Y POUR
Le lapin aux ailes rouges
Petit Lapin vivait avec sa mère sous un gros arbre. Il avait une bonne maison, un bon lit, et 1l avait toujours quelque chose à manger. Mais il n’était pas content.
Un jour, il vit passer M. l’Écureuil.
“Que j'aimerais avoir une belle grande queue comme lui!” dit-il.
Quelque temps après, il vit un beau gros coq. ‘Maman, dit-il, que j'aimerais avoir de belles plumes comme le coq!”
Enfin, il aperçut un canard. “Oh! que j'aimerais avoir des pattes comme M. le
Canard.”
Tous les jours, c’était le même refrain:
Que j'aimerais ceci, que j'aimerais cela!
Une après-midi, Mme la Marmotte passa tout près de chez lui. Elle entendit Petit Lapin, et elle alla le trouver.
“Mais va donc à l’Etang-au-Souhait, lui dit-elle. Là, tu fais un souhait, tu te regardes dans l’eau, tu fais trois tours, et tu as ton souhait.”
Petit Lapin ne prit pas le temps d’aller en parler à sa mère. Vite, il courut à l’Étans-au-Souhait.
Quand Petit Lapin arriva à l'étang, il aperçut un petit oiseau près de l’eau. Cet oiseau avait de belles ailes rouges.
Petit Lapin s’arrêta et se mit à le regarder. “Comme il est beau!” se dit-il.
Puis il fit un souhait: “Que j'aimerais avoir deux belles ailes rouges comme cet oiseau !”?
Au même instant, 1l regarda l’étang et se vit dans l’eau. Aussitôt il fit trois tours. À peine avait-il fait les trois tours qu’il vit deux aïles rouges sur son dos.
Comme 1il était content! Il courut à toutes jambes vers sa mère pour lui montrer ses belles ailes.
Mais quand il arriva chez lui, il faisait un peu sombre, et la porte était fermée.
Sa mère entendit toc, toc, à la porte.
Elle alla voir, mais elle ne laissa pas
entrer Petit Lapin.
Elle ne savait pas du tout quel était cet animal-là. Elle n’avait jamais vu de lapin aux ailes rouges. Et elle était loin de penser que c'était Petit Lapin.
Petit Lapin s’en alla donc trouver ses amis. Mais pas un ne le laissa entrer. Tout le monde avait peur de cet animal à quatre pattes, aux grandes oreilles, et aux ailes rouges.
Enfin, il arriva chez Mme la Marmotte.
Mme la Marmotte savait bien qui il était.
Elle le laissa entrer. Petit Lapin passa la nuit chez elle, dans un lit qui était loin d’être aussi bon que celui qu’il avait chez lui.
Le lendemain matin, Mme la Marmotte lui dit: “Comment aimes-tu tes ailes?
—Je n’en veux plus! dit Petit Lapin.
— Alors, tu sais quoi faire, n’est-ce pas?” lui dit Mme la Marmotte.
Petit Lapin en avait assez. Il courut à l’Étang-au-Souhait. Là, il fit son souhait, se regarda dans l’eau, fit trois tours, et ouf! 1l n’avait plus d'ailes.
Alors, il courut chez lui.
Quand il arriva, sa mère fut bien contente de le revoir. Elle pensait que son cher Petit Lapin était perdu.
Après ce temps-là, Petit Lapin fut toujours content de ce qu’il avait et de ce qu’il était.
BU
Le diner de Mme l’Oie
Ce matin-là, Mme l’Oie eut une idée.
Elle en était contente.
“Je vais donner à diner, aujourd’hui, se dit-elle. Mme l’Écureuil a donné un diner, Mme le Lapin et les demoiselles Canard aussi. C’est donc mon tour.”
Aussitôt après, elle se dit: “La première chose à faire, c’est de préparer ma petite maison.”
Elle se mit tout de suite au travail,
Ensuite, elle se dit: ‘Je fais des bons gâteaux et des bons biscuits sucrés. Avec du chocolat au lait, cela fera un bon diner
pour mes amies.”
Elle courut à sa petite cuisine, et se mit aussitôt à faire du chocolat au lait, un gâteau et des biscuits sucrés.
Il faisait très chaud dans sa cuisine.
De temps en temps, Mme l’Oie prenait le temps de s’asseoir quelques minutes.
“J'espère, se disait-elle alors, qu’elles
vont aimer mon diner.” LTS
Mme l’Oie n’avait pas toujours l’idée à son travail et faisait très vite ce qu’elle faisait. À onze heures, elle avait fini de préparer son dîner.
“Il n’est que onze heures! se dit-elle.
Tant mieux! J’aime être à temps, moi.
Et j'aurai le temps de m’asseoir.”
Elle alla s’asseoir de nouveau dans sa chaise, et quelques minutes après elle s’endormit. Elle dormit presque une heure.
Tout à coup, elle ouvrit les yeux.
“Oh! J’ai dormi! s’écria-t-elle. Il est presque midi, et Je n’ai pas encore fait ma toilette! Mme le Lapin, Mme l’Écureuil et les demoiselles Canard vont peut-être arriver à l’instant même!”
Elle ne prit pas le temps de regarder à la fenêtre pour voir si ses amies venaient.
Elle monta l’escalier en courant, courut à
sa chambre et se mit à faire sa toilette.
Elle se mit le bec dans l’eau, et le passa
deux ou trois fois sur les plumes de son dos. Puis, vite elle mit sa robe neuve, et enfin, son chapeau.
Ensuite, elle courut à son miroir. Là, elle se tourna à droite et à gauche pour voir si elle avait bien mis sa robe et son chapeau. Puis elle descendit l’escalier.
“Elles ne sont pas encore ici, se dit-elle.
Tant mieux. J’aurai le temps de m’asseoir
un bout de temps.”
Après quelque temps, Mme l’Oie se leva et alla regarder par sa fenêtre. Elle ne vit personne. Klle retourna s’asseoir.
“Comment se fait-il donc que personne ne vient? se dit-elle. J’ai faim, moi.”
Cinq minutes après, elle se leva encore une fois et alla à la porte. Elle ne vit personne.
“Jespère qu’elles n’ont pas oublié mon diner,” se dit-elle.
Tout à coup, elle vit les trois demoiselles Canard passer.
“Hé! n’entrez-vous pas?” leur cria-t-elle.
Les demoiselles Canard s’arrêtèrent et regardèrent aussitôt Mme l’Oie. Puis, une d’elles dit:
“Non, nous allons à l’étang.
—Mais, dit Mme l’Oie, ne venez-vous pas à mon diner?
—Votre diner! dit une autre demoiselle Canard. En voici la première nouvelle.
—Que je suis stupide! dit Mme l’Oie.
Je donne à dîner, et j’ai oublié d’inviter mes amies! Que je suis stupide!” Et elle se mit à pleurer.
Puis elle dit: ‘Tout ce travail pour rien!
Je ne pourrai jamais manger tout cela!
—[l n’y a pas de quoi pleurer, dit une des demoiselles Canard.
—Voulez-vous bien nous donner à dîner?
dit la deuxième.
—S'il vous plaît! répondit Mme l’Oie, Entrez!”
“Allez donc, une de vous, s’il vous plaît, chercher les autres, dit Mme l’Oie. Oh!
dites-leur de ne pas faire de toilette.”
Dix minutes après, les cinq grandes amies de Mme l’Oie étaient dans sa maison.
Elles trouvèrent le gâteau, les biscuits sucrés et le chocolat au lait très bons.
“Je voulais donner à dîner, dit Mme l’Oie avec un sourire un peu stupide, et je vous ai fait une surprise!”
Le pommier
“Je veux la grosse pomme rouge,”
Dit Jeannine au pommier un jour.
“Je veux celle qui bouge
Et qui cherche à faire le tour.”
Le gros pommier ne fit pas mine Qu'il avait entendu l'enfant.
“S'il vous plaît!” dit Jeannine.
La pomme tomba dans l'instant.
Un animal effrayant
Grisonne était une petite souris grise à grande queue. Elle vivait avec sa mère dans un trou sombre de la cave.
Un jour, elle arriva en courant. Elle courait, mais elle avait bien de la peine à courir et ne pouvait presque pas parler.
“Qu'est-ce qui t’a fait peur?” lui dit sa mêre.
Après quelque temps, Grisonne répondit: “Je voulais savoir ce qu’il y a dans le monde, en dehors de cette vieille cave sombre, et je suis allée à la grange. dJ’ai
vu là un gros animal qui me ressemble.
—Un animal qui te ressemble! dit sa mère. Voilà du nouveau pour moi.
— Oui, maman, dit la petite souris. Ila comme moi une grande queue grise, et aussi du poil gris.”
La maman Souris se mit à avoir peur, elle aussi. Puis elle dit: “Qu'est-ce qu’il t’a fait?
—T] était couché dans le soleil, dit Grisonne, et chantonnait quelque chose. Il avait l’air si bon que j'avais envie d’aller tout près de lui et de lui parler.
— Ah! je sais maintenant ce que tu as vu. C’est le gros chat, dit la maman Souris. Oui, il a l’air bon et il aime les souris, mais il aime surtout à les manger.
J'espère que tu n’es pas allée lui parler!
—Non, répondit Grisonne, j'ai eu trop peur! À ce moment-là, j'ai vu un animal
effrayant! Oh, comme il m’a fait peur!
—À qui ressemble-t-il donc, cet animal effrayant? demanda la maman Souris.
—Rien que d’y penser, cela me fait peur!
répondit Grisonne. Il a un grand nez pointu et une barbe toute rouge. Il est effrayant à voir, maman!”
La maman Souris ne pouvait pas voir ce que c'était.
“II a un chapeau tout rouge comme sa barbe, dit Grisonne, et il n’a que deux pattes. Il disait quelque chose comme s’1l en voulait à quelqu'un. Oh, que j'ai eu peur!
—Hi! Hi! Hi! fit la maman Souris.
—Qu'est-ce qui vous fait rire, maman?
demanda Grisonne.
—C’est un coq que tu as vu, répondit la maman Souris. Or, un coq ne fait mal à personne.
—Mais il est effrayant!” dit Grisonne.
Puis, la petite souris grise dit: “Mais, maman, le chat à l’air si bon!
—Écoute, dit la maman Souris, écoute bien ceci: On ne peut pas toujours dire, d’après la mine, que celui-ci est bon et que celui-là est méchant.
Et si tu veux ne pas te faire attraper
et te faire manger, fais bien attention à
cela !”?
Le lutin-cordonnier
À la recherche du pot d’or
Il était une fois un petit garçon qui s'appelait Jeannot.
Un jour, Jeannot dit à sa mère: “Maman, J'ai entendu dire qu’il y a dans le bois un lutin qui sait où il y a un pot d’or. Si je puis l’attraper, j'aurai l’or et je n’aurai jamais besoin de travailler.
—J’ai entendu parler de ce lutin-là, moi aussi, dit la maman de Jeannot. On dit que c’est un cordonnier. Mais personne n’a jamais pu l’attraper. Je crois que tu
ferait mieux de travailler, Jeannot.
—Voulez-vous bien que j'aille essayer?
demanda Jeannot. Il n’y a pas de mal à essayer, n'est-ce pas?
—Fais ce que tu veux, répondit sa mère.
C’est du temps perdu, je le sais. Mais c’est le temps des vacances, et c’est une manière de t’amuser. Va.”
Tous les jours, Jeannot s’en allait dans le bois. Il allait lentement. Il regardait à droite, à gauche, dans les arbres, sous les feuilles, sous les vieux troncs d’arbres, il regardait partout. Mais il ne trouvait jamais rien.
Un jour qu’il était fatigué, il s’assit au pied d’un arbre. Il écoutait. Tout à coup il entendit:
Tic, tic, tic, tic, TC RTIC AtICHATLC: |
“C’est le marteau du lutin! s’écria-t-1l.
C’est son marteau de cordonnier !”
Puis, Jeannot entendit une toute petite voix. C'était le lutin qui chantait. Voici ce qu’il chantait:
Je n’ai pas une belle mine, Mais je sais faire une bottine.
Turlututu, Chapeau pointu.
Jeannot s’approcha lentement et sans
faire de bruit. Tout à coup, il vit un tout
petit homme au pied d’un arbre.
Jeannot s’approcha encore du lutin. Le petit marteau de cordonnier faisait:
ICRTICNTICTIC:
Die, 11e, dotés jule presque sous le nez de Jeannot.
“C’est bien lui! se dit Jeannot. Il ne faut pas qu’il se sauve. Je vais avoir les yeux sur lui tout le temps.”
Jeannot s’approcha tout près du lutin.
“Bonjour!” dit Jeannot.
Le lutin n’entendit pas ou fit semblant de n’avoir pas entendu.
Pendant ce temps-là, Jeannot regardait le lutin tout le temps.
‘Tu sais, n'est-ce pas, où est le pot d’or?
lui demanda Jeannot. Viens me montrer où il est.”
Le lutin ne répondit pas, mais il dit:
“Oh! un de mes clous vient de tomber à
terre. Aide-moi donc à le trouver.”?
“Qu'il est fin! se dit Jeannot. Il veut me faire chercher son clou et, pendant ce temps-là, se sauver. Mais je suis fin, moi aussi. Je vais garder les yeux sur lui.”
Jeannot se mit à genoux et fit semblant
de chercher le clou.
Pouf! Le lutin souffila dans la poussière, et la poussière alla dans Les deux yeux de Jeannot. Quand Jeannot ouvrit enfin les yeux, le petit cordonnier était parti.
Jeannot avait encore les yeux rouges quand il arriva chez lui. Il raconta à sa mère ce qui était arrivé.
“Tu ferais mieux, je crois, lui dit sa mère, de ne plus y aller. Ce lutin est trop fin pour nous.”
Jeannot essaye encore
Mais Jeannot voulait essayer encore une fois.
“Je l’ai trouvé une fois, dit-il, je puis le trouver une autre fois. Et cette fois-ci, il se fera jouer un tour.”
Jeannot alla donc se promener de nouveau dans le bois. Il y alla plusieurs fois sans trouver le lutin.
Mais un jour qu’il allait vers l’étang, il entendit tout à coup:
HHCATICATICHLIC, API, (ke, 1nke, tue “C’est lui!” se dit Jeannot.
Puis, Jeannot entendit la petite voix
qui chantait:
Je n’ai pas une belle mine, Mais je sais faire une bottine.
Turlututu, Chapeau pointu.
Jeannot continua son chemin vers l’étang. Mais il allait plus lentement et faisait attention de ne pas faire de bruit.
En même temps que la petite voix chantait, le marteau faisait:
HLIC ELIC ALIC ELIC, IC MI AUIC BEIC:
Jeannot s’approcha si doucement qu’il était tout près du lutin, et le lutin ne l’avait pas encore vu.
“Pour qui fais-tu cette bottine?” dit Jeannot. Le lutin fut très surpris.
“Est-ce pour une fée? continua Jeannot.
—Ca, c’est un secret,” répondit le lutin.
Jeannot s’approchait de plus en plus.
Mais cette fois-ci, il approchait aussi sa main droite. “Pourquoi travailles-tu si fort? demanda:-t-il au lutin.
—Tout le monde doit travailler,” répondit le lutin. Puis le lutin continua:
“Comment se fait-il que tu ne travailles pas, toi? Pourquoi laisses-tu les vaches manger le blé dans ce champ-là?”
Jeannot allait regarder, quand tout à coup il pensa: “C’est un tour du lutin.”
À ce moment-là, Jeannot était tout près du lutin. Vite, il le prit dans sa main droite.
Un autre tour du lutin
“Enfin, je te tiens! dit Jeannot. Dismoi où est le pot d’or ou bien je vais te faire mal. Dépêche-toi!
— Alors, allons-y,” dit le lutin.
Jeannot tenait le lutin dans sa main, et le lutin lui disait où aller. Le lutin le faisait aller de temps en temps à droite, et de temps en temps à gauche. Enfin, il lui dit de s’arrêter.
“IL est ici, le pot d’or, dit le lutin, dans la terre, sous cet arbre.
— Alors, il faut que j'aille me chercher une pelle,” se dit Jeannot. Puis il se mit à penser: “Comment est-ce que je vais savoir où est cet arbre? Tiens! je sais comment.”
Il prit sa cravate, la passa autour de l’arbre et l’attacha. Pendant ce temps-là,
1l tenait le lutin sous son bras.
“Ne me laisses-tu donc pas partir maïntenant? demanda le lutin.
—Non, répondit Jeannot, pas si tu ne me promets pas de laisser ma cravate où je viens de la mettre.
—Je te le promets, dit le petit lutin.
Maintenant, laisse-moi aller. Il faut que j'aille travailler à mes bottines.”
Jeannot mit le lutin à terre et dit:
“Merci de m’avoir dit où est le pot d’or.
— Adieu!” dit le lutin de sa toute petite voix. Et il disparut à l’instant même.
Jeannot courut à toutes jambes chercher une pelle. En un rien de temps, il en avait trouvé une.
Il courut aussitôt vers le bois, sans prendre le temps d’aller dire à sa mère qu’il savait où était le pot d’or.
Il arriva bientôt au bois.
Mais quelle surprise pour Jeannot! Il y avait des cravates tout comme la sienne autour de tous les arbres!
Jeannot laissa tomber sa pelle et s’assit sur un vieux tronc d'arbre. Il était bien triste! Il regardait tous ces arbres et toutes ces cravates.
“Le lutin, pensa:t-il, a tenu sa promesse, mais en même temps, il vient de me jouer un autre tour. Je suis où j'en étais les premiers jours! Le pot est ici, dans le bois, mais sous quel arbre? Il y en a tant!”
Jeannot avait le coeur bien gros!
“Maman avait raison, se dit-il. Ce lutin est trop fin pour nous.”
Il se leva, prit sa pelle et s’en alla lentement vers la maison.
“J’en ai assez, se dit-il en s’en allant.
J’ai appris, moi aussi, qu’il vaut mieux travailler pour faire de l’argent que de passer son temps à chercher le pot d’or.”
Les trois cochons Ils s’en vont dans le monde
Il y avait une fois trois petits cochons qui vivaient avec leur mère. On les appelait Blanchet, Noiraud et Bicolore.
Un jour, Blanchet dit a sa mère: “Maman, ne pensez-vous pas qu’il est temps pour nous d’aller dans le monde et de nous faire chacun une maison?
—Oui, dit la mère. Mais faites bien attention au loup!”
Le lendemain matin, de bonne heure, on vit les trois petits cochons partir.
Blanchet vit un homme qui avait de la paille. Il courut à l’homme et lui dit:
“Voulez-vous bien me donner de la paille?
Je veux me faire une maison.”
L'homme lui donna beaucoup de paille,
et Blanchet se fit une maison.
À quelque temps de là, le loup arriva.
Blanchet entendit toc, toc, à la porte. Il alla voir par la fenêtre.
“Petit cochon, dit le loup de sa grosse voix, laisse-moi entrer.
— Non! dit Blanchet. Par les poils de ma barbiche, tu n’entreras pas!
— Alors, dit le loup, je vais soufller et souffler jusqu’à ce que ta maison tombe.”
Il se mit à souffler et à soufler, et la maison tomba.
Il sauta aussitôt sur Blanchet, et en
peu de temps il l’eut mangé.
Noiraud vit un homme qui avait des planches. Il courut à lui.
“Donne-moi des planches, s’il te plaît, dit-il à cet homme. Je veux me faire une petite maison.”
L'homme donna à Noiraud toutes les planches qu’il voulait, et le petit cochon se fit une maison.
Quelques jours après, le loup arriva.
Il frappa à la porte et dit: “Petit cochon, laisse-moi entrer.
—Tu es le méchant loup, dit Noiraud.
Par les poils de ma barbiche, tu n’entreras pas ici!
— Alors, dit la grosse voix du loup, je vais soufller, souffler et puis souffler, jusqu’à ce que ta maison tombe.”
Il se mit donc à souffler et à souffler, puis à souffler et à souffler encore, et la
maison tomba. Puis il mangea Noiraud.
Bicoloïe rencontra un homme qui avait des briques.
“Donnez-moi des briques, s’il vous plaît, dit-il à l’homme. Je voudrais me bâtir une maison.”
L'homme donna beaucoup de briques à Bicolore, et Bicolore se bâtit une belle maison.
Quelque temps après, le loup arriva et frappa à la porte.
“Petit cochon. dit le loup, laisse-moi entrer.
—Tu es le méchant loup, dit Bicolore.
Par les poils de ma barbiche, tu n’entreras pas.
— Alors, dit le loup, je vais souffler jusqu’à ce que ta maison tombe.”
Il se mit à souffler et à souffler, à souffler encore, et puis à souffler, mais la maison de briques ne tomba pas.
Le loup revient
Le lendemain, le loup arriva de nouveau.
Il parlait doucement, cette fois-ci. ‘Petit cochon, dit-il, aimes-tu les navets?
—Beaucoup, répondit Bicolore.
—[1 y en a des gros dans le champ que tu vois là-bas, dit le loup. Demain, j'irai te montrer où ils sont. |
—À quelle heure? demanda Bicolore.
—À six heures,” répondit le loup.
Mais le lendemain matin, Bicolore se leva à cinq heures, et vite il courut au champ se chercher un panier de navets.
À six heures, le loup arriva. Il alla tout près de la porte et dit: ‘Petit cochon, ne viens-tu pas?
—Non, répondit Bicolore, jy suis allé il y a une heure. Je suis en train d’en faire cuire une potée.”
Comme le loup était fâché! Tout de même, il dit doucement: ‘‘Je sais où 1l y a de bonnes grosses pommes rouges.
Veux-tu venir en chercher avec moi demain matin, de bonne heure?
—À quelle heure? demanda Bicolore.
? répondit le loup.
Mais le lendemain matin, Bicolore se
— À cinq heures,’
leva à quatre heures, et vite il courut au pommier se chercher un panier de belles
grosses pommes rouges.
Bicolore était encore dans le pommier
quand le méchant loup arriva.
“Tu es pris!” s’écria le loup.
Mais Bicolore savait se tirer d’affaire.
“Voici une bonne pomme,” dit-il au loup.
Il fit rouler une pomme sur l’herbe aussi loin qu’il put. Et pendant que le méchant loup courait après la pomme, Bicolore
descendit du pommier et courut chez lui.
Quelques jours après, le loup arriva de nouveau.
“IL y a une exposition en ville, dit-il à Bicolore. N’aimerais-tu pas y aller?
—Si, répondit le petit cochon blanc et noir, J'aimerais beaucoup aller voir une exposition. De plus, j'ai affaire en ville.
À quelle heure y vas-tu?
—À neuf heures,” répondit le loup.
Mais Bicolore se leva à sept heures, et courut à la ville. Il n’alla pas s’amuser à l'exposition. Il alla au magasin s’acheter une baratte, puis il retourna chez lui par un autre chemin.
Pendant ce temps-là, le loup était à la recherche de Bicolore.
Arrivé sur le haut d’une côte, Bicolore aperçut le loup au bas de la côte. Le loup venait vers lui, et il avait l’air très fâché.
Vite, Bicolore se mit dans la baratte.
À peine le petit cochon fut-il dans la baratte, que la baratte se mit à rouler vers le bas de la côte. Et plus elle roulait, plus elle allait vite.
Quand le loup la vit venir vers lui, il eut si grand’peur qu’il se sauva à toutes jambes. Il n'avait jamais vu un animal comme celui-là.
Le lendemain, il arriva de bonne heure à la maison de Bicolore.
“Es-tu allé à l’exposition? dit Bicolore.
—Non, répondit le loup. J’y allais quand tout à coup j'ai vu venir vers moi un animal effrayant qui s’est mis à courir après moi! J’al eu si grand’peur que je suis allé me cacher chez moi!”
Bicolore se mit à rire: “Ha! Ha! Ha! Je t’ai fait peur! C'était moi qui étais dans une baratte! J’étais allé l’acheter en ville,
et je m’en revenais!”
Le loup se fâcha si fort qu’il dit: ‘Je vais entrer par la cheminée et te manger!” Vite, le petit cochon fit un grand feu.
Et quand le loup descendit, il tomba la
tête la première dans la potée d’eau.
Jamais, après ce temps-là, le loup n’alla
à la maison du cochon noir et blanc.