‹ Ivan Wyjighine; ou, Le gilblas russeChapitre 9 sur 39 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

ijues. — Voilà du luxe î dit Milovidine. — Luxe bien pardonnable , re'pondit Pierre Petrovitcli ,• peut-il y avoir rien de plus doux pour un habitant du nord que la jouissance des charmans arbustes des climats plus favorisés du ciel? L'aspect même de la varie'té, de la richesse, de la libéralité de la nature élève l'ame en nous faisant adorer le créateur de tous ces biens. Au milieu de toutes ces plantes de cent contrées diverses , Ja pensée vole d'un pôle à l'autre et s'élance de là vers le ciel. Je dirai plus ; pourquoi nous priverions-nous du plaisir de cueillir quelquefois des fruits exquis que le nord nous refuse ? ce n*est pas là une reciierche de vile et honteuse gourmandise , mais bien la satisfactio/i d'une louable curiosité; et il vaut bien

mieux que l'homme se livre à la culture des plantes , que s'il tenait captifs une foule d'animaux nés pour rester libres , ou s'il avait la rage de mettre aux abois le cerf, le daim et le lièvre timides.

INous entendîmes en ce moment la voix d'une personne qui s'approchait de nous. C'était celle d'un homme dont les traits portaient l'empreinte de la santé' , du calme et de la gaîté j il était vétii d'une veste de satin et d'un surtout eu velours. Ce'tait le maître qui venait aous trouver. « Bonjour, mon ami , dit-il en offrant sa main à Yirtutine. » Celui-ci nous présenta à M. Rossianinof, et lui raconta en peu de mots nos aventures.

— Je savais une partie de tout cela, nous dit le propriétaire 3 il faut écouter ici mémo ce qu'on ne voudrai! pasen!en<lre.

Les gazettes vivantes sont Lien plus prolixes que les gazettes imprimées. Si l'on veut pe'nétrer la vérité , il faut déduire les quatre-vingt-dix-neuf centièmes des nouvelles de province. — Et que vous at-on dit de nous ? — Que deux gentiJshommes russes sont arrives par les stépes, du fond des Indes , où l'un d'eux avait été prince-régnant , et l'autre son ministre j qu'ils ont avec eux des tonnes pleines de ducats et de nombreuses balles de cachemires. Je suis persuadé que si cette nouvelle se propage jusqu'au gouvernement voisin , l'un de vous ne manquera pas d'être le Grand Mogol , et l'autre un conquérant invincible; vos trésors se porteront à des milliards de ducats j vos tonneaux se rempliront do diamans et de perles fines. Mais, faites-

moi la grâce de venir diner avec nous ; on nous attend pour servir.

Rentrés dans les appartemens nous fûmes présentés par notre hôte à sa femme et à ses deux filles , dont la plus âgée avait quatorze ans et la cadette douze au plus. Le plus jeune des fils avait dix ans. A notre grand étonnement Madame Rossianinof s'adressa à nous en langue russe. Elle n'était point parée dans sa campagne comme ù un grand baise -mains de la cour , Lien qu'elle reçût pour la première fois chez elle des personnes qui passaient pour rouler sur des millions, INotre hôte nous présenta aussi les maîtres de ses enfans , M, Instruit et M. Gootmaiin , l'un Français, l'autre Allemand, que tous deux il appelait ses amis. 11 me parut

Lizarre que M. Rossianinof , qu'un Jiomme que Pierre Pétrovitch nous avait I)eint comme un amant de tout ce qui e'tait national , et comme un ennemi de l'éducation étrangère , eût chez lai des étrangers pour élever ses enfans. Pierre Pétrovitch remarqua ma surprise aux regards que je lançais à la dérobée sur les deux étrangers, et il communiqua mon observation implicite à noire liôle. M. Rossianinof nous lit passer , Milovidine et moi, dans la chambre voisine, et nous dit : » Ne soyez point étonnés , messieurs, de me voir employer des étrangers à l'éducation de mes enfans.

Confier aveuglément ses enfans à des mains étrangères, est une sottise d'où vient tout le mal qu'on trouve à reprendre dans la noblesse russe. Notre no-

blesse , je le sais , ressemble à une colonie étrangère qui serait venue en Russie prendre des commandemcns, sans savoir ni la langue du pays , ni ses coutumes , ni son histoire. C'est qu'elle a e'té instruite dès l'enfance à n'aimer que ce qui est français ou anglais, et à mépriser tout ce qui est russe. Mais, quant à ce qui est de se servir des e'trangcrs pour instruire les jeunes russes sous les yeux de leurs parens , on le peut et on le doit, sauf à choisir pour cela des hommes recomniandables par leurs mœurs et par leurs connaissances, et à se tenir en garde contre les aventuriers et les charlatans. Faute de connaître les langues e'trangères, il est presqu'impossible de s'instruire autant qu^il convient aujourd'hui à tout européen. Les autres peu-

pies nous ont précèdes presqu''en tout^ et ils ont plus de moyens que nous de marcher sans cesse en avant dans la carrière des sciences .Traduire en langue russe tout ce qui paraît de grand et de curieux dans les contrées de l'ouest, c'est la chose impossible. Vouloir inventer par nous-mêmes ce qui depuis longtemps est créé ou découvert chez les autres, ce serait jouer un rôle très ridicule ; il faut donc suivre la voie la plus naturelle, voie dans laquelle nous pouvons embrasser d'un seul coup-d'œil le vaste règne de la civilisation ; cette voie est une étude suivie des langues étrangères. Oehii qui sait beaucoup de langues est le concitoyen du monde. Convenez , messieurs , qu'il faut d'abord être homme du xixe siècle, puis on est Russe ou

l'on est Fiançais. J'aime la Russie bien plu5 que ma frêle existence; je lui veux plus de bien que je n'en souhaite à mes propres enfans} je suis prêt à lui sacrifier mon sang , mon bien , tout ce que je possède au monde ; mais il ne s'ensuit pas que je ne doive ni aimer les étrangers , ni profiter des fruits de leurs lalens , de leur esprit et de leur industrie. Un tel sentiment trahirait en moi une barbarie digne des Turcs , dos Chinois et des Algériens. Les premiers objets d'enseignement, dans ma petite famille , sont la langue , l'histoire et la statistique russes j la première et la plus sainte de mes fonctions ( car c'est moi qui m'en charge), est d'inspirer à mes enfans un attachement sans bornes à tout ce qui

est national. Je ne leur fais pas mystère y TOME m. 7

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toutefois , de ce qui nous manque pour être au niveau des autres nationsj au contraire , j'éveille en eux le de'sir de travailler au grand œuvre d'ennoblir la patrie , en y propageant toutes choses bonnes et utiles. L'éducation privée de mon fils aine est finie aujourd'hui ; je le mènerai l'hiver prochain à l'université où il commencera son éducation publique. » On nous appela pour dîner, et nous passâmes aussitôt à la salle à man-

Le dîner se composa de quatre plats simples, bons et copieux. Après cliaque plat, il fut versé à cliacun des convives , excepté aux enfans et aux dames, un verre d'excellent vin. Il y avait en outre sur la table des carafes pleines, l'une d'eau, une autre de bierre blanche et

légère , une troisième de qwass , puis du cidre et des boissons tirées de différentes baies^ qui pétillaient et moussaient dans le verre comme du vin de Champagne ,• quelques-unes de ces boissons me semblaient préférables au vin même.

INous eûmes un dessert de fruits murs d'ane grande beauté.

Outre la famille de M. Rossianinof , les deux maîtres de langue et nous , il y avait à table deux vieux officiers congédiés pour raison de blessures, deux vieilles dames, parentes éloignées de la maîtresse du logis , et le prêtre du village. J'observai avec plaisir que l'on servait les mêmes plats à tous les convives , sans exception , et qu'on versait aux commensaux ordinaires les mêmes vins qu'on nous offrait.Ghez les Gologordowski; et

chez mille autres seigneurs , on n'en usait pas ainsi à l'égard des personnes pauvres admises à la table commune ; mais M. et madame Rossianinof traitaient avec la plus grande bienveillance le plus humble de leurs hôtes , et le maître ne lançait jamais des traits d'esprit dëtrempe's dans du fiel, sur les malheureux à qui il avait offert un abri hospitalier.

Tant que nous fûmes à table l'entretien fut général. Après dîner , nous passâmes au jardin , et en attendant le café nous nous groupâmes à l'ombre d'épais tilleuls. Tout-à-coup des larmes baignèrent les yeux de Milovidine ^ tout le monde le regarda avec intérêt , et les dames parurent inquiètes de ce qui se passait en lui. — Vous avez des chagrins ? lui dit madame Rossianinof. — jNon ,

inadame , je n'ai point de chagrins ; répondit-il aussitôt -, je verse quelques larmes d'attendrissement ; je suis ému de votre bonheur, du bien-être de vos paj'^sans, du bon ordre établi dans vos biens; enfin, je pleure de joie en songeant

que vous êtes Russes ! Notre hôte

tendit la main à Milovidine , et lui dit: — Vous avez raison ; nous sommes heureux ; je le suis, du moins, moi, grâce à ma famille !

Madame Rossianinof, émue à son tour, et ne pouvant répondre, pressa tendrement son mari contre son sein -, les enfans se jetèrent à son cou , en criant : « Papa , c'est nous qui tenons de toi la joie et le bonheur ! » Un des ex-officiers serra la main de M. Rossianinof, l'autre leva vers le ciel un œil attendri , et fit

LUI signe de croix ; les dames qui e'taieiit de'frayées de tout dans la maison , baisèrent les tnains des respectables ëpoux, et un vieux domestique^qui venait d'apporter le café sur un grand plateau , pleurait abondamment en silence. M. Rossianinof était ému jusqu'au fond de l'âme et ne pouvait parler. — Vous voyez maintenant à quel point je suis heureux , nous dit-il enfin. Est-il un état plus ravissant sur la terre que d'être aimé ainsi par des êtres bons et vertueux ? Vous penserez .peut-être que ce bonheur est le prix de longs et pénibles travaux ; nullement j c'est un grâce de la Providence ^ et je ne cesse d'en remercier le Trèshaut. Pour moi . qu'ai-je fait? j'ai rempli tous mes devoirs^ et rien de plus. Si j par curiosité , vous désirez connaître

tnon histoire , elle n'est pas loi>gue, la voici :

« Mon père a servi dans la marine ; il lit un mariage de pure inclination, et n'avait d'antre revenu pour entretenir sa famille que ses appointemens. C'est dans cette pénurie d'argent qu'il est cependant parvenu au grade de ge'ne'ral.

Il ne put donc donnera mes deux sœurs et à moi une brillante éducation^ .mais sa bravoure éprouvée lui valut en peu de temps une fortune provenue de quel({ues riches prises faites sur une armée turque. Sa santé' j-e délabra , et bientôt il tut hors d'état de soutenir les fatigues du service. Ayant obtenu son congé; il acheta cette propriété , consistant en cinq cents âmes , et il se relira dans sa campagne. Mes sœurs furent mariées dès

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c[ue nos parens purent leur donner une dot convenable. Moi , je pris du service dans un re'i^iment des gardes, mais j'eus le malheur de tomber de cheval et de me casser une jambe. D'après Favis des médecins, il me fallut prendre mon coni^é. J'avais alors tout au plus dix-neut ans. On me conseilla d'aller passer plusieurs années sous un climat chaud, où je pourrais profiter des taux minérales en recouvrant peu à peu mes forces.

J'employai ces années d'absence à éclairer mon esprit ; je suivis les cours universitaires de Bologne , et j'allai compléter mon éducation à Paris.

» Lorsque je fus de retour en Russie , la tête ornée de connaissances nouvelles et le corps plein de santé et de force , je voulus être utile à la patrie dans la

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carrière civile. C'est alors que j'eus la douleur de pleurer la perte de mes parens, et de me voir isolé sur la terre. J'exerçai pendant quelques anne'es des fonctions insignifiantes , mais voyant que, mines efforts, ni mon dévouement, ni , j'ose le dire , mes capacités plus hautes que celles de mes camarades, ne pouvaient me tirer de la foule , je laissai un peu refroidir le zèle que j'avais pour le bien général. Un vieil ami de feu mon père à qui j'avais exposé ma situation me tira de mon aveuglement, et me montra la vraie roule de la félicité.

« Mon ami, me disait-il un jour , tu n'as aucun lien de parenté , tu n'es pas un de ces gens fortunés dont tout le mérite consiste dans uli nom illustre j conséquemment tu seras condamné à trans-

porter perpëluellement sur tes épaules , du fond des cliancelleries poudreuses jusques sur le sommet du mont de fortune , l'incapacité d'autrui pour l'y voir couronner du prix de tes services. 11 faudrait qu'en ce me'tier , tu attendisses une circonstance extraordinaire , un de ces miracles qui s'inscrivent dans les calendriers j pour que les rayons du soleil perçassent l'épaisse atmosphère du népotisme , et te fissent apercevoir au grand jour, toi, gentilhomme sans parenté. Cela s'est vu , j'en conviens ; mais il faut avoir une patience de fer , et tu n'es pas dans ce cas. Au fait , que désires-tu ? d'élre utile au prince et à la patrie^ n'est-ce pas? Eh bien! c'est une chose que tu peux faire dès demain. Tu possèdes cinq^ cents paysans ; consacre-

toi à leur félicité. Crois-moi , tu attendrais long- temps ici avant de parvenir à une place où le sort , le bien-être de cinq cents hommes , et probablement d'un même nombre de femmes, dépendit de ta bonne volonté. Tu as de l'instruction y de la lecture , tu as voyagé , tu as par conséquent à ta disjjosilion une foule de moyens pour organiser une sage économie rurale et domestique chez loi , et ce qui est plus beau , de suivre ton humanité , ton esprit d'ordre et ta justice. L'économie rurale est chose aisée, etl'ancien de ton village, parla connaissance qu'il a des circonslances locales , te sera tout aussi utile que ton cours d'agronomie. Le point principal est de proport ioner les dépenses à la recette ;, et d'employer ce qui même pourra te

rester , à l'amélioration de ton bien , et du sort de tes vassaux. Sache borner tes de'sirs et fouler aux pieds les fantaisies, tu auras du superflu j tu remploieras à une véritable utilité , et il en résultera pour toi paix et contentement. »

» Semblable à l'aveugle de naissance qui voit enfin les objets après une heureuse opération , qui s'étonne , qui est enchanté de les pouvoir connaître après s'en être fait si long-temps une fausse idée , mon esprit me parut avoir acquis des yeux qu'il n'avait pas. Tel fut l'effet des paroles d'un véritable ami!.... Voici sa fille.... ajouta M.Rossianinof, en nous montrant son épouse. Je me suis marié j j'ai quitté l'administration , et me suis retiré dans ma terre. Mon père était vieux et infirme à l'époque où il était

allé s'établir à la campagne j il n'avait pu s'occuper d'agriculture , et ce bien me resta dans le même état que quand il l'avait acheté. Les champs étaient incultes , les cultivateurs dans la misère, dans une condition voisine de l'état sauvage, sous le rapport du moral. En vingt ans , avec Taide de Dieu , ma femme et moi nous parvînmes à mettre ce domaine dans l'état où vous le voyez. Je n'avais point de capitaux; les revenus m'ont suffi pour* l'améliorer peu à peu, en me hâtant sans précipiter rien, en m'occupant d'abor4 de corriger le mal réel , puis en introduisant le bien. Le ciel a béni mon entreprise. Aujourd'hui toute ma jeunesse sait lire ; elle remplit ses devoirs envers Dieu et envers le prince , envers moi et envers le

prochain. Messieurs , sans une bonne école de village , on ne peut ni répandre la morale parmi les gens de la campagne , ni leur faire comprendre les devoirs qu'ils ont à remplir à l'égard de leurs supérieurs, pour leur propre avantagCo Les hommes ne sont pas des machines; ils ont une raison, et c'est par li seulement qu'on peut s'j prendre à vouloir les former. Il faut qu'un liommc puisse lire 5 le paysan lit peu ^ mais ce qu'il a lu , il s'en souvient toujours ; ce qu'il n'a fait qu'entendre , il Toublie. D'ailleurs le temps employé à la lecture n'est point un temps perdu ; la plupart des hommes se plongent dans le vice, uniquement. par oisiveté.

» Mes paysans ne tardèrent pas à comprendre que je voulais leur bien , et

TEL PRÊTRE j TELLE PAROISSE. 87

que je le voulais fermement j les plus sages me secondèrent , et le reste suivit. Je suis bien redevable à notre bon cure' qui , malgré la misère où il languissait, se conduisit si bien que les paysans ne purent que le respecter. 11 ne prenait aucune pari à leurs jeux et à leurs galas, ne se rendait chez eux que pour leur prêter les secours spirituels , pour les assister de ses conseils et pour bénir leurs liabitatioris selon les rites de l'Eglise grecque. Le vénérable pasteur gagnait sa subsistance à la sueur de son front , en cultivant le petit champ qui lui était dévolu ^ jamais il n'a reçu du paysan que ce qui est porté dans la loi. Il appaisait les querelles sans jamais donner lieu a personne d'être mécontent de lui j sa présence faisait cesser tout badinage

indécent; il ne provoquait pas les grossières plaisanteries des manans. En un mot le P. Siméon fut , et est encore , tel que devrait être tout prêtre de village , pieux, réservé, humain et grave. Vous l'avez vu à ma table, Messieurs. Aujourd'hui sa condition est beaucoup meilleure qu'autrefois , parce que tout s'est amélioré parmi nous. Le premier devoir d'un propriétaire, selon moi, est de mettre le pasteur dans une position à n'avoir nullement besoin d'emprunter aux paysans. Alors seulement il sera honoré de ses ouailles et pourra leur parler de morale.

» Selon le conseil de mon beau-père , je commençai à me mêler d'économie rurale , non d'après les systèmes anglais et allemands , mais en me conformant

au climat , à la nature du terrain et aux coutumes utiles. Je n^ai fait aucune innovation ici ([u'après en avoir répe'te' plusieurs fois l'expérience. Enfin nos champs se couvrent chaque anne'e d'abondantes moissons, l'humanité' ne souffre plus , le bon ordre se maintii-nt sans rencontrer de re'sistances , et il ne nous reste plus aujourd'hui qu'à conserver les choses que nous avons créées. »

iNous passâmes le temps fort agréablement dans la société du sage M. Rossianinof et de sa famille j au coucher du soleil nous fîmes atteler, malgré le désir que les dames avaient de nous retenir encore. J'avais hâte de regagner la ville, car c'était le lendemain jour de poste , et j'attendais avec imnatiencc des lettres de Moscou. jNous promîmes de venir

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