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du prince Tschvanof et de Plaisirine^ qui y probablement ^ le dénigreraient aux yeux de ma tante , et que celle-ci , crédule comme le sont toutes les femmes, romprait l'amitié qui nous unissait l'un à l'autre. Vorovatine me donnait de l'argent pour le jeu et pour les autres besoins que je m'étais créés j il ne me nommait plus que son petit frère. Je disposais de tout chez lui comme il eût fait luimême j j'y venais quand il me plaisait , j'y faisais ce que je voulais ; ses valets recevaient mes ordres et il semblait qu'ils eussent deux maîtres ; je régalais mes amis à ses dépens , et je regardais tout son avoir comme un bien commun entre nous deux. On concevra sans doute^ après cela , que je me sois imaginé être chéri de Vorovatine uniquement pour
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mes qualités personnelles. C'est précisément cette idée qui m'attachait à lui ; j'étais fier de la préférence qu'il m'accordait. Il ne pouvait y avoir de secret entre nous ; à sa prière, je lui racontai mes aventures , les misères de mon premier âge , la rencontre que je fis de ma tante, et enfin l'heureuse cicatrice par l'examen de laquelle elle se convainquit que j'étais bien réellement son neveu.
Depuis le jour où cet épanchemcnt eut lieu , Vorovatine parut m'ainier encore plus tendrement. Il devait me savoir gré sans doute d'une telle marque de confiance , étant le seul être auquel, depuis la défi3nse de ma tante, je me fusse ouvert sur un objet aussi délicat.
Cependant , un autre grand seigneur s'était mis à fréquenter très assidûment
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là maison de ma tante j je sus qu'il avait occupé une place importante à Si. Pétersbourg, et que, ayant reçu son congé', il s'e'tait retire' à Moscou afin de jouir librement d'une fortune, bien ou mal acquise (je ne sais ), dans le cours de ses longs services. M. Grahitine (i) avait soixante ans bien comptés; il était vcrd et robuste comme on l'est à quarante ; du reste, fier, tranchant en paroles et en actions, et si fantasque dans ses procédés que bien souvent il faisait pleurer ma tante. Il était maître absolu chez nous ; il avait mis ses propres valets dans la maison de ma tante, et défendait qu'on introduisît qui que ce fût sans une permission de lui , hors quelques musiciens
(1) Grahite , piller.
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d'un âge avancé. Grabitine ne daignait ni répondre à la plus simple question , ni même détourner la tête, à moins qu'en lui parlant , on ne le saluât à chaque instant du titre d'Excellence. Plaisirine et l'abbé Prêtatout n'osaient plus se montrer chez nous ; le prince Tschvanof seul fréquentait la maison comme auparavant. Ma tante l'appelait son parrain , son bienfaiteur , et Grabitine , n'osant contrarier le Prince dans ses habitudes de parrain , profitait de cette occasion pour se lier intimement avec lui. Les deux vieillards tuaient le temps quelquefois en dissertant sur la politique; ma tante prenait ce moment pour passer chez sa voisine, une amie, qui était ▼enue occuper l'autre moitié de la maison. Elle trouvait là Séméne-Séméno-