Bulletin du Tribunal révolutionnaire, VII, p
L'accusé se contenta de traiter d'aristocrate le témoin Brondes, qui s'était trouvé auprès delui à la bataille de Gholet, et dont la déclaration avait jeté un doute fâcheux sur sa valeur en présence de l'ennemi (séance du 11 frimaire).
Le président Phelippes, qui l'avait si vigoureusement pris à partie, longtemps avant sa mise en accusation, ne l'épargna pas; c'était son droit. Il s'attacha surtout à montrer qu'il avait, dans les réunions des corps administratifs, cherché à s'associer les membres de ces corps pour l'exécution de ses grandes mesures.
L'affaire Tréhouart ne pouvait avoir au Tribunal révolutionnaire l'importance qu'on lui avait donnée à la Convention. Malheureusement pour lui, derrière Taifaire Tréhouart, apparut la protection donnée à Lebatteux, dont il lui était impossible de se justifier (12 frimaire).
Les premiers jours, il avait cru pouvoir nier avoir assisté au fameux dîner de la galiote. Le petit Robin, qu'on avait fini par trouver à l'armée de Sambre-et-Meuse, où Gillet l'avait fait placer en qualité de commissaire des guerres sur la demande de Carrier, lui rappela, avec tant de précision, certaines circonstances de cette orgie sinistre, que Carrier fut contraint de se rendre à l'évidence. Robin n'avait pas vingt-deux ans ; mais il était vicieux et cruel au-delà de toute imagination, et il raconta cyniquement qu'il avait noyé avec Lamberty de nombreux prisonniers sur les ordres du représentant.
Aux détails donnés par Alexis Mosneron sur le dîner des Champs-Elysées, qui ont été déjà repro-
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duits, il convidit (rajoiilvr c.olto coiilidonce que lui aurait faite Carrier, <( que Chaux et Coullin élaient des scélérat s qui l'avaient poussé à toutes les mesu l'es ultra-r('voIuti()nnaires, et que Forget avait tout conduit, tout dirigé h Nantes, de concert avec Chaux et Goullin • » .
Ce dernier qui ne laissait échapper aucune occasion d'attaquer Carrier, afin d'atténuer sa propre responsabilité, riposta aussitôt par une autre confidence. «Je tiens de (Carrier, dit-il, un jour que nous nous dînions ensemble, qu'il avait le plus grand regret d'avoir épargné certains conire-révolutionnaires ; il ne m'aurait pas tenu ce propos si j'avais été de ceux qui l'avaient poussé aux excès. » Ce fut ce jour-là que Goullin raconta l'anecdote, qu'il dit tenir de Lamberty lui-même, sur M''^ Céleste Cuissart que Lamberty avait noyée parce qu'elle avait refusé de se livrer à lui- (13 frimaire).
Tout le monde se croyait le droit de jeter la pierre à l'accusé, même ceux qui auraient semblé avoir le plus d'intérêt à se taire pour se faire oublier. Tel était bien le cas d'un nommé Dhéron, inspecteur des vivres militaires ; il vint dire que Carrier lui avait donné Tordre de faire fusiller les commissaires de la Vendée qui prétendraient retenir pour leur département les grains saisis dans les communes rebelles. Des assistants se rappelèrent alors ce qu'était ce Dhéron. On lui reprocha de nombreux assassinats ; et, ce qui n'était pas banal, de s'être montré, dès le mois de mars 1793, à la Société populaire avec un chapeau orné