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Elle a repoussé la proposition d'une conférence à quatre

5. Elle a, de son côté, proposé des pourparlers directs entre Vienne et Pétersbourg, mais toléré en même temps que l'Autriche les refusât et déclarât la guerre à la Serbie.

6. Elle n'a jamais répondu à la prière des autres puissances, qui lui demandaient de proposer une autre voie de médiation à la place de la proposition qu'elle avait repoussée. .

7. Elle n'a jamais discuté les formules de transaction de Grey et ne leur a jamais fait de réponse.

8. Elle a repoussé une partie des formules transactionnelles de Sazonow et n'a pas répondu aux autres.

9. Elle n'a, malgré toutes les demandes, jamais dit ce que l'Autriche voulait, mais s'est toujours bornée à dire ce que l'Autriche ne voulait pas.

10. Elle a cherché à obtenir de l'Angleterre la promesse qu'elle resterait neutre, et partant elle a proclamé sa volonté belliqueuse, cela en un temps où les puissances de l'Entente travaillaient activement au maintien de la paix.

11. Elle a, par son ultimatum à la Russie, interrompu les pourparlers qui venaient de s'engager et qui promettaient d'aboutir et rendu la guerre inévitable entre Pétersbourg et Vienne.

12. Elle a, au lieu de se contenter de la mobilisation qu'elle annonçait, déclaré immédiatement et sans motif la guerre à la Russie et ensuite à la France.

13. Elle a, après coup, motivé cette déclaration de guerre en disant que les puissances ennemies avaient commencé les hostilités, tandis qu'elle avait, au contraire, commis les premiers actes belliqueux.

14. Elle a violé la neutralité de la Belgique et provoqué par là la guerre avec l'Angleterre.

Ces chefs d'accusation sont prouvés et motivent la sentence : l'Allemagne est coupable d'avoir, conjointement avec l'Autriche, suscité la guerre européenne.

Angleterre.

L'attitude de l'Angleterre jusqu'au moment où la question de la neutralité belge a surgi est suffisamment caractérisée par mon exposé précédent, pour ne pas avoir besoin d'être rappelée. Le ministre anglais des affaires étrangères, Sir Edward Grey, a, dès le début du conflit, dirigé l'action pacifique et fait l'impossible pour empêcher la guerre :

1. Il a conseillé — avec succès — la modération au gouvernement serbe (1).

2. 11 a essayé — sans succès, cette fois — d'obtenir du gouvernement autrichien une prolongation de délai (2).

3. Il a formulé la proposition de la conférence à quatre, qui a été acceptée par la France, l'Italie et la Russie, mais repoussée par l'Allemagne et l'Autriche (3).

4. Il a, à plusieurs reprises, invité le gouvernement allemand à proposer à la place de la conférence qu'il refusait, une autre forme de coopération des quatre puissances non intéressées. Son invitation est restée sans réponse (4).

5. Il a appuyé la proposition de pourparlers directs entre Vienne et Pétersbourg faite par l'Allemagne et repoussée par l'Autriche (5).

(1) Livre bleu, nos 12, 15, 16, 22, 27.

(2) Livre bleu, nos 13, 26.

(3) Livre bleu, nos 17, 35, 36, 37, 42, 43, 51, 53, 111.

(4) Livre bleu, nos 60, 68, 80, 84, 88.

(5) Livre bleu, nos 45, 74, 75, 78, 93, 106.

6. Il a proposé une formule transactionnelle d'après laquelle l'Autriche occuperait une partie du territoire serbe, avec Belgrade, et dicterait ses conditions. Celles-ci seraient soumises aux puissances et, pour autant qu'elles ne léseraient pas l'intégrité et la souveraineté de la Serbie, recommandées à l'acceptation du gouvernement serbe. L'Allemagne et l'Autriche n'ont pas fait de réponse à cette proposition (1).

7. Il a appuyé la formule de transaction, proposée par Sazonow, et comme l'Allemagne la déclarait inacceptable, il a obtenu de Sazonow une formule, qui tenait encore plus largement compte des exigences autrichiennes. Cette proposition est restée sans réponse (2).

8. Il a appuyé vivement les pourparlers austro-russes, commencés le 31 juillet, et, par de nouvelles propositions qui accordaient pleine satisfaction à l'Autriche, il a cherché à les faire aboutir. Toutes ces propositions renfermaient la clause suivante : les préparatifs militaires doivent être suspendus par tous (3).

9. Il s'est enfin déclaré prêt à appuyer auprès de la France et de la Russie toutes les propositions acceptables de l'Allemagne et de l'Autriche qui pussent être utiles à la paix, et à se désintéresser des conséquences qui résulteraient pour ces Etats, s'ils ne les acceptaient pas. Aucune proposition ne lui a été faite, l'Allemagne ayant, entre temps, envoyé ses ultimatums et repoussé toute négociation (4).

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