Une mission en Vendée, p. 229 et
3. Emprisonné le 23 thermidor (Germain Sarrut et Saint-Edme, VI, I, p. 349 et 352), il fut élargi le 3 brumaire an IV, et non le 24 fructidor suivant, comme le dit M. Aulard, Réaction thermidorienne, p. 18.
4. Jullien n'a pas été seulement agent du Comité de Salut public. Sur le rapport de Garnot, la Gonvention avait décidé,
craignait d'être inquiété à propos de sa mission, sollicita de la Société populaire de Nantes un rapport favorable dont la rédaction fut confiée à Leminihy,
le 12 germinal an II (!"='' avril 1794), que les six ministres seraient remplacés par douze Commissions, entre lesquelles seraient répartis les divers services [Réimpression du Moniteur, XX, 116). Sur la proposition de Barère, le 29 germinal (18 avril) Payan, administrateur du département de la Drôme, et Jullien, agent du Comité de Salut public, avaient été chargés des fonctions de commissaires pour l'instruction publique, c'est-à-dire qu'ils étaient à la place des ministres {Réimpression, XX, 256). Au dire de Lakanal (Rapport, Journal de la Montagne, 17 septembre 1794, 1'" sans-culottide de l'an H, p. 1170), « Payan et Jullien avaient puissamment servi le dernier tyran dans le projet de vandaliser la France ». Entre temps, Jullien avait joué à Bordeaux le rôle d'un représentant en mission. Il avait déployé une férocité presque sauvage dans l'arrestation des députés girondins cachés dans le Médoc, et, à Bordeaux, il avait fait tomber un grand nombre de têtes (Voir Vivie, Histoire de la Terreur à Bordeaux, t. II, p. 298 à 328). L'amnistie générale, votée le 4 brumaire an IV et accordée à tous les actes accomplis pendant la Révolution, couvrit ses crimes. Il avait renié Robespierre, son bienfaiteur et son ami, et il alla jusqu'à se vanter d'avoir parlé en secret de la nécessité où il serait, peutêtre, de le poignarder (Vatel, Charlotte Cordai/ et les Girondins, t. m, p. 609). Sous le Directoire il fonda, avec Antonelle, un journal intitulé le Bulletin, où il professa ouvertement des principes anarchiques, afin, dit Laréveillère-Lepaux, dans ses Mémoires (t. I, p. 360), d'acquérir de l'influence, et surtout de l'argent. Il fut impliqué dans les poursuites auxquelles donna lieu la conspiration de Babeuf. Lorsqu'en 1797, les journaux revinrent sur sa mission de Bordeaux, il chargea sa mère, comme s'il eût été trop jeune pour se défendre lui-même, de faire parvenir à Prudhomme une longue apologie, dont il ne reste rien quand on a lu le livre de M. Vivie (Prudhomme, Histoire générale impartiale des erreurs, des fautes et des crimes de la Révolution, V, 464). 11 occupa, sous le Consulat et sous l'Empire, des postes élevés dans l'administration de l'armée, et fut, en 1815, l'un des fondateurs du Constitutionnel. A force de publier sur sa vie des notices louangeuses, dont la plus importante occupe quatre-vingts grandes colonnes du tome VI, 1" partie de la Biographie des hommes du jour, par Germain Sarruf et Saint-Edme, il avait réussi à faire oublier son passé, et avait obtenu une certaine considération dans le public des Sociétés philantropiques. La liste de