Courrier universel du 24 frimaire an III
CAURIEH AU TRinUNAL RÉVOLUTIONNAIRE 393
an 11, dans laciuolh^ il aimôncail (ju'il laisail fusiller les brigands pai' centaines, il riposta simplement (iiie la (Convention lui avait l'ait l'honneur de voter rinsertion de cette lettre au IhiUetin.
La discussion traîna longtemps sur le point de savoir ce qu'étaient devenusquati*e-vingts brigands qui étaient venus à Nantes se rendre à discrétion, et que certains témoins affirmaient avoir été fusillés à l'arche de Mauves. Si j'en parle ici, c'est que Michelet prétend qu'on les retrouva vivants ^ La vérité est que, sur un compte de cadavres inhumés à Nantes, sous la direction d'un nommé Daubigny, et conservé aux Archives municipales, se trouve un article ainsi conçu : « A l'arche de Mauves, cadavres humains : quatre-vingt-huit. »
Bien que le général Turreau, avec ses colonnes infernales, eût depuis le départ de Carrier, transformé en désert une région tout entière, par l'incendie et le massacre et cela avec l'approbation de la Convention, on opposa à l'accusé salettre au général Haxo. 11 répondit qu'il ne la désavouait pas, parce qu'il avait été autorisé par la Convention à enlever tous les grains de la Vendée et à exterminer tous les habitants'-.
Les révélations sur la guerre de Vendée, faites par Thomas, patriote éprouvé, qui avait le droit, celiii-là, d'accuser Carrier parce qu'il n'avait pas attendu pour le faire qu'il fût tombe en disgrâce, sont horribles. Mais Carrier, dans ces faits, n'avait que sa part de responsabilité, et il y avait injustice à la lui faire supporter tout entière.
1. Histoire de la Révolution, Lacroix, 1878, t. VIII, p. 309.