RéiTnpression du Moniteur^ XXI, 772 et
CAHUIKI5 A L ORDIU: DU JOUR 321
exploiter à leur profit celte prodigieuse popularité.
Ils ne se piquaient guère de logique; car, tandis qu'ils exaltaient la mémoire de Marat, ils ne laissaient pas d'attaquer ses plus fervents admirateurs. Le 2 vendémiaire an 111(23 septembre 1794}, Legendre, irrité des criailleries des Jacobins contre la liberté de la presse, fit contre eux une sortie virulente dans laquelle il visa directement Carrier : (( Il est temps, dit-il, que la République ouvre les yeux sur les hommes qui voudraient mener la Convention, comme ils mènent une Société respectable, qui n'a perdu son lustre que parce qu'ils en sont les meneurs... Savcz-vous les infâmes lieutenants dont ils se servent? Ce sont ces hommes qui ont rendu l'Océan témoin de leurs crimes, qui ont rougi la mer par le retlux ensanglanté de la Loire. Le navigateur, qui recevait le baptême, en passant sous le tropique, ne voudra plus marquer cette époque de son voyage dans la crainte d'être inondé de sang... Citoyens, rappelez-vous que Necker et Lafayette craignaient la liberté de la presse ; ce dernier proscrivit, Marat, qui en était l'apôtre... L'honnête homme ne craint pas la liberté de la presse... On ne peut pas attaquer la liberté qui est consacrée par la Déclaration des droits de l'homme, mais on attaque les individus qui en usent et qui la défendent ^.. »
Peu de jours après, le 8 vendémiaire (29 septembre), une demande de secours en faveur du général Tuncq, qui avait été, dans le temps, destitué et remplacé par Rossignol, fournit à quelques