Réimpression du Moniteur^ XXll
322 J.-B. CAtlRlER
députés roccasion de rappeler l'indigne conduite, tenue en Vendée, par certains généraux républicains, et l'un d'eux en profita pour prendre à parti Carrier nominativement. « On n'a conservé dans la Vendée, dit Lofïicial, que les généraux qui ont commis le plus de scélératesses... 11 est temps de dire la vérité, la guerre de la Vendée n'a été rallumée que par les horreurs qu'on a commises en ce pays... 11 est bon que vous sachiez qu'un représentant du peuple, après avoir promis une amnistie aux habitants de ce pays, s'ils déposaient leurs armes, les a fait fusiller lorsqu'ils ont été désarmés. » Il est, de plus, à sa connaissance, ajouta-t-il, que Carrier a fait fusiller une femme et ses deux enfants en bas âge. « Examinez la conduite de tous ceux qui ont dirigé cette guerre, et vous verrez que la plupart sont coupables. »
Carrier monta à la tribune, et protesta avec force contre les calomnies répandues sur son compte par de vils pamphlétaires. Il se dit prêt à porter sa tête sur l'échafaud, si ces faits étaient prouvés. Une voix : a L'on en prouvera bien d'autres. » (( Il a, assurait-il, protégé au contraire ceux qui venaient se rendre. Quant aux brigands qui ont péri dans la ' Loire, la chose arriva lorsqu'ils voulurent passer ce fleuve. II a non seulement interdit de traduire les enfants en jugement, mais il a permis aux bons citoyens de les recueillir. » Ce dernier fait était vrai, et môme l'arrêté qu'il avait pris, en faveur de la remise de ces enfants à de bons citoyens, l'avait été contrairement au désir du Comité l'évolutionnaire; mais il oubliait qu'il avait lui-même, à son retour de Nantes, proclamé à la