‹ J.-B. CarrierChapitre 140 sur 207 · Journal delà Montagne, p · texte numérisé non relu

Journal delà Montagne, p

2. L'Orateur du peuple^ 29 fructidor an H (15 septembre 1794), p. 21.

s'entendre à l'amiable sur des mesures secrètes, et essayer, en dernière analyse, de nous rendre le doux régime des charretées à la Fouquier ^ »

Quelques jours plus tard, paraissaitun pamphlet intitulé : /e.s Not/ades oit Carrier au Tri/mnal révohitio/utaire, qui, au dire de tous les journaux, faisait la plus grande sensation.

De pareils articles, dont le public se montrait très friand, exaspéraient les Jacobins. Aussi ne faut-il pas s'étonner de leur insistance à demander la suppression de la liberté de la presse. Fayau, Levasseur, Vadier, Léonai'd Bourdon, étaient les plus ardents meneurs de cette campagne liber ticide'^-^ pour employer un mot du langage révolutionnaire, sans le détourner, cette fois, de son véritable sens.

1. Numéro de la 't sans-culottide (18 septembre), cité par M. Aulard, Réaction thermidorienne^ p. 104.

2. Journal de la Montagne, 3* sans-culottide de l'an II et 1" vendémiaire an m, pp. 1159, 1161, 1199.

CllAlMTiîi: XXII

CAUUIKK A i;OUI)UE DU JUUU

Hommage reiidii à lu ville de Nantes par la Coiivontiori. — Fôle en riionnenr de Marat. — Sa prodigieuse popularité. — Sortie violente de Legendre contre Carrier à la tribune de la Convention. — Dénonciation de Lofficiai concernant les généraux employés en Vendée. — Dénégations de Carrier d'avoir jamais ordonné aucune noyade. — Arrestation des généraux IJuché et Turreau, ordonnée à la suite d'un discours de Laignelot. — Renvoi devant le Tribunal révolutionnaire des membres du Comité révolutionnaire de Nantes. — Caractère et physionomie de leur procès. — Manifestation de l'opinion pour le renvoi de Carrier devant les juges du Comité de Nantes. — Le jugement de Barère et autres terroristes, réclamé par Fréron au même titre que celui de Carrier. — Carrier « à l'ordre du jour de toute la République». — Déposition de Guillaume Laënnec. — Hésitation égoïste des membres de la Convention à sacrifier Carrier. — Impressions de Laënnec sur plusieurs des accusés. — La mise en accusation de Carrier demandée par Ralfron. — Procédure tutélaire établie au profit des représentants dont l'accusation pourrait être demandée. — Application de cette procédure à Carrier, et déclaration des Comités qu'il y a lieu d'examiner les dénonciations dirigées contre lui. — Tirage au sort des noms des membres appelés à former la Commission des Vingt et Un.

Dans les derniers jours de fructidor an II, et les premiers de vendémiaire an III, la Convention s'occupa du relèveuient du commerce et de l'industrie, que le régime de la Terreur avait complètement détruits. Guyomard, passant en revue les grandes villes de France, s'exprima ainsi sur la situation de notre ville : « Tout retentit ici des malheurs qui ont affligé la commune de Nantes. Que pouvait le

commerce au milieu de tant de calamités et de persécutions? Cette citadelle de l'Ouest a soutenu un siège de plus de quinze mois ; elle a combattu les rebelles et les brigands ; elle a conservé à la République une place importante et la navigation de la Loire; sa fidélité, ses malheurs, appellent des encouragements ; si les infortunés Nantais se réunissent, Nantes redeviendra le plus grand magasin de F Europe, et assurera la circulation des matières et des denrées dans l'intérieur i. » A la suite de ce discours, quelques dispositions favorables au commerce et à la liberté individuelle furent décrétées.

Entre temps avait eu lieu la fête solennelle en l'honneur de Marat, dont la popularité dépassait tout ce qu'on peut imaginer. Partout on voyait son buste et son image. Ce qui étonne, ce n'est pas qu'en ce temps d'affolement générai on ait rendu à son cœur des hommages qui étaient la parodie, sacrilègement voulue, du culte rendu au Sacré Cœur de Jésus-Christ'', ce n'est pas que Fouché ait dit hautement: « 11 n'y a qu'un sentiment sur lui, nous voulons tous honorer la cendre de Marat -^ », c'est qu'un des avocats des Nantais n'ait rien trouvé de plus flatteur que de les comparer à Marat en disant : «. Comme lui, vous êtes entrés accusés dans cette salle, et, comme lui, vous en sortirez acquittés. » En faisant déposer au Panthéon les restes de Marat, les membres de la Convention n'avaient qu'un but :

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