Une mission en Vende'e, p
gner quelque reconnaissance. Il ne faudrait pas, néanmoins, exagérer les difficultés et le mérite de ce succès : les difficultés, parce que le principal intéressé, qui était Carrier, y avait aidé luimême en demandant son rappel; le mérite, parce que le danger que Jullien prétend avoir couru en combattant Carrier tout-puissant à Nantes est loin d'être démontré.
Dans les jours qui suivirent son départ de Nantes, Jullien envoya de Tours des renseignements moins hâtifs pour dépeindre la situation de la ville de Nantes durant la mission de Carrier. Bien que les lettres qui les contiennent aient été reproduites dans divers ouvrages historiques, elles ont leur place naturelle dans ce volume. Cette fois, le témoignage de Jullien s'accorde avec celui de tous les documents contemporains.
« La réunion des trois fléaux, delà peste, delà famine, de la guerre, menace Nantes. On a fait fusiller, peu loin de la ville ^, une foule innombrable de soldats royaux, et cette masse de cadavres, entassés, jointe aux exhalaisons pestilentielles de la Loire, toute souillée de sang, a corrompu Tair. Des gardes nationales de Nafites ont été envoyées par Carrier pour enterrer les morts, et deux mille personnes, en moins de deux mois, ont péri d'une maladie contagieuse. L'embarras de la Loire n"a pas permis de faire venir des subsistances pour remplacer celles qu'absorbaient nos armées, et la commune est en proie à la plus horrible disette-.