Lorsque la situation par le rappel de l'ambassa
(1) Livre orange, nos 4, 25, 33, 40, 42. Livre bleu, no 55.
(2) Livre orange, nos 4, 5, 11, 12.
deur autrichien, commença à s'aggraver, il a réclamé l'aide de l'Italie qui devait en refusant son appui à l'Autriche lui faire abandonner son attitude intransigeante (1).
4. Malgré la rupture des relations austro-serbes, il est entré en pourparlers amicaux avec le gouvernement de Vienne; il a montré en détail au comte Szapary quels étaient les points de la note autrichienne qui étaient acceptables pour la Serbie, mais il a aussi fait ressortir ceux qui, du moins sous la forme exigée, ne pouvaient être acceptées par aucun Etat indépendant (2).
5. Il a exprimé le vif désir de diminuer par des pourparlers directs la tension existant entre l'Autriche et la Russie et il a prié Vienne de donner pleins pouvoirs à l'ambassadeur autrichien à Pétersbourg (3).
6. Après l'échec de cette tentative, Sazonow a appuyé par tous les moyens la proposition de la conférence à quatre, suggérée par Grey (4).
7. Il s'est déclaré prêt à rester à l'écart et à se soumettre aux propositions des puissances (5).
8. Il a engagé le tsar Nicolas à envoyer la dépêche au prince Alexandre de Serbie, dans laquelle le tsar lui recommande chaudement toute solution propre à éviter les horreurs d'une guerre (6).
9. Après la déclaration de guerre de l'Autriche, il a instamment prié le gouvernement anglais d'agir auprès
(1) Livre orange, no 23.
(2) Livre orange, no 25.
(3) Livre orange, nos 38, 45, 50, 54, 77. Berchtold déclara le 28 juillet, à l'ambassadeur russe qu'il ne pouvait « ni reculer ni entrer en discussion sur aucun des termes de la note austro-hongroise. »
(4) Livre orange, nos 32, 49, 55, 77.
(5) Livre bleu, nos 55, 78. Livre orange, no 32.
(6) Livre orange, no 40.
du cabinet de Berlin afin qu'il engage l'Autriche à reprendre au moins les pourparlers (1).
10. Il a, à plusieurs reprises et d'une façon toujours plus pressante, sollicité la médiation de l'Angleterre sous la forme d'une conférence à quatre et s'est en même temps déclaré prêt à causer directement avec l'Autriche. Le refus des deux propositions à Vienne et à Berlin ne l'a pas empêché de les répéter constamment (2). Sazonow insista particulièrement le 29 juillet (3) auprès du comte de Pourtalès pour obtenir l'appui de l'Allemagne pour l'une ou l'autre des propositions. Il fit ressortir l'utilité d'une action parallèle, c'est-à-dire d'une conférence des quatre puissances intéressées à Londres et en même temps de négociations directes entre l'Autriche et la Russie. Il rappela le succès qu'avait obtenu une action analogue lors de la dernière crise des Balkans et il ajouta qu'après les concessions faites par la Serbie, le règlement des points encore en litige n'offrait aucune difficulté particulière si l'Autriche faisait preuve de la moindre bonne volonté et si toutes les puissances exerçaient leur influence en faveur d'une entente. Au vibrant appel de Sazonow, Pourtalès sut seulement répondre que l'Allemagne avait exercé une influence modératrice à Vienne et qu'elle continuerait à l'exercer. Ni à Paris, ni à Londres, ni à Pétersbourg on ne put obtenir davantage de l'Allemagne qui, soi-disant, conseillait la modération à Vienne, mais qui, au fond, ne montrait aucun aquiescement
(1) Livre orange, no 43.
(2) Livre orange, nos 25, 32, 34, 38, 39, 43, 45, 48 (que l'Angleterre entreprenne d'urgence une action médiatrice).
(3) Livre orange, no 49.
positif aux propositions de paix des puissances de l'Entente.
11. Sazonow, conjointement avec la France et l'Angleterre, a invité plusieurs fois le gouvernement allemand qui n'élevait apparemment des objections que contre la forme de la conférence, à proposer lui-même la forme qui lui serait agréable. Il déclarait qu'il accepterait par avance toute proposition de ce genre (1).
12. Il a, le 29 juillet, engagé le tsar à proposer, par dépêche, au kaiser, de soumettre le conflit austro-serbe au Tribunal de La Haye.
13. Il a, le 3(J juillet, dicté à Pourtalès une formule transactionnelle qui ne poursuivait que la protection des droits souverains de la Serbie et qui obligeait la la Russie à suspendre ses préparatifs militaires (2).
14. Après que l'Allemagne eut repoussé cette formule, il déféra au désir de Grey et rédigea une formule encore plus conciliante. // admettait que les troupes autrichiennes restent en Serbie durant les pourparlers ultérieurs et il s'engageait à garder une attitude expectante (3).
15. Lorsque l'Autriche s'est déclarée prête, le 31 juillet, à entrer en discussion sur la question serbe, Sazonow a immédiatement engagé les pourparlers à Pétersbourg et exprimé dans une dépêche, adressée à Londres, l'espérance qu'il parviendrait à résoudre pacifiquement le conflit (4).