LE MAX1MU3I. — COUSTARD. — LA C03IPAGNIE MARAT
aux représontanls du peuple. » La nature de ces mesures n'est point indi(|uée. On lit aussi, quelques lignes plus bas : « Liste d(^ ceux qui nous paraissent les plus coupables, et dont nous avons envoyé les noms aux représentants du peuple sur leur demande. »
Des inférieurs, qui savent se faire écouter, deviennent bien vite aussi puissants que leurs maîtres, et c'était le cas des membres du Comité révolutionnaire dont Tautorité était subordonnée à celle des représentants. Carrier eut le bon sens vulgaire de comprendre que, nouveau venu à Nantes, il ne pouvait être bon juge des dénonciations qui lui étaient adressées, et il laissa le Comité libre de faire emprisonner tous les citoyens qu'il lui plairait de considérer comme suspects. Francastel, qui arriva à Nantes cinq ou six jours plus tard ^ pour aider Carrier à sans-culottiser cette ville, ne suivit pas une autre conduite.
Le décret du 29 septembre 1793", fixant le prix maximum des denrées de première nécessité, n'était pas encore appliqué à Nantes. Ce décret était absurde, puisque, sous prétexte de frapper les riches, comme le demandait Saint-Just, et de « tuer l'aristocratie mercantile », comme on disait à Arras dans Tentourage de Lebon, son résultat inévitable était de faire souffrir les petites gens, en accroissant la disette. Dans la pratique, il ne fut
1. « Je me rends à Nantes, écrivait, d'Angers, Francastel au Comité de Salut public, que je vais m'efforcer avec Carrier de sans-culottiser et républicaniser complètement. » 24 oc tobre 1793, 3 brumaire {Recueil des actes du Comité de Salut public, VII, 612).