; elle voulut se remettre à l'examen de plusieurs autres marchandises qu'on étalait devant elle, mais cela lui fut impossible ; ses regards se reportaient involontairement sur le petit cosa-
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que. Enfin, n'y pouvant plus tenir, elle fit quelques pas vers moi , de l'air d'une personne qui cède à un sentiment invincible soit d'affection, soit de curiosité, et elle me dit du son de voix le plus doux en me passant deux jolis doigts sur la joue: — A qui appartiens-tu, mon cœur ? — Je l'ignore moi-même, re'pondis-je; en ce moment je me trouve au service de M. Scotinko. — Et qu'est-ce que M. Scotinko? — Un riche gentilhomme qui est venu vivre à Moscou , il y a dix-huit mois, et je me suis mis à son service pendant qu'il était en route. — Ainsi, tu n'es pas son esclave , tu es libre? — Je ne comprends pas ,• j'ignore ce que je suisj j'ai passé les premières années de ma vie , en Russie blanche , dans la maison de M. Gologordovs^ski....
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 ces mois, je fus interrompu par la dame, qui sortit précipitamment du magasin et me donna ordre de la suivjv.
Elle envoya à sa voiture le laquais qui l'attendait dans l'escalier , et reprit avec moi l'entretien. — Gomment te nommet-on? — Ivano. — Ton âge ? — Je l'ignore. — ïu m'as dit avoir passé tes premières années chez un M. Gologordovvski j qui sont donc tes parens? — Je iie sais; je suis orphelin. — Pendant que je parlais la dame rougissait , et ses yeux se remplissaient de larmes. — Ivane !
murmura-t-elle à voix basse, et, après un moment de silence elle ajouta: Mon cher Ivane , n'as-tu pas sur l'épaule gauche quelque signe?.... — Gai , madame, une grande cicatrice. Gomment savezvous cela 7