Voir les Noyades de Nantes, 2* édit., p
2. Déposition de Lenoir, Bulletin du Tribunal révolulionnaire^ VI, n" 97, p. 398. — Miçhelet, Histoire de la Révolution, édit. Lacroix, VIII, 342.
quelques craintes de la part d'un homme si fantasque et si disposé à se jouer de la vie humaine. Les royalistes et les modérés étaient certainement les moins intéressés au départ de Carrier : les derniers prisonniers de l'Entrepôt avaient été noyés ou fusillés, et les modérés, riches ou pauvres, mais surtout les riches, avaient autant à redouter du Comité révolutionnaire que de Carrier luimême.
Malgré son mécontentement, la Société Vincentla-Montagne évitait de rompre en visière avec Carrier. Les deux membres, qu'elle avaitsournoisement chargés de le dénoncer au Comité de Salut public, n'avaient pas dépassé Saumur qu'elle regrettait déjà de les avoir fait partir. Carrier avait, par un arrêté du 16 pluviôse (4 février) ^ destitué Champenois de ses fonctions d'officier municipal, et cette mesure qui, après ce qui s'était passé, avait le caractère d'un véritable défi, n'empêcha pas la Société de lui faire bon accueil, lorsqu'il se présenta, dans la soirée, en compagnie de son collègue Lequinio. « Il y parut, lisons-nous dans une lettre de J.-V. Goupilleau, dans les meilleures dispositions, manifesta ses intentions conciliantes, et parla dans des termes fort doux, en paraissant reconnaître ses torts envers la Société. Un membre prit ensuite la parole, et, après s'être exprimé en termes de paix, proposa le baiser fraternel. Plusieurs membres et les tribunes, qui ne connaissaient pas nos premières démarches, appuyèrent la proposition du baiser fraternel, qui fut adoptée,