TOME III
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dépensé cette année V — Plus de cin^ quante mille roubles l — Tout celai s'écria-t-elle en riant ; mais c'est charmant î c'est admirable l Et il semble que nous ayons été si économes ! Juge donc à présent si l'argent vaut la peine qu'il nous donne. C'est une vile poussière que le vent cliasse et ramène devant nous. — Voilà qui est consolant , en effet. Mais sans argent peut-on vivre ? L'amour le plus tendre, l'amitié la plus désintéressée ne sauraient jamais remplir que le cœur... — Oh que d'esprit tu as acquis dans la retraite l Songe pourtant, mon cher Wyjighine, que rien n'est plus triste au monde que les sentencesd'un philosophe sans argent. Mais , laissons cela , et dismoi combien il te reste encore. — Moins que rien. — Qu'est-ce à dire? — C'est-
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à-dire que j'ai des dettes, et nulle apparence de pouvoir les payer. — A sec; c'est parfait ! Eh bien , Wyjighine , je suis venue ici pour aviser aux moyens de te tirer d'embarras. Rassure -toi donc , reprends courage et tâche de m'e'couter sans humeur. Une des anciennes connaissances de ma mère lahof-Procofié" vitch Zarêzine f me demande la permission de tenir un pharaon chez moi.... — Grounia, songes- tu que ces moyens sont illicites , et qu'ils ont ruiné ta mère, en te faisant perdre ton bien et ton nom 7 — De ma vie je n'ai joué aux cartes^ et je compte bien ne jamais jouer -, conséquemment , je ne saurais rien perdre. Si Zarézine perd , cela ne me regarde pas j s'il gagne , il partage avec moi son gain, et je ne fais que lui permettre de jouer
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chez moi ; rien de plus. — C'est-à-dire de tricher, de voler, de piller en plein salon 1 — Et qu'est-ce que cela nous fait , à nous, mon ami? Chaque homme a reçu en partage raison et volonté'. Quiconque ne sait pas en faire usage doit sentu' qu'il a hesoin d'apprendre j il vient chercher des leçons, il en reçoit, il les paie; c'est dans l'ordre naturel. — Tu es un sage moins ennuyeux sans doute que moi , philosophe sans argent , mais Ion raisonnement a je ne sais quoi qui flaire la Sibe'rie (i). ■ — Extravagance pure l De quoi vivent donc, s'il te plaît, tant d'hommes accueillis , honorés dans les assemble'es du grand monde. L'un s'est enrichi par des concussions , l'autre par
(i) Sibérie, considérée ici comme lieu d'exil.
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des procès injustes ; celui-ci , ancien caissier , a pillé le tre'sor ; celui-là , tuteur infidèle , a dépouillé Torplielin.
Il n'j a de voleurs que les maladroits qui sont pris ; et les fripons parvenus vont haut la tête, et se glorifiient d'avoir été eux-mêmes les auteurs de leur fortune. Tu n'as pas encore eu affaire aux marcJiands j essaie et tu verras que ton meilleur ami te prendra le décuple du prix , et qu'il rira de ta bonhomie dès que tu seras sorti de sa boutique ou de son comptoir. Malgré mon profond respect pour l'humanité, je crois que la moitié à peu près des habitans des villes sont des joueurs sûrs de leur coup ; la différence est dans le jeu seulement : tel joue à la politique, tel au négoce, tel à l'administration , tel à la judicature^
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et tel autre au pharaon , au wist , à la bassette. — Grounia , trop charmante Grounia, dis-je en lui baisant la main j ta es un vrai de'mon sous la forme d'une jolie femme. Mais femme ou démou , qui que tu sois, ne m'oblige point à me dëslionorer pour vivre , ne te tiens pas forte de ma faiblesse, sois ge'néreuse. Je t'aime au point de ne pouvoir te rien refuser. Je te supplie enfin de ne me pas commettre avec des escrocs ! — Tes scrupules pourraient être fondés si je te proposais de jouer toi-même. Mais tu te borneras à être mon député près de Zarézine; tu le surveilleras de peur qu'il ne me trompe, et afin qu'il observe dans l'action une certaine convenance; je ne voudrais pas qu'il abusât de son art d'une façon criante. Il faut pour cela que tu
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connaisses toi-même tous les tours familiers aux gens de cette espèce. — Je ne connais point de pareils tours. J'ai oui parler de gens qui trichent, mais je n'entendrais rien à tricher. — Zarézine a besoin d'un croupier (i) ou associé anonyme qui ne soit pas encore devenu fameux^ et qui , comme on dit, se présen te bien. Il n'y a pas dans tout Moscou un homme qui convienne mieux pour cela que toi, mon cher Ivane. Tu as un extérieur agre'able , prévenant j tes manières sont douces, ton air est modeste et gracieux.... — Grounia, en me parlant ainsi , me faisait mille caresses. Je m'oubliai entièrement.
(i) Le croupier, associé ou adjoint du banquier, siège près de celui-ci; il écrit le gain et compte avec le* pontes.
Après m'avoir entretenu quelques ins> tans de choses et d'autres, Grounia me laissa l'adresse de Zarêzine , et me dit d'aller chez, lui le lendemain à dix heures du matin -, elle ajouta qu'il était déjà prévenu et qu'il m'attendrait jusqu'à onze. Elle sortit en me souhaitant plus de gaîté , plus de fermeté , et une philosophie moins sombre.
Pour la millième fois depuis le jour où. je formai une liaison avec Grounia , je m'écriai : O faiblesse humaine l Pour la millième fois, je répétai ces paroles de l'Oraison Dominicale : « Seigneur , ne nous induisez pas en tentation » , et je restai ce que j'étais jadis , faible et irrésolu.
Ma mère observait que , depuis quelque temps, j'avais pris une humeur peu-
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sive , taciturne et brusque j dans les assemblées de la haute socie'té où j'allais encore de temps à autre , j'e'tais tout aussi aimable qu'auparavant ; car , l'homme vu dans le monde est souvent le contraire du même homme vu dans son intérieur. Je dis enfin à ma mère que des revers imprévus venaient de me ruiner entièrement j et que j'étais réduit à travailler désormais pour vivre. Ma mère ne montra aucune humeur , ne me lit aucun reproche. Elle me demanda la permission de se retirer dans un couvent où la supérieure , qu'elle connaissait , lui offrait une paisible retraite. Je consentis , et ma mère voulut dès le moment même aller s'établir dans sa nouvelle demeure j elle me fit promettre de l'aller voir chaque jour , ou , tout au moins ^ trois fois la semaine.
Je me rendis chez Zarêzine à l'heure convenue. Un valet m'introduisit dans une salle assez élégamment ornée, où Zarêzine se promenait en long et en large. C'était un petit homme d'une quarantaine d'années, pâle, maigre; il avait des yeux perçans , et des manières qui ressemblaient un peu à celles des laquais qui singent les maîtres. Ses yeux et sa bouche annonçaient tout ensemble avarice, impudence et lâcheté. Il portait, partie, un garde-vue, bien qu'il fût doué d'une vue si parfaite, comme je m'en convainquis ensuite, qu'il apercevait à l'œil nu sur une carte le moindre petit point aussi distinctement qu'à l'aide d'un microscope. Ses doigts étaient singulièrement longs et secs. L'index et le médius
Je sa main droite étaient enveloppés de
taffetas noir. Il ne cessait , tout en causant avec moi , de mêler les cartes et de faire la bassette, pour ne perdre, comme il me le disait , aucun des momens qu'il pouvait employer à faire quelques progrès dans la partie me'canique de son art. Le costume de Zarézine ne me sembla pas moins caracte'ristique que les traits de son visage. Sa cravate l'étranglait tandis que son habit à larges manches pendait sur lui comme à un clou; ses hauts- de-cbausses courts, et ses bottes qui montaient jusqu'au genou , donnaient à ses jambes la tournure des colonnes torses de l'architecture gothicoarabe. Zarézine regardait rarement en face son interlocuteur, même lorsqu'il e'tait question d'objets étrangers au métier qu'il faisait.
— Veuillez vous asseoir , dit Zarézine en me désignant une place sur un soplia. Charmé de vous avoir pour collaborateur. A ^rafena- Stepanovna (i) m'a dit que vous étiez ]adis fort lié avec mon ami intime , Luc Ivanovitch (2) ,
liomme estimable, excellent l INous
avons beaucoup travaillé ensemble; je suis bien facile de ne savoir où il se trouve à présent. — Je gardai le silence jZarézine reprit : — J'ai ouï dire que vous jouiez gros jeu l'hiver dernier , et que vous gagniez beaucoup. Permettez - moi une question : étiez - vous banquier ou ponte? — Je pontais; mais je jouais plus souvent aux jeux de commerce. —
(1) Grounia.
(2) Voroyatine.
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J'entends ; j'y suis : avec vos cartes , avec des compères (i) ; et, à la banque, sans doute que vous jouiez a.\ec votre monde, par venie (2)? — JNi de l'une ni de l'autre manière. Je jouais noblement. — Noblement ? Tant mieux.... Et que me disait donc Agrafena-Stepanovna î D'après elle, votre jeu n'était point noble.... — J'étais bien étonné de ce que me disait-là Zarc-
(1) Le compère ou partenaire, est l'un des trois joueurs qui ont fait convention de gagner le quatrième joueur, au wist ou à un autre jeu de commerce. Ils se servent quelquefois de cartes préparées qu'entr'eux ils appellent leurs cartes.
(2) Le banquier se met de moitié avec beaucoup de personnes, mais comme il s'entend avec un de ses camarades , il taille d'une manière particulière , ou bien il fait connaître la carte gagnante à ce camarade qui ne manque pas d'enlever la banque. Cela s'appelle vendre.
ziiie, et je le regardais altentivcment , ne devinant pas où il en voulait venir. — Allons, vous ne comprenez pas ce que signifie au jeu le mot noblesse ; c'est Fe'légance, la dextérité. Eu parlant ainsi, Zarézine faisait un mouvement des doigts comme s'il eût voulu se les faire claquer. — Tâchons de nous comprendre j voici le fait : Agrafena-Stepanovna vous a dit, et moi je vous répète que je n'entends nullement malice aux cartes, et que, si vous désirez que je vous sois utile , c'est à vous de mlnitier aux mystères de votre art. — Ah ! sans doute, il faut que ^•ous en sachiez quelque chose. Veuillez donc prendre le peine de passer dans mon cabinet ^ je vous donnerai une première leçon-pratique en vous montrant mes instrumens.
Du salon nous passâmes dans une chambrç froide où se trouvait une quantité d'objets de toute espèce dans le plus grand de'sordre. Des tableaux , des vaisseaux de porcelaine, des bronzes, des harnois , des pipes d'écume , de belles armes, tout cela gissant pêle-mêle sur le plancher, sur les fenêtres, sur des tables et sur des chaises. Il j avait de plus en différens endroits des coffres, des valises et des caisses de vins étrangers. Tous ces objets étaient couverts de poussière et de toiles d'araignées. Dans la pièce voisine qui était le cabinet, les trois fenêtres e'taient garnies de stores verts. Devant ces fenêtres se trouvaient de petites tables couvertes de grandes feuilles de papier , et au milieu du cabinet une grande table couverte de drap vert. Zarêzine s'avança
vers l'une des petites tables, il enleva le papier et je vis quelques jeux de cartes , puis, sur une assiette quelques plumes de corbeau , de la couleur rouge et de la couleur bleue délayées. — Vous devinez sans peine que ceci est pour le pointillage , c'est-à-dire , pour le dessin aux couleurs, qui fait partie de notre art. Les meilleures cartes à pointiller sont celles dont le dessin du dos est en points (i). Un point de plus dans un certain endroit du dos de la carte suftit pour la faire connaître comme si elle
(i) Le dos des cartes, en Russie , est toujours orné d'un dessin , soit en fleurs , soit en raies j soit en pointillage , et toujours en couleur bleue pour un jeu et rouge pour l'autre. Les figures sont toutes à deux têtes , conséquemment elles n^ont ni haut ni bas.
était retournée. On pointillé au milieu du dos les cartes pour \es dessus. Vous lie savez pas ce que nous appelons les dessus. — Non, monsieur. -— Eh bien j voyez. Vous faites jouer avec vos cartes , et , en pontant , vous savez toujours ce qui est dessus -par- là, vous e'vitez de perdre sonica. C'est le jeu le plus innocent •, on n'en fait usage qu'avec des joueurs retors; il n'y a en ce cas qu'un intérêt de dix pour cent à lever. Les cartes que voici avec àwpointillage sur la tranche servent à gagner sonica. Un œil sûr et vif voit quelquefois la quatrième carte du jeu du banquier-, et alors , adieu la banque! Voici des cartes de banquier ; elles ont le pointillage aux angles afin que, sachant quand vient la carte, on
puisse la^/er. Zarézine ouvrit le tiroir TOME iir. 28
d'une table , prit une tabatière et me la présenta. — Vojez-vous là-dedans quelf|ue chose? demanda- t-il. — Rien.
C'est une boîte d'un fort beau travail , mais elle est un peu lourde , répondis-je. — Lourde , oui ; l'inte'rieur est d'or , et le dessus est de platine ; elle a le poids (ja'elle doit avoir pour remplir son objet. Remarquez le dessous bordé d'un petit encadrement, et au milieu, celte fleur ciselée sur or mat. Maintenant, voulezvous bien regarder ? Je suis le banquier je suppose.... — Là-dessus Zarezine s'iissit devant la table , prit les caries , et poursuivit son explication: je vois, par exemple , que la seconde carte va faire j^agner au ponte une grosse mise. Jepose les cartes sur la table , je les couvre de ma tabatière , comme si , par prudence,
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je voulais éviter que les pontes ne les vissent ; je tire mon mouchoir , je m'essuie , puis , j'ouvre ma tabatière , je prends du tabac, j'enlève la tabatière, je me remets à jeter.... Là 1 vous voyez j le sept qui serait tombé à gauche^ le voici à droite. — Gomment cela s'est-il l'ait? dis-je avec étonnement. — Ah ! çà , écoulez ; je vous ai dit que cette tabatière a deux fonds , l'un d'or , l'autre de platine. Le fond en or est mince et flexil)le j et la petite fleur d'or mat que vous voyez dans le fond de platine, est à ressort, et ointe de cire ou de colle. Quand je prends du tabac , je presse du doigt le milieu de la boîte , et la carte de dessus adhère à la fleur , et se soutient dans l'encadrement , de sorte que la carte qui se tro.iva t la seconde est maintenant la
première. Un moment après il se pre'sente une autre carte que j'ai besoin de jeter à droite. Je mets , par le même moyen , ma tabatière sur les cartes , je presse le fond sur les côte's , et la carte se séparant de la fleur d'or mat reste sur le jeu , en sorte que la carte qui, si elle fût restée la seconde , aurait fait gagner le ponte , tombe la première au second coup et fait gagner le banquier. West- ce pas que c'est charmant ! — Je lis un mouvement de tête qu'il prit pour une adhésion.— C'est une nouvelle invention d'un ami à toute épreuve que j'ai à St.-Pétersbourg ; il faut cela pour jouer avec des passés maîtres devant qui il n'est pas moyen de Jiler la carte ou de sauter la coupe. Les savans ne s'avisent jamais des moyens les plus simples ; et voilà
OÙ ils sont pris. J'ai encore là un frac noir qui est délicieux. Dans la manche droite se trouve aussi un mécanisme pour escamoter la carte. C'est une petite merveille, je vous ferai voir cela. Il suffit de passer le parement sur le jeu, et la carte se prend comme à la tabatière.
— Nous passâmes à une autre petite table : — Voici , dit-il , des ajustées ; c'est un certain nombre de cartes rognées de telle sorte que , en mêlant, les plus larges se trient et se réunissent selon la combinaison désirée. Il y a un grand nombre àHajustées qui s'arrangent d'après différentes clés. 11 y en a où les treize premières cartes perdent, c'est-à-dire, où le ponte ne gagne pas une seule mise; il j a des ajustées faciles avec un grand nombre àe plies et avec
de faux routés. On ne se sert, au jeu, des cartes ajustées qu'avec des gens novices. Et voyez-vous , le monde est fùté , de nos jours! Voici les diffe'rentes manières dont l'on rogne les cartes pour l'arrangement combiné des ajustées de la bas- .sette. Il faut pour cela avoir dans les doigts plus d'agilité que n'en ont les pianistes si fort en vogue aujourd'hui.
Vous voyez que je tiens mes doigts enveloppés j la peau en est tellement amincie à la lime et les chairs tellement amollies par le moyen d'un onguent; qu'au simple toucher, en jouant, je devine les cartes , et il n'est pas de ressort au monde ([ui puisse se comparer en flexibilité à mes articulations. Vous n'en viendrez pas là de sitôt, vous , monsieur j ce sont les fruits de vingt ans de méditations ,
d'expériences réilére'es et de travaux incroyables. Vous allez être mon croupier, ainsi vous avez surtout besoin de connaître la manière de ponter , afin de suivre le jeu de ceux qui joueront contre ma banque. Je ne puis avoir l'œil sur eux, parce que, en jouant, je suis absorbé dans les méditations {^e/'/^/'/, pour mettre bien en pratique les talens que j'ai acquis dans ce genre j vous veillerez donc att.ntivement sur les joueurs afin que nous ne soyons point trichés par de faux frères qui se glissent dans le jeu sous un masque de bonhomie. — INous allâmes vers la troisième petite table , et Zarézine , ayant enlevé le papier et me montrant différentes cartes, me dit : — Vous voyez ce ^ro/^. Regardez bien... opi c'est nn deux.... op! c'est un as. — Zarézine
ne faisait que poser la carte sur la table , puis il la retournait; et en effet les points étaient chan^e's à sa volonté'. — Savezvous ce que c'est ? dit Zarêzine. — Nullement, je vous assure. — C'est un instrument d'invention russe, bien qu'on lui ait donné un nom français j c'est la guillotine. L'instrument qui porte ce nom en France est liorrible , le mien est tout aimable. Voyez donc celaj la carie est décollée, et sur le ressort de montre que voici se posent des points découpés. Le ressort est affermi ici, dans le milieu , et en voici le bout qui dépasse le bord de la carte. Si j'y touclie du doigt , les points se montrent ou se cachent à mon gré. On peut faire des guillotines de toutes les cartes, excepté des figures.
J'ai aussi en réserve des masques ou
figures. Regardez; voici sur la même carte un roi et une dame , sur celle-ci un valet et un roi , et ainsi de suite (i). On décolle une figure, on la coupe en deux, et l'on recolle, sur une même carte, une tête de l'une et une tête de Tautre. Cela est excellent pour les cartes que l'on ne découvre pas , et pour les soîiica. Voici maintenant des cartes un peu plus difficiles; tenez, je mets ici un sept, il faut un six pour gagner , voyez ; ma carte est devenue aussitôt un six. Ce sont des points poudrés. On fait à la colle un point, trètle ou pique, sur la carte; on couvre ce point de poudre noire en os brûlé. Bien entendu , la carte se pose les
(i) Vu que les figures ont deux têtes dont chacune est à un bout de la carte.