TOME III
l)b AVKiSTURES d'un EX-SOLDAT,
\ alets j elle avait à sa table une foule do serviteurs tous gentilshommes , et quel- ([ues-uns même de sa famille ; mais elle avait l'art de nourrir tout ce peuple de la façon du monde la plus économique.
Les vivres, dans nos contrées,, ne coûtent rien ou presque rienj et tout ce qu'il lallait pour la table, poules , oies, dindons,beurre, œufs, champignons, etc., tout cela eîait fourni par les moujiks , comme une sorte de redevance fondée sur la coutume et appelée danine. Les vins , le sucre , le thé , le café , et toutes lesépices employées en cuisine, n'étaiciit non plus à la charge de Madame ; les juifs étaient obligés de lui donner ces denrées le jour même de la signature des contrats de ferme des cabarets et das cantines. Elle ne s'occupait d'autre chose
AVENTURES d'un EX-SOLDAT. I 3(J
que de recevoir et compter son argent , de vérifier les comptes et de vii>iter ses tonneaux et ses coffres. Elle trouvait un plaisir tout particulier, après ces grandes opérations ,à recevoir même les œufs des villageoises. Elle avait fait faire , tout exprès pour cela, une mesure , une sorte de godet en bois et sans fond, ii travers lequel elle faisait glisser l'œuf dans une cuvette pleine d'eau ^ si l'œuf jouait dans le godet, s'il n'était pas juste à la mesure, la paysanne en donnait un autre à la place.
» Parmi les différentes sortes d'impositions, de branches de revenus de toute nature ( j'en ai oublié quelques unes, et je n'ai point eu connaissance de quelques autres), un impôt inventé par madame elle-même, lui rapportait beaucoup d'ar-