LE MAXIMUM. COUSTARD. LA COMI'AGNIE MARAT
2S octobre, des pouvoirs intlivicluels, qui permettaient à chacun des membres de cette Compagnie de faire, à Nantes et dans le département, des visites domiciliaires et des arrestations, sous la seule condition, ({ui était une garantie dérisoire, de conduire an (.omité révolutionnaire les personnes arrêtées, et, par conséquent, sans mandat préalable du Comité'.
Le môme jour, 7 brumaire, 28 octobre, Carrier écrivait à la Convention que l'on venait de s'emparer de la personne de « Tex-député Coustard, et qu'il le faisait conduire de suite à Paris- ».
De tous les patriotes de Nantes, Coustard avait été celui qui avait propagé avec le plus d'ardeur les opinions révolutionnaires. Dans les administrations, dans les Sociétés populaires, dans les rangs de la garde nationale, il s'en était fait le champion et le porte-drapeau. Il avait été l'adversaire résolu de la noblesse et du clergé réfractaire et, sauf qu'il n'avait pas voté la mort dans le procès du roi, il avait parfaitement justifié la confiance des électeurs qui l'avaient élu successivement à la Législative et à la Convention. Envoyé en mission dans la Loire-Inférieure, au mois d'avril 1793, il avait bravement payé de sa personne dans divers engagements avec les rebelles. Au mois de juin, il avait été l'auxiliaire le plus actif de Baco, dans l'organisation de la défense de Nantes menacé par
1. Voir : la Compagnie Marat et autres auxiliaires du Coviité révolulionnaire^ par A. Lallié {Revue de VOuest^ numéro de juillet 1897).
2. Lettre lue à la séance du 11 brumaire an II [Réimpression du Moniteur, XVIll, 319 ; Recueil des actes du Comité de Salut public, VIII, 83).
l'armée vendéenne, et, le jour du siège, son émule en bravoure. Il n'en avait pas moins été dénoncé, le 18 juin, à la tribune de la Convention, comme complice des rebelles, par Marat et Robespierre ^ et invité à revenir à Paris pour se justifier. Resté à Nantes, uniquement pour, les travaux de la défense, car il avait refusé de s'associer au manifeste girondin du 5 juillet, il avait été, en même temps que Beysser, le 18 juillet^ mis hors la loi et décrété d'accusation 2. Ce décret lui ayant semblé devoir être l'effet d'une erreur, il avait aussitôt écrit à la Convention qu'il n'était resté à Nantes que parce qu'il y avait des dangers à courir, et que, d'ailleurs, le défaut d'avoir déféré à Tordre du rappel ne devait pas, légalement, avoir contre lui d'autre conséquence que de le faire considérer comme démissionnaire^. Quinze jours plus tard, son collègue Gillet faisait parvenir à la Convention un rapport dans lequel il parlait de sa conduite de la façon la plus élogiouse, et détruisait les allégations portées contre son fédéralisme^.
Confiant dans ces assurances, il continuait de résider h Nantes, lorsque, le 21 septembre, il fut dénoncé au tribunal criminel par des officiers municipaux de Nantes, comme ayant eu des intelligences avec les rebelles. La dénonciation n'avait aucun fondement sérieux : un certain Paiilé, lieutenant