‹ Ivan Wyjighine; ou, Le gilblas russeChapitre 27 sur 39 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

TABX.EAU DU CRAITD MONDE. — REM-

coBrraE d^uite chère ennemie.

Que diriez-vous, lecteur^ si je vous parlais de quatre hommes et de quatre femmes qui se réuniraient chaque jour uniquement pour satisfaire de compagnie leur soif et leur faim, pour s'entretenir des souris qui trottent dans une maison , de la fumée qui s'élève au-dessus d'une autre, pour jouer à la poussette , se regarder faire des grimaces, sauter ensuite sur un pied puis sur l'antre,

pour se désennuyer? Vous diriez que ces gens-là sont fous. Ce jugement est Irop sévère. Considérez attentivement la vie que mènent les hommes dans ce qu'on est convenu d'appeler le grand monde.

Ecoutez ce qui s'y dit , voyez ce qui s'y fait , résumez touLes les paroles et toutes les actions , et vous vous convaincrez que ce résumé répond à peu près à celui que je viens de faire de l'existence des huit individus que vous avez pris pour autant de fous.

Le premier devoir , dans le grand monde , ce sont les visites y et qu'est-ce que les visites? l'obligation imposée à un être doué de raison, d'aller, de venir, de courir , de se tourmenter pour comparaître un instant dans une maison, de n'y rien dire ou de dire quelque sottise TOME m. 20

■j3\ tableau du grand monde.

obligée, de s'incliner, puis de courir dans un second endroit, dans un troisième , dans un quatrième , et jusques dans un dixième quelquefois. Le temps se perd, et sans retour^ rien n'entre dans la tête , le cœur reste vide , le corps est fatigue', et il sort toujours de la poche quelques roubles qui auraient suffi pour nourrir une pauvre lamille. Les visites sont une occupation si grave que l'homme du monde, avant cl' partir le matin pour courir aux quatre coins de la ville , ne peut avoir d'autre affaire que de signer quelques lettres de change et de travailler, durant plusieurs Iieures à ses dents, à ses cheveux et à ses ongles. Aux visites succède une autre affaire importante, \e dîner. Sans doute que le dîner est , à la lettre, une

affaire importante ; car si l'on ne niun i;e pas, nulle apparence de pouvoir vivre , et parconséquent de pouvoir penser.

Mais, dans le graiid monde, on ne fait <[ue penser.... à la question de savoir comment et où l'on dînera. C'est un grand bonheur que de tomîjer sur une table où les coqs-d'Inde , les chapons et les perdrix sont de'vorés par des hommes imporlans, [ ar des hommes qui, nonseulement peuvent eux-mêmes avoir sur leur table des co js-d'lnde , des ch;ipon,s cl des perdrix , mais qui , de plus, sont en situation de procurer à un autre le bonheur d'avoir à son tour perdrix , coqs-d'Iude et chapons. Réfléchissez tant qu'il vous plaira , ce que je dis est la vérité. Que cherchent les hommes ? des places , des rantjs , des taveurj. A quoi

tout cela mène-t-il? à ce résultat, que i'horame favorisé marquera davantage , c'est-à-dire, vivra mieux. Et que signi- Jie vivre mieux ? avoir uu logement plus spacieux et pouvoir nourrir autrui à sa lable. Et de là je déduis la conséquence que les hommes ne se donnent tant de peine et de tourment que pour avoir en leur possession le plus grand nombre possible de perdrix, de chapons et de coqs-d'Inde. Vous m'opposeriez en, vain les Camille, ]e& Ginciniialus et les F;:bricius ; vieux contes ! De tels hommes passeraient aujourd'hui pour fous. Oui, si de nos jours, un généralissime semblable à Gincinnatus se mettait à la charrue, et qu'un autre, comme Bélisaire , allât mendier , la police des lieux où ils se tiouveraieiit les mettrait sous clef après

jugement , pour fait de de'mence et pour de'litcle vagabondage. jNotre siècle est le siècle des dîners , quoiqu'il n'y ait rien de pins ridicule qi^e de voir les hommes faire de la chose la plus humble et la plus grossière^ d'une chose que nous avons de commun avec les bétes , je veux dire, de la ne'cessite' de manger^ une pompeuse repre'sentalion où l'on se rassemble en gi ande tenue , au son des mstrumens , à l'éclat de For, de l'argent et du cristal^ pour se remplir Testomac! Inviter quelqu'un à venir prendre part à cette magnifique ope'ration brute^ c'e^t lui faire un honneur. Je dis que les loups en cela ont un sens beaucoup plus droit que nous. Ils s'assemblent quand il s'agit d'une proie à disputer , et lorsqu'il y va dercxi^tencc de la noble race des loups j

liiais ils lie mangent en socie'té que la proie qu'ils ont faite en commun. Il me semble qu'il aurait été aussi bon d'introduire la coutume d'inviter les personnes de sa connaissance, non à mani^cr, mais à c^ormir en grandes re'unions. Le sommeil est aussi un des premiers besoins de riiomme ; conse'quemment ou ne perdrait point au cliange. Le sommeil est même plus généreux à oîïVir, car on assure que si l'bomme peut vivre neuf jours entiers sans mangei\, il est hors d'état de passer plus de trois fois vingt-quatre lieures sans dormir. Lls avantages d'une telle coutume seraient innombrables. Le régal coûterait moinsj pendant le .sommeil , il se dirait incomparablement moins de sottises qu'on ne faitdans les galas, surtout après les toasts;

i'iionimc ne se faliguerait point, et ne gâterait point sa santé à uti sommeilpné comiwv, à un dîner-prië ; enfin nous ne verrions pas la niaiserie et la bassesse (le l'aniphitrion qui se ruine en dîners, ou ruine de pauvres marchands, uniquement pour faire à telles et telles gens uti honneur qui consiste à déranger leur estomac en flattant leur palais.

Une autre alVaife inq)ortante après le dîner, ce sont les cai-les. 11 faut se jjeindre des créatures, formées à l'image de Dieu , assises autour d'un morceau de drap vert collé sur bois, tenant en main de petits chifïbnsde papier lustré où sont dessinées quelques figures baroques, en dépit de toutes les règles de la peinture; ces êtres doués de raison s'amusent à voir qui comptera le plus de points, ou qtii

devinera que tel ou tel cliifFon se trouve eiitie les mains de tel ou tel. A.ux bons devineurs, aux heureux, ou simplement aux fripons qui savent tirer parti de ce passe-temps , on donne l'argent qui a été' enlevé' au laboureur gagnant sa sub- *>istance à la sueur de son front , ou qui est le prix d'une conscience vendue , ou qui a été reçu en héritage et en dot , ou qui appartient à des créanciers.

Avecla soirée commence encore une autre affaire importante : il faut sauter en cadence auxsons delà musique. Les brebis, il est vrai, sautent aussi, les agneaux bondissent , mais seulement quand l'envie les en prend 3 les hommes du monde sautent la plupart du temps , comme des singes sur la corde tendue 3 à rien ne tient qu'ils n'en pleurent. jMais, il y a obliga-

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tion , devoir! Le maître veut qae demain l'on dise qu'il a eu bal. Ainsi , les convie's à qui la goutte n'a pas encore mordu les jambes, à qui la gourmandise n'a pas enfle' tout le corps, à qui l'âge n'a point relâché les muscles et appesanti les membres, doivent sauter^ doivent par leurs gambades payer l'honneur de Tinvitation- et ils acquièrent, par des sauts et des bonds prolongés sans humeur , le droit d'être invités en d'autres maisons.

Enfin , autre affaire importante , c'est le souper y second tome du dîner. Puis , la nécessité de s'aller tenir couché quelques heures pour sommeiller j après quoi l'on se réveille avec une tête appesantie , une langue blanchâtre , et des membres engourdis de fatigue.

Le lendemain ressemble à la veille, le TOME m. 21

jour suivant n'en diffère point , et ainsi passe la jeunesse, la vie entière. Le corps usé se dissout , l'âme s'e'chappe, et l'être pensant n'a laissé sur la terre aucune trace de son existence j son nom reste quelque temps dans les registres des notaires , dans les mémoires des fournisseurs ; il tombe enfin dans les ténèbres de l'oubli, tandis que des milliers d'autres créatures semblables sautent , mangent^ courent, s'agitent dans cette même voie de néant , pour disparaître de la surface de la terre comme des huîtres.... Je le demande : jN'est-elle pas plus utile, la vie d'un mouton de la race des mérinos, qui , durant qu'il existe , habille et enrichit de sa toison beaucoup de gens , ne médit de personne, ne calomnie point pour avoir un emploi auquel il n'est nul-

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lemcnt propre ; qui, enfin , ne dépouille point les êtres confians de leur honneur et de leurs biens. Et en citerait-on un seul qui , en pre'sence du vulgaire des moutons , se soit jamais glorifié d'élre me'rinos?

Vous trouverez dans le grand monde, non-seulement des adolescens , mais des enfans qui parlent plusieurs langues , avec plus ou moins de facilité. Mais de quoi parlc-t-on en haut lieu ? en vérité , j'ai honte de le dire. Dans une réunion de famille , entre personnes liées par un intérêt commun ( qu'on se plaît à nommer de l'amitié )^ à la place des épanchemens du cœur, que met-on ! la médisance ; la médisance que l'on décore dans le monde du nom de franchise et d'observations fines. Ecoutez les dis-

cours des petits comités du matin ; en voici l'essence : « Une telle ne sait pas s'habiller; S** est une corjuette ; T** est une vilaine^ Z** n'est qu'une sotte j M** une dépensière ; F** une sournoise ; un tel est insupportable ; K** un niais , un bouffon jV** est tout bonnement un sot ; B** est épris de lui-même ; celui-ci jouit (l'un crédit qu'il ne doit pas à ses services ; celui-là est en pleine disgrâce , et pour cause. Là on s'est bien ennuie ; là on s'est bien amusé, nonobstant la maussade figure de la dame du logis. Demain, on peut espérer de s'amuser dans telle maison , m^is on se mourra d'ennui dans telle autre où toutefois, en revanche, se trouveront des personnages marquaus. »

Si nous passons aux grandes assemblées, voyons ce qu'on v dit : a Aujourd'hui le

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froid est plus vif qu'hier ; cela vient du vent , car le baromètre n'a pas descendu d'un degré. K** est enfin nommé ; C** vient de recevoir Sainte-Anne en dia- Hians (i)jM** est destitue' ^N*'* est arrivé liier, 0** part demain matin. Il y a des nouveautés dans les magasins de modes ; la G** est la meilleure couturière ; oui , après la Q**. Vous ne trouverez pas un plus habile coiffeur que P** ; j'ainio mieux X**. Telle grande dame est alitée , telle demoiselle se marie , et telle autre est nommée demoiselle d'honneur.

Madame N** a mis au monde un fils ; madame V** a perdu sa fille » ; et ainjii de suite.

Est-ce donc pour un pareil usage que

(i) L'ordre de Ste. Anne.

le don de la parole a été fait à l'homme î ]N'aurait-il été distingué de la brute par un« âme immortelle , par un esprit observateur, par la raison , par le génie , ([ue pour frapper Pair de vains sons à la manière des perroquets et des pies ! La pensée et le sentiment s'envolent loin du grand monde, comme le rossignol et l'alouette fuient loi'i des sables et des stépcs infertiles. Le lourd corbeau fond sur un cadavre ,• c'est sa nourriture. Le rossignol se retire dans les bois ; l'alouette fend les airs ; tous sont fidèles à leur instinct ; l'homme seul étouffe en lui Ja nature , comme s'il craignait d'être ce que le créateur l'a fait. « Etre, toute la vie , de l'enfance à la caducité , un esclave des prétendues convenances du monde j une sorte de machine à faire des

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révérences , à jouer des jambes et de la mâchoire; parler et ne penser rien , penser et ne rien dire; écouter des sottises et répondre à l'avenant ; s'agiter sans fin ni cesse , s'étourdir enfin sur tout et par tout.... cruoi ! c'est-là ce qu'on appelle ■vivre! Ah, mon cher Arsalan-Siiltan,tu avais raison , mille fois raison 1 Vive les stépes kirghises! Là du moins, tout tentt vers un but ; ici la vie elle-même send^le n'en avoir aucun. » Voilà ce que j'inscrivis dans mes tablettes deux ans, jour pour jour , après mon entrée dans le grand monde. Si j'eusse entrepris de décrire avec détail ces deux années , il m'aurait fallu écrire cinquante tomes de sottises aussi semblables les unes aux autres, dans leur diversité, que le seraient deux élégantes , l'une de Paris et l'autre

de Moscou ou de Pe'tersbourg. Mais il a été écrit, sans mon secours, assez de platitudes. Dans ces deux années , au lieu de me déveloper Fesprit , j'ai pensé perdre entièrement le peu que j'en ai , faute d'en faire aucun usage. Ayant suivi à la lettre les instructions de Milovidine , j'avais en effet obtenu une place par protection ; j'avais passé par trois ra?igs , et je pouvais déjà en espérer un quatrième, bien que^ jusqu'à ce jour, je ne susse encore où se trouvait, ni comment se nommait précisément la Chaîicellerie dans laquelle j'avais été inscrit pour Je service de l'Etat.

Dans le cours de ces deux ans , j'étais devenu le confident des vieilles dames , le favori des hommes du bon vieux temps , le Ct marade d'une foule déjeunes

!,'ens, l'ami d'un grand nombre dejeunçs dames qui me trouvaient aimable, doux, et complaisant. Mais, mon âme était faite pour l'activité', pour les sensations fortes. L'existence mondaine n'est qu'un sommeil agite'. Ce théâtre convenait mal à mon caractère.

Ma mère continuait de se livrer tout entière à la vie religieuse. Milovidinc , ayant reçu d'un homme consciencieux dix mille roubles, dette de Jeu contractée envers lui dans le temps où il vivait à Moscou avec sa femme , partit à la recherche de sa chère Pétronclle, ayant conjecturé qu'elle vivait retirée dans (juelque coin de la Pologne. Je me trouvai seul à Moscou , et l'ennui me gagna. Mon cœur avait besoin d'aliment ; je cherchais envain des amusemens. Beau-

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coup de femmes souriaient à mon intention j beaucoup me choisissaient pour leur cavalier dans la danse du cotillon , et dans les petits- jeux; on caressait mon îiinour-propre par des marques de préférence. Mais, je ne voulais, ni me Taire l'esclave des fantaisies passagères de cerl;iines femmes, ni en tromper une sur ma fortune en me mariant. Wyjigliine , beau, bienfait, pouvait, sans être noble d'origine, sans posséder mille cinq cents âmes , plaire aux jolies femmes ; mais tn e'pousant une demoiselle de bonne famille , il faut prouver ce qu'on est. J'eus assez de bons sens pour ne songer ni à l'amour, ni au mariage. Du reste, cette conduite était moins la suite d'un raisonnement , qu'une conséquence de ce que mon cœur ne s'était pas encore

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pris d'amour. Pour y faire éclater la mine des passions, il ne fallait qu'une elincelle. Rien ne pénètre à travers les euvelopes î^lace'es du grand monde ;, sinon If s aiguillons de l'inlérêt. Hy a des gens qui, dans leur simplicité, prennent pour de la flamme quelques rayons du soleil réfractés sur un édifice de glace. Erreur ! Là se trouve beaucoup d'éclat , sans doute , mais de chaleur point.

J'étais au sein d'une dissipation incessante , et je clierchais encore de la dissipation. Mais chez nous , pour l'homme du monde , il n'est point de milieu entre l'ennui et les déréglemens. Les sciences et les arts ne font que d'éclore ; c'est déjà beaucoup qu'ils promettent de se déveloper dans notre haute société , et ils ne produisent encore aucun fruit ca-

pable de nourrir des âmes engourdies dans l'oisiveté. D'ailleurs , les arts et les sciences j à Moscou, sont abandonne's à une classe d'hommes particulière , et ne sont guères connus dans le brillant tourbillon que sur des ouï-dire. Le seul plaisir social des habilans de Moscou est le tliéâtre. J'étais passionne' pour le spectacle ; ne trouvant pas un moment libre pour lire moi-même ^ j'étais bien aise d'entendre b s acteurs lire de mémoire en public. Le théâtre , sans me soustraire aux exigcanccs de la société, m'offrait <ie quoi satisfaire mon goût pour les plaisirs de l'esprit.

Un jour , il fut annoncé dans les gazettes qu'une actrice de province, nouvellement arrivée à Moscou , allait débuter dans l'emploi des coquettes. La

d'une CHERE ENNEMIE. 253

.cousine de Milovidine, qui était devenue ma véritable amie, me pria de prendre une \o"e : « Je suis si fatiifuée de la vue de nos prudes de salon , dit-elle , que je serais charmée de voir une coquette. »

J'avais envie de lui dire de se bien regarder elle-même dans sa Psyché, mais je sus me taire , et je courus arrêter une loge. Nous allâmes ensemble au théâtre.

La toile se lève. La nouvelle actrice ne paraît point dans les premières scènes j la belle cousine et moi nous épuisons notre esprit en remarques sur les malheureux artistes , qui , comme on dit , suaient sang et eau pour nous plaire.

J'étais dans la plus joyeuse disposition d'esprit. Mais, voici la débutante qui entre en scène; le parterre applaudit pour l'encourager ; elle s'arrête , s'incline ,

s'approdje , elle est sur l'avant-scène, elle parle, mais moi je ne vois rien , je n'entends rien. — Qii'avez-vous donc V me dit la cousine Annette qui se mourait d'envie de me communiquer ses observations sur le costume de la débutante.

Pour l'amour de Dieu, qu'avez-vous !

vous êtes pâle , vous tremblez y vous trouvez-vous mal ?... — Oui , très mal , re'pondis-je à voix basse ; et je sortis brusquement delà loge. J'avais reconnu dans la débutante.... Grounia !

Ai-je donc eu de l'amour pour Grounia? Je ne sais. J'étais fort jeune quand je formai une liaison avec elle, et mon âme n'était pas alors susceptible de grandes passions. Les passions pouvaient échauffer mon cœur , mais non l'embraser. La beauté de Grounia avait fait

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